Ma thèse en 180 secondes : "Une expérience qui donne confiance !"

Nicolas Berrod
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La gagnante 2014 de la finale nationale de "Ma thèse en 180 secondes", Marie-Charlotte Morin
La gagnante 2014 de la finale nationale de "Ma thèse en 180 secondes", Marie-Charlotte Morin // ©  CPU-CNRS
27 doctorants s'affronteront dans la soirée du mercredi 3 juin 2015 pour la finale nationale de "Ma thèse en 180 secondes" à Nancy. A la veille de la compétition, Educpros a demandé aux gagnantes 2014, Noémie Mermet et Marie-Charlotte Morin, ce que ce concours leur avait apporté.

Pourquoi avoir participé à "Ma thèse en 180 secondes" en 2014 ?

Noémie Mermet. Je voulais faire connaître ce sur quoi je travaille. En France, on n'a pas le bon état d'esprit. On pense trop souvent, par manque d'ouverture, qu'il est impossible de combiner la recherche et la communication. C'est faux ! Je travaille sur un symptôme douloureux, l'allodynie. C'est sûr que ça ne parle à personne, sauf quand j'explique que ça fait aussi mal qu'un coup de soleil !

Marie-Charlotte Morin. En nous donnant la parole, à nous les jeunes chercheurs, je comptais sur ce concours pour nous aider à mieux séduire les entreprises qui ont, malheureusement, encore trop souvent une image faussée des docteurs. Nous sommes dynamiques, pleins de ressources et toujours prêts à relever de nouveaux challenges, ça s'est vu sur les planches du concours. Et j'espérais qu'avec un peu de chance, ça m'aidera à m'insérer dans le marché du travail après la fin de ma thèse l'année prochaine !

Quelle expérience gardez-vous de votre participation à ce concours ?

M-C.M. Que du positif ! Que ce soit à Strasbourg, à Lyon ou au Québec, les organisateurs ont été géniaux. J'ai lié des amitiés avec les autres candidats avec qui j'ai passé un séjour inoubliable à Montréal pour la finale internationale. C'était très grisant de remporter le Prix du public à tous les niveaux de sélection, ça vous encourage à continuer à vulgariser la science d'une façon décalée, un peu moins conventionnelle. C'est une expérience unique pour vous donner foi en vos capacités à expliquer vos recherches au plus grand nombre.

N.M. C'était une expérience fantastique, que je referais sans hésitation ! Au Québec, je me suis rendu compte que la vulgarisation était très importante pour les Québécois, j'espère que cet état d'esprit va bientôt s'imposer en France, et j'ai l'impression que les choses vont plutôt dans ce sens.

M-C.M. Vu le succès de la saison dernière, j'ai pu réaliser que le grand public était très réceptif à la vulgarisation des sciences. Il y a une vraie demande de la part des Français pour mieux comprendre ce qui se passe dans les laboratoires de recherche, le tout dans un format court et qui ne se prend pas au sérieux. La formule a fait mouche et est parvenue à toucher les néophytes.

N.M. C'est vrai que les gens comprennent mieux grâce à la vulgarisation. Récemment, j'ai donné une conférence sur ce thème et j'en ai profité pour demander sur les réseaux sociaux : "Quels mots associez-vous à la vulgarisation ?" Celui qui revenait le plus était "comprendre". Il y a une soif de comprendre du grand public qui est très réceptif.

On acquiert de la notoriété grâce à la vulgarisation.
(N. Mermet)

Que vous a apporté le prix ?

N.M. Beaucoup de choses ! Je ne pensais pas que ça m'amènerait aussi loin, ni que ça me permettrait de rencontrer autant de monde. J'ai énormément appris, surtout dans la manière de communiquer et de vulgariser notre travail pour le faire comprendre au grand public. En plus, c'était très enrichissant de rencontrer d'autres personnes qui travaillent sur des thématiques différentes (histoire, droit, etc.). Il y a un bénéfice pour le public et évidemment pour nous aussi. On acquiert de la notoriété grâce à la vulgarisation. Depuis l'an dernier, on m'a beaucoup proposé d'écrire des articles, de participer à des conférences. Je vais d'ailleurs bientôt à Pérouse, en Italie, où on m'a demandé d'intervenir à l'occasion d'un congrès sur la communication.

M-C.M. Ce concours offre incontestablement une visibilité. Après la finale nationale, j'ai été contactée par un metteur en scène alsacien pour réaliser un spectacle de vulgarisation. Sans l'encouragement du public, je ne sais pas si je me serais lancée un jour dans un tel spectacle. Ça m'a aussi permis de recevoir une récompense de 3.500 € de ma région qui soutient les jeunes talents d'Alsace, de connaître du monde et de me faire un réseau dans le monde de la communication scientifique.


Nicolas Berrod | Publié le

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Gamito J.

Bravo à ces jeunes doctorantes !