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Méningite à l'université de Bourgogne : retour sur la gestion d'une crise

Laura Makary
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Bibliotheque de l'université de Bourgogne ©uB RI D.Plantak
Depuis le 3 janvier, la campagne de vaccination se poursuit à l'université de Bourgogne. ©uB RI - D.Plantak // ©  Université de Bourgogne / D. Plantak
Après trois cas de méningite déclarés parmi ses étudiants, dont deux mortels, l'université de Bourgogne a organisé une vaste campagne de vaccination auprès des 29.000 membres de sa communauté universitaire. Alain Helleu, le directeur général des services, détaille le déroulement de l'opération.

Alain Halleu, DGS université de BourgogneQuelles premières décisions la direction de l'université a-t-elle pris lorsque vous avez eu connaissance du premier cas de méningite ?

Dans ce type de situation, c'est l'ARS (Agence régionale de santé) qui gère les problématiques de santé. La première chose que nous devions faire était de recenser les coordonnées des professeurs et des étudiants du master de l'IAE dans lequel était inscrite l'étudiante décédée, afin que l'ARS puisse les contacter, pour les informer et répondre à leurs interrogations sur les traitements et vaccinations

Grâce à des échanges quotidiens avec l'ARS, nous avons communiqué d'abord vers les élèves du master, puis l'ensemble de l'IAE, avant de toucher toute la communauté universitaire, par cercles concentriques.

Comment avez-vous organisé la campagne de vaccination à l'université ?

Nous avons lancé rapidement plusieurs cycles de vaccinations, en mettant à disposition une salle de 700 m². Une vaccination se déroule en trois étapes : une inscription, un questionnaire avec un personnel de santé ou de l'université, puis l'injection. La personne quitte ensuite la salle avec des documents, notamment le certificat de vaccination, à remettre à son médecin traitant.

Du 3 au 5 janvier, 1.350 vaccins ont été ainsi administrés. Le 11 janvier au soir, 4.120 personnes avaient été vaccinées au sein de l'université. Dans ce chiffre, ne sont pas comptabilisés ceux qui l'ont fait de leur côté, chez leur médecin traitant. Aujourd'hui, nous vaccinons entre 800 et 1.000 personnes chaque jour.

Nous avons mobilisé les membres du personnel, en préparant, sur la base du volontariat, des permanentes pour inscrire les étudiants et salariés lors de la vaccination. Cela a été organisé par le secrétariat de la DGS, qui a préparé les plannings selon les disponibilités de chacun. Les appels à vaccination ont été lancés pour chaque composante et nous avons fait en sorte de ne supprimer aucun cours. Les équipes s'affairent du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures.

Du 3 au 5 janvier, nous avons administré 1.350 vaccins. Le 11 janvier au soir, 4.120 personnes avaient été vaccinées au sein de l'université.

Comment avez-vous préparé la communication, interne, pour convaincre la communauté du bien-fondé de la vaccination, et externe, vers la presse ?

Il y a en effet une minorité de personnes qui refusent par principe le vaccin. Cette campagne étant fondée uniquement sur le volontariat, nous expliquons que c'est une question de santé et de sécurité, car la personne peut être un porteur sain de la méningite. Ce virus ne se transmet que via la salive, il faut des contacts prolongés. Malgré cela, un porteur sain peut mettre en danger ses proches. De plus, cela fragilise le processus d'éradication du virus au niveau de la communauté universitaire.

Pour la communication externe, notre service de presse a travaillé en étroite collaboration avec celui de l'ARS et du ministère de la Santé, en lien avec les autorités. De nombreux journalistes étaient présents lors du lancement de la campagne de vaccination le 3 janvier dernier, nous aidant ainsi à relayer notre message.

Comment les étudiants et les membres du personnel ont-ils réagi ?

De façon très calme et responsable. Nous avons répondu à de nombreuses interrogations et à quelques inquiétudes légitimes. Mais devant la gravité de la situation et la réalité du danger, les étudiants comme les membres du personnel se sont montrés sereins et volontaires. La direction et le président de l'université étaient très présents durant toute la procédure.

La campagne de vaccination se poursuit. Nous ferons le point vers le 20 janvier avec l'ARS pour savoir si nous poursuivons ou non la campagne telle quelle. Ce type de crise est rare et délicate à gérer, tous les membres du personnel se sont énormément mobilisés pour y réagir au mieux.


Laura Makary | Publié le

Vos commentaires (1)

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Yves92.

N'en fait-on pas un peu trop ? Et surtout, les médecins qui injectent ce vaccin aux sels d'aluminium (merci Madame Touraine) ont-ils mesuré les conséquences de leur geste si d'aventure ils doivent répondre devant les familles et la justice d'empoisonnement ? Au vu des sombres affaires ayant mené des vaccinés à contracter la narcolepsie avec les vaccins Bachelot ou pire encore la sclérose en plaques avec le Gardasil, tout celà a-t-il été bien mesuré par les autorités sanitaires ? A mon avis, non....