Nian Cai Liu, concepteur du classement de Shanghaï : « Notre ranking ne constitue pas un standard pour les universités de classe mondiale »

Propos recueillis par Mathieu Oui
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Nian Cai Liu, concepteur du classement de Shanghaï : « Notre ranking ne constitue pas un standard pour les universités de classe mondiale »
La septième édition de l’Academic Ranking of world University (ARWU), ou classement de Shanghai sera officiellement dévoilée le 4 novembre 2009, lors de la troisième conférence internationale sur les universités de classe mondiale (WCU-3). Educpros s’est procuré l'édition 2009 en avant-première et a interviewé par mail son concepteur, le professeur Nian Cai Liu, de l’université Jiao Tong de Shanghai.

Quels sont les principaux changements introduits dernièrement dans le classement ?
En réponse à la demande de diversification de nos classements, nous avons introduit en 2007 la notion de champs disciplinaires  (la science,…) que nous affinons en 2009 par un classement par sujets, par exemple la chimie. Nous étudions aussi la possibilité de publier à l’avenir des classements en fonction de la mission, de la taille, de l’histoire, du budget ou des caractéristiques disciplinaires de chaque université.

Comment d’après vous, les universités et notamment les universités chinoises, font-elles pour améliorer leur position dans le classement ?
Les universités doivent se concentrer sur l’amélioration de la qualité de la formation, de la recherche et de leurs services plutôt que d’essayer d’atteindre telle ou telle position dans un classement.

Que répondez-vous aux critiques émises contre le concept d’université de rang mondial ciblé sur la recherche et du coup peu adapté aux besoins de formation des pays émergents ?
Un classement est juste une source d’information parmi d’autres. Les universités devraient toujours considérer d’autres types d’évaluation et d’analyses, dans la mesure du possible, comme les études de benchmark ou la réputation des pairs… et aussi des rankings constitués avec d’autres critères que le nôtre.

Recevez-vous beaucoup de sollicitations de la part d’universités qui souhaiteraient entrer dans le classement ? Et comment réagissez-vous aux tentatives de lobbying ?
Toute institution ayant des Prix Nobels, des médailles Fields, des chercheurs fortement cités, des articles publiés dans Nature ou Science ou une somme significative de publications internationales est automatiquement inclue dans notre liste. Il n’y a aucune nécessité de postuler pour les universités. De plus, le lobbying ne sert à rien puisque l’ARWU dispose d’une méthode transparente avec des résultats vérifiables.

Dans quelle mesure, le classement de Shanghai introduit une standardisation du modèle dit d’université de classe mondiale ?
Il n’y a pas de modèle standard ou universel en la matière. Les établissements doivent construire leur compétitivité sur leurs points forts historiques et sur des stratégies à long-terme. Etant une source d’information, le classement ARWU ne devrait pas être utilisé  comme un standard pour les universités de classe mondiale.


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