Nicole Ménager (Rouen) : “Des référents enseignement supérieur pour mieux informer élèves et enseignants”

Erwin Canard
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Ville de Rouen.
L'académie de Rouen est située sur un territoire urbain et très industriel, qui compte un nombre important de sous-diplômés. // ©  Wikipédia
Rectrice de Rouen depuis septembre 2015, Nicole Ménager travaille à améliorer les connaissances qu’ont les lycéens de son académie des filières de l’enseignement supérieur.

Nicole Ménager, rectrice de l'académie de Rouen.Vous avez été nommée rectrice pour la première fois en septembre 2015. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Je suis très fière d'avoir été nommée dans cette académie que je connaissais peu mais que j'apprends à connaître. C'est très différent du monde universitaire. Il s'agit de décliner une politique nationale en l'adaptant aux caractéristiques de l'académie, de définir une continuité interdegrés en couvrant un nombre très important de niveaux d'enseignement.

Quelles particularités de l'académie de Rouen vous ont marqué à votre arrivée ?

Elle s'inscrit dans un territoire urbain et très industriel, ce qui influe sur la carte de formations et notamment sur les formations professionnelles et sur le parcours des élèves.

La région est marquée par une population jeune (4e place nationale en proportion de moins de 25 ans) et, même si le nombre d'étudiants est en hausse, il y a un nombre important de sous-diplômés. Cela a une incidence sur l'ambition des élèves et des familles.

La poursuite d'études dans le supérieur est limitée. Il n'y a que 35% de bacs pro en BTS, 24,5% de bacs techno en IUT contre près de 70% de bacheliers généraux. Notre cible est d'accueillir 40% de bacheliers professionnels dans 45% des BTS de l'académie et 40% de bacheliers technologiques dans 30% des IUT (la cible varie selon les types de formations). Près de la moitié de ces filières a déjà rempli cet objectif.

Que mettez-vous en place pour améliorer l'orientation ?

L'orientation des bacs techno en IUT doit s'améliorer, tout comme celle des bacs généraux dans les filières universitaires. Il y a un effort pour faire découvrir les filières de l'université et rassurer les familles, notamment sur les questions d'accueil et de logement, car la population de l'académie est très sédentaire.

Depuis avril 2014, tous les lycées professionnels et technologiques de l'académie font partie d'un ou plusieurs réseaux d'établissements. Ils travaillent en partenariat avec les établissements d'enseignement supérieur, de recherche et les acteurs économiques régionaux, autour de dix grands secteurs économiques.

Nous organisons un colloque le 19 janvier avec des chefs d'établissements, des directeurs de composantes d'université et de départements d'IUT, pour travailler sur l'orientation et le profil des élèves, mais aussi améliorer le processus APB et la connaissance réciproque de la liaison secondaire-supérieur.

Nous avons aussi mis en place, dans chaque bassin d'éducation, un référent enseignement supérieur afin de mieux informer les élèves et les enseignants sur l'offre de formation existante.

Ensuite, une commission académique des formations post-bac a été mise en place, afin d'évoquer notamment une meilleure articulation des programmes, les dispositifs d'aide à la réussite et de permettre un dialogue concerté entre les établissements d'accueil pour définir des pourcentages d'accueil selon les profils.

Il y a un effort pour faire découvrir les filières de l'université et rassurer les familles, notamment sur les questions d'accueil et de logement, car la population de l'académie est très sédentaire.

Quelles sont vos autres priorités ?

Nous voulons mettre en place des actions de développement des liaisons interdegrés, entre les collèges et les différentes voies du lycée d'une part, et entre les lycées et le post-bac d'une autre.

Nous mettons également en œuvre un plan d'action académique pour la persévérance scolaire. Il s'articule autour de plusieurs dispositifs de prévention du décrochage scolaire, menés sur l'ensemble des niveaux d'enseignement, en collaboration avec des chercheurs et des associations. Ce plan comporte également un suivi particulier en fin de première année de CAP et en fin de première année de BTS, afin de prévenir le décrochage.

Dans nos autres priorités, on peut également citer l'amélioration du taux de remplissage des classes prépas pour qu'il atteigne 100%, ainsi que l'adaptation de la formation des enseignants, initiale et continue, notamment dans les Éspé (Écoles supérieures du professorat et de l'éducation).

Comment s'envisagent les relations avec le recteur de région académique, Philippe-Pierre Cabourdin, à Caen ?

Nous avons déjà commencé à travailler ensemble dans le cadre du comité de région académique. Deux services ont été créés : le service académique régional, en charge de la logistique interacadémique, et le service pour l'enseignement supérieur et la recherche, qui a la fonction de contrôle budgétaire et financier des établissements d'enseignement supérieur et de la Comue.

Nous travaillons également sur des prospectives autour de la carte de formation et des réseaux d'établissements. Nous tentons de conjuguer les atouts de nos deux académies (Rouen et Caen). Nous allons ainsi par exemple reprendre l'idée de réseaux d'établissements, qui existe déjà dans l'académie de Rouen.


Erwin Canard | Publié le