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Olivier Mitterrand (Fondation de l'X) : "En matière de fundraising, le parrainage est un élément déterminant"

Sophie Blitman
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Olivier Mitterrand, futur président de la campagne de levée de fonds de l'Ecole polytechnique © Les Nouveaux Constructeurs
Olivier Mitterrand, futur président de la campagne de levée de fonds de l'Ecole polytechnique © Les Nouveaux Constructeurs

L'Ecole polytechnique a organisé, le 30 mai 2013, la soirée de clôture de sa première campagne de levée de fonds. Et prépare déjà la deuxième, qui doit être lancée en 2014. Claude Bébéar (X1955) a ainsi proposé à Olivier Mitterrand (X1962) de lui succéder en tant que président de campagne. Cet entrepreneur, PDG du groupe immobilier Les Nouveaux constructeurs et neveu de l'ancien président de la République, explique son engagement et, plus largement, sa vision du fundraising.

Grand donateur et membre du comité de campagne de la première levée de fonds de l'Ecole polytechnique, vous allez présider la deuxième campagne qui doit démarrer en 2014. Quel est le fondement de votre engagement ?

D'une manière générale, je considère le fundraising comme une entreprise légitime et utile. L'Ecole polytechnique a encore beaucoup de travail à faire pour que son image progresse au niveau international.
D'autre part, en tant qu'anciens, nous avons conscience que l'Ecole polytechnique nous a beaucoup apporté, nous a servi tout au long de notre carrière. C'est pourquoi nous faisons en sorte que ce processus continue.
La première campagne de levée de fonds a été un réel succès, non seulement parce qu'elle a permis de collecter 35 millions d'euros, mais aussi parce que la participation des anciens élèves a été croissante au fil des cinq années : en 2007, nous en avions touché 5%, puis 8% en 2011, et finalement 12% en 2013. Cette montée en puissance traduit le travail mené par le comité de campagne, relayé par les donateurs eux-mêmes qui deviennent des ambassadeurs : en matière de fundraising, le parrainage est un élément déterminant. Nous avons ainsi des assises solides pour lancer la deuxième campagne.

Entrepreneur, vous avez créé et vous dirigez le groupe Les Nouveaux constructeurs dont vous présidez la fondation. Vous êtes aussi président de la fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques). Dans quelle mesure ces activités nourrissent-elles vos réflexions de futur président de campagne ?

Ma participation à d'autres fondations me donne une expérience des techniques de levée de fonds, qui sont identiques même si l'objet de la démarche et la population ciblée varient d'une campagne à l'autre.
Il faut étudier en profondeur les attentes des donateurs, effectifs ou potentiels, et travailler sur les réponses à apporter aux arguments de non-souscription. Or, derrière le verbatim des donateurs se cachent souvent des leviers pour construire le plan stratégique d'une campagne. C'est pourquoi, en ce qui concerne l'Ecole polytechnique, nous allons tirer les enseignements de la première campagne avant de lancer la deuxième.
Par ailleurs, mon métier de promoteur immobilier m'a appris l'importance d'être sur le terrain : il faut rencontrer les clients, les écouter, comprendre pourquoi ils achètent ou non, les suivre dans le temps. Là encore, si le contexte d'une levée de fonds est différent, les ressorts sont les mêmes. En particulier, le contact physique est essentiel.

Il faut inculquer très tôt aux élèves l'idée qu'ils peuvent contribuer à hauteur de leurs moyens


Quels sont vos objectifs pour cette deuxième campagne ?

Ils ne sont pas encore chiffrés mais devraient être au moins équivalents à ceux de la première. Concernant l'utilisation des fonds, le futur comité de campagne décidera des domaines dans lesquels ils seront investis, mais ceux-ci devraient vraisemblablement rester les mêmes : la recherche, la graduate school, l'international et l'égalité des chances. Côté budget, nous continuerons à veiller à ne pas trop dépenser : il est important que la part des frais de campagne dans la collecte reste inférieure à 10%.
Nous souhaitons aussi élargir le champ des donateurs, notamment en nous tournant davantage vers l'étranger. La communauté des polytechniciens est très éparpillée dans le monde et il nous faudra sûrement aller à la rencontre des anciens qui vivent dans d'autres pays, notamment en Asie du Sud-Est et au Brésil.
Par ailleurs, il faut agir plus en amont, comme cela se fait dans les pays anglo-saxons, de manière à inculquer très tôt aux élèves l'idée qu'ils peuvent contribuer à hauteur de leurs moyens. Cela suppose d'organiser des rencontres, fondées sur beaucoup de dialogue et de pédagogie. En préparant ainsi les esprits, nous préparons déjà la campagne n°3.


Sophie Blitman | Publié le

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www.adlimina.fr.

Cette campagne de l'Ecole Polytechnique a été une véritable réussite pour une première. En particulier, le fait d'arriver à 12% de taux de participation en fin de campagne est particulièrement remarquable. Il s'agit en effet des résultats qu'obtiennent les universités américaines pour lesquelles la culture du don est bien plus développée qu'en France. Dans le cas de l'Ecole Polytechnique, il est toutefois surprenant que l'on enchaine aussi rapidement sur une deuxième campagne, d'autant plus que les projets soutenus semblent identiques à la première. L'usage consiste habituellement à se donner 2-3 ans pour retravailler les objectifs et permettre aux équipes et aux donateurs de souffler un peu ! Temps qui peut également permettre de pérenniser le fonds annuel si celui-ci n'est pas encore bien développé ... Sébastien Barasinski, www.adlimina.fr

Françoise marcus.

Bonjour Françoise, je te conseille cet article. Stanislas