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P. Choquet : "La FESIC est tout à fait disposée à accueillir d'autres établissements"

Clément Rocher
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P. Choquet : "La FESIC est tout à fait disposée à accueillir d'autres établissements"
L'UniLaSalle, dirigée par Philippe Choquet, est l'un des 26 établissements membres du réseau de la FESIC; // ©  Unilasalle
Depuis cinquante ans, la FESIC représente un acteur majeur de l’enseignement supérieur dans sa mission de formation et d’éducation auprès de la jeunesse. La question du financement des écoles labellisées EESPIG demeure au centre des préoccupations. Entretien avec Philippe Choquet, président de la FESIC et directeur général d’UniLaSalle.

La FESIC célèbre cette année ses cinquante ans d’existence. Quel bilan faites-vous ?

 // © Photo fournie par le témoin

La fédération des établissements d’enseignement supérieur d’intérêt collectif (FESIC) représente la plus vieille fédération d’écoles associatives. Au moment de sa création, il y avait vraiment la volonté de créer une dynamique collective afin d’assumer une mission de service public qui relève de l’enseignement et de la recherche.

En 2013, nous avons porté le statut EESPIG (établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général) qui est venu conforter la reconnaissance par le ministère de l'Enseignement supérieur de notre mission de service public. La finalité serait que la mission des établissements reconnus d'intérêt général soit inscrite dans une loi. Le décret reconnaît le label mais ne sécurise pas le cadre de notre mission, notamment au niveau financier.

Quels sont les droits et les devoirs du label EESPIG ?

Le label EESPIG est une condition pour avoir une relation contractuelle avec l’Etat. Si un établissement perd son statut, il perd sa subvention de fonctionnement du ministère de l'Enseignement supérieur. La FESIC est reconnue comme contribuant à une mission de service public, cela signifie que nous nous inscrivons dans la politique du ministère de l’Enseignement supérieur au travers de ce contrat.

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Au niveau de la FESIC, la grande majorité des établissements relèvent du ministère de l’Enseignement supérieur. Au cours des dernières années, la subvention est restée relativement stable mais le nombre d’élèves a augmenté de manière très importante.

Quelle sont vos revendications concernant le financement ?

Nous sommes passés d’une subvention qui était de 1.131 euros en 2008 à une subvention de 596 euros par étudiant et par an en 2019. L’année dernière, les écoles de la FESIC ont augmenté leurs effectifs de 9% alors que le prix des écoles publiques n’a augmenté que de 1,7% en 2018.

Notre souhait serait d'avoir une subvention qui soit équivalente à 10% de la dotation pour un étudiant dans le public.

Notre mission de service public est reconnue, mais il faudrait qu’elle le soit également au niveau financier et que nous ayons une dotation de financement plus conséquente. Notre souhait serait d'avoir une subvention qui soit équivalente à 10% de la dotation pour un étudiant dans le public, une subvention qui serait de l’ordre de 1.200 euros. Nous avons des discussions avec le ministère qui avait indiqué son souhait de repartir sur une trajectoire positive.

Quelle est votre vision sur la réforme de la taxe d’apprentissage ?

Il va y avoir une concurrence beaucoup plus rude autour de la taxe d'apprentissage sachant qu'elle avait déjà baissé. Il y a une réelle inquiétude à ce sujet d’autant que cette réforme arrive concomitamment avec la réforme de la formation par apprentissage. Nous allons nous inscrire dans cette volonté de développer l’apprentissage. La sécurisation du financement par France compétences est également un élément favorable.

Dans quelle mesure la diplomation constitue-t-elle un enjeu ?

Nous avons eu des échanges avec le ministère de l'Enseignement supérieur sur ce sujet et qui devraient aboutir prochainement dans la parution d'un décret sur le diplôme de bachelor conférant le grade de licence. Nous l'accueillons avec satisfaction car les diplômes ne sont pas le monopole d'institutions publiques.
Les écoles de la FESIC restent très actives à l’international et l’attractivité des établissements vis-à-vis de ce marché international passe par la capacité à délivrer des bachelors.

Un enjeu aussi pour les filières françaises en tension sur l’emploi. Les entreprises ont besoin de gens compétents et opérationnels avec une formation intermédiaire. Le diplôme de bachelor peut répondre à ce besoin que nous exprime la filière professionnelle. Il peut y avoir des partenariats intelligents entre écoles d'ingénieurs et lycées techniques pour construire des parcours sécurisés, des licences qui permettent à ces jeunes d'avoir une année supplémentaire.

La FESIC a-t-elle vocation à recruter d’autres établissements ?

La FESIC est tout à fait disposée à accueillir d'autres établissements. Il y a des discussions qui sont en cours sur l’adhésion de nouveaux établissements dans la FESIC, notamment des écoles d'ingénieurs. Nous pouvons diversifier le recrutement hors écoles d’ingénieurs et de commerce, il y a déjà Psycho-prat par exemple. La diversité est une richesse, la seule condition d’admission est d’être labellisée EESPIG. Nous serions une trentaine d’établissements sur le long terme.

La FESIC se caractérise par le partage d’une même vision de l’éducation, par notre mission de formation auprès des jeunes qui sont au centre de notre projet. Nous ne sommes pas uniquement dans la transmission de connaissances mais vraiment dans l'éducation intégrale de la personne.

Comment la FESIC se positionne-t-elle sur la réforme du baccalauréat ?

Il y a un groupe de travail qui réfléchit sur cette réforme. Nous avons une flexibilité pour pouvoir nous adapter à la réforme du bac. Nous avons intégré cette dimension dans nos nouvelles modalités pédagogiques pour la prépa intégrée sur les deux premières années pour que les élèves puissent se remettre à niveau. Comment permettre au jeune de réfléchir à son métier ? C’est une interrogation que nous avons à la FESIC et qui va encore être accentuée avec la réforme du baccalauréat.

La FESIC en chiffres :
– 26 établissements au sein du réseau : 19 écoles d’ingénieurs, 6 écoles de commerce et 1 école de sciences humaines et sociales.
– 65.000 étudiants, alternants et apprentis


Clément Rocher | Publié le

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Coquet.

Vous ne faites pas référence à votre origine chrétienne ,est ce volontaire ou un abandon qui vous permettrait d'accueillir d'autres écoles confessionnelles ?