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Philippe Braidy (Caisse des dépôts) : "La dévolution du patrimoine immobilier va permettre aux présidents d’être des acteurs à part entière du tissu économique local"

Propos recueillis par Céline Manceau
Publié le
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Philippe Braidy (Caisse des dépôts) : "La dévolution du patrimoine immobilier va permettre aux présidents d’être des acteurs à part entière du tissu économique local"
La Caisse des dépôts et consignations (CDC) se place comme un nouveau partenaire des universités dans leur développement immobilier et stratégique, que les établissements aient été sélectionnés ou non dans le cadre de l'Opération campus. Université de Bordeaux, université de Corse, universités d'Orléans et de Tours, PRES Paris Est... Les conventions finançant des études avec la CDC se multiplient ces derniers mois. Un an après l'annonce d'Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse, que 500 millions d’euros allaient être consacrés aux universités d'ici à 2010, nous avons rencontré Philippe Braidy, à la tête de la direction du développement territorial et réseau dont dépend la Mission université.

Les universités sont-elles un nouvel interlocuteur pour la CDC ?
Lors de l’élaboration de son plan stratégique, Elan 2020, la Caisse a défini quatre priorités parmi lesquelles « l’université et l’économie de la connaissance ». Une préoccupation logique puisque la CDC est déjà compétente en matière d’immobilier, qu’elle expérimente des prêts aux étudiants ou peut gérer l’argent des fondations. Notre intérêt pour les universités est antérieur à la loi LRU et à l’Opération campus, qui sont arrivées à pic. L’autonomie, et surtout la dévolution du patrimoine immobilier, va permettre aux présidents d’être des acteurs à part entière du tissu économique local.

Quelles sont les universités qui ont bénéficié, à ce jour, d’une aide de la CDC ?
En 2008, nous avons décidé de répondre à toutes les universités qui nous solliciteraient pour l’élaboration de schémas directeurs immobiliers ou de stratégies globales de sites, avec une enveloppe de 10 millions. Nous aurons passé 35 conventions avec des établissements ou des PRES d’ici la fin de l’année. La Caisse a également détaché cinq experts qui sont intervenus sur une vingtaine de sites. Nous avons aussi accompagné des candidats à l’Opération campus. Au niveau des directions régionales, les contacts ont été pris. Et sur le plan national, nous lançons, dans le cadre d’une convention de partenariat avec la CPU, huit thèmes de réflexion stratégiques.

Comment allez-vous sélectionner les projets que vous financerez ?
La CDC n’est pas réellement une banque. Elle n’est pas non plus un opérateur privé qui se préoccupe de rentabilité, ni un substitut de l’État. Comme auprès des collectivités, nous pouvons être un partenaire neutre pour les universités. Nous avons la possibilité de financer des infrastructures qui ne seraient pas spontanément pris en charge par le secteur privé. Tout en sachant que nos interventions ne doivent pas se substituer aux dotations budgétaires des universités, mais au contraire optimiser leur utilisation et amener vers des investissements. Notre préoccupation est que l’Opération campus avance et que des opérations immobilières se mettent en place. Ensuite, nous verrons si notre présence est indispensable.

Avez-vous défini des critères ? Une sorte d’Opération campus version CDC ?
C’est la qualité des projets qui primera. Il est nécessaire que certains critères soient respectés. L’université ne doit pas être une enclave dans la ville. Les projets devront être ambitieux, de préférence à l’échelle d’un PRES. Ils devront tenir compte du développement économique et faire l’objet d’un consensus avec les élus locaux. La réfection isolée d’un bâtiment n’est pas un objectif en soi.

Comment est perçu votre rôle auprès des universités ?
Nous avons mis en place une Mission université. C’est une structure légère, dotée d’un comité de liaison avec la CPU. Nous souhaitons que l’ensemble du personnel et des activités de la CDC puisse être mobilisé. Nous allons d’ailleurs mettre en place une bourse de l’emploi. Et nos correspondants universités vont être formés à l’AMUE. Ce qui est intéressant, c’est le partage d’expériences. Il y a six mois, rares étaient les présidents qui pensaient à appeler à la CDC.


Propos recueillis par Céline Manceau | Publié le

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