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Pisa 2012 : "En France, les inégalités scolaires sont particulièrement marquées"

Chercheurs d'Actu
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Alors que les résultats de Pisa 2012 vont être publiés ce mardi 3 décembre 2013, le sociologue Georges Felouzis explique à Chercheurs d'actu qu'au-delà du classement lui-même, l'enquête apporte d'autres enseignements, notamment en mesurant les inégalités scolaires dans les différents pays. Extraits.

L'enquête Pisa 2012 sur les systémes éducatifs comparés des pays de l'OCDE sort le 3 décembre. En quoi vous intéresse-t-elle?

Il s'agit d'un formidable outil pour les chercheurs. L'OCDE communique beaucoup sur le classement lui-même et sur le peloton de tête des pays en terme de compétences en mathématiques. Mais du point de vue de la recherche, ce n'est pas le plus intéressant. Les enquêtes Pisa donnent lieu à une grande littérature scientifique, car leur méthodologie est très solide et les résultats très instructifs. 

Pisa permet, par exemple, de mesurer les inégalités scolaires au sein des différents pays de l'enquête et ainsi de situer chacun d'eux selon l'équité plus ou moins affirmée de son système éducatif. La France est l'un des pays de l'OCDE où les inégalités scolaires sont les plus marquées. Ce résultat interroge bien entendu les chercheurs, mais aussi les politiques et tous les acteurs de l'école en France.

On peut ajouter que la répétition régulière des enquêtes Pisa permet des comparaisons dans le temps. Dans le cas de la France, entre 2000 et 2009, la ségrégation socio-économique s'est accentuée entre établissements. Les inégalités d'acquis des élèves ont augmenté en proportion. On a donc les moyens de saisir les grandes tendances des évolutions du système scolaire français.

Entre 2000 et 2009, la ségrégation socio-économique s'est accentuée entre établissements

Vous dites dans votre livre que les enquêtes Pisa pèsent peu sur les politiques éducatives en France.

Parce que la France a déjà un arsenal statistique très développé. La DEPP (Direction de l'évaluation de la prospective de la performance) produit des statistiques de très bonne qualité sur l'école en France, les inégalités d'acquis, les parcours scolaires des élèves, etc. Les résultats de la DEPP concernant les acquis des élèves en primaire et au collège donnent d'ailleurs à voir les mêmes évolutions que Pisa : une tendance à la baisse des performances et un accroissement notable des inégalités. Les enquêtes Pisa sont donc considérées en France comme une source parmi d'autres. Dans d'autres pays, elles on eu plus d'influence, comme en Allemagne, où d'importantes réformes ont eu lieu après les premiers résultats Pisa de 2000. 

Il y a une autre explication à cette faible influence : la France est plutôt fière de son système éducatif, elle n'en changera pas seulement sous l'impulsion d'une enquête – et d'une instance – internationale. En cela, l'enseignement scolaire est différent du supérieur, qui a été largement réformé en fonction, entre autres, des classements de Shanghai, qui placent régulièrement les universités françaises en bas des tableaux.


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