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Armel de la Bourdonnaye : "Le parcours 'compétences pour l'entreprise' doit rendre les doctorants plus visibles"

Catherine de Coppet
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Armel de la Bourdonnaye, directeur de l'école nationale des ponts et chaussées, président de la commission recherche de la Cdefi
Armel de la Bourdonnaye, directeur de l'école nationale des ponts et chaussées, président de la commission recherche de la Cdefi // ©  ENPC

Après deux ans d’expérimentation, la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) étend le parcours “Compétences pour l’entreprise” en faveur des doctorants. Premier bilan avec Armel de La Bourdonnaye, président de la commission recherche de la Cdefi et directeur de l’École des ponts.

Combien d'établissements ont tenté l'expérimentation du CPE ?

Nous avons travaillé avec une dizaine d'écoles d'ingénieurs. L'idée de départ est de faire dialoguer les écoles doctorales et les écoles d'ingénieurs, sachant que certaines écoles d'ingénieurs sont déjà liées à des écoles doctorales. Le parcours “Compétences pour l'entreprise” est en fait un label, basé sur un référentiel de compétences, que nous attribuons aux initiatives de formations coconstruites qui permettent l'acquisition de ces compétences pour les doctorants. Autrement dit, les écoles doctorales et d'ingénieurs qui travaillent ensemble sont libres de choisir la forme de ce parcours, le contenu de cette formation. Le principe à respecter étant de proposer 70 heures de formation et 30 heures en entreprise sur un an.

Le label CPE a permis de rendre visibles des initiatives qui existaient déjà entre écoles ­d'ingénieurs et écoles doctorales. La Cdefi dispose d'un comité de suivi dont la mission est de labelliser et de vérifier que ce qui est ­annoncé par les écoles est réalisé dans les faits. Mais ce comité ne fonctionne pas comme un jury d'examen qui évalue les compétences des doctorants à l'issue du parcours.

L'objectif est-il de vous adresser aux entreprises ?

Nous avons créé ce référentiel commun de compétences pour, en effet, être compris des entreprises. Il a été élaboré par un comité de pilotage où étaient représentés à parts égales le monde de l'entreprise, avec des respon­sables RH et R & D et les acteurs de l'enseignement et de la recherche académique.

Le parcours CPE n'a pas été pensé uniquement pour les ingénieurs qui poursuivent leurs études avec une thèse mais, plus globalement, pour tous les doctorants qui ont l'ambition d'intégrer le monde économique. Il ne s'agit pas pour autant de transformer la thèse en MBA mais bien de faire acquérir des compétences transversales aux doctorants et de les rendre plus visibles. Nous allons désormais ­regarder s'ils développent ainsi leur employabilité au moment de l'embauche mais aussi à plus long terme. Mais ce n'est pas la Cdefi qui pourra se charger de ce travail d'évaluation car il est du ressort de chaque école ­doctorale de suivre ses doctorants. Nous avons cependant des réactions qui sont très positives, du côté des étudiants comme du côté des entreprises.

Il ne s'agit pas pour autant de transformer la thèse en MBA mais bien de faire acquérir des compétences transversales aux doctorants.

Que signifie l'extension du CPE ? ­Combien d'établissements souhaitez-vous toucher ?

Nous allons continuer de promouvoir le CPE auprès des écoles doctorales, des écoles d'ingénieurs et des entreprises avec le soutien du ministère. Nous visons l'ensemble des écoles doctorales en sciences et technologies, pour commencer. Mais c'est un service que nous offrons à l'ensemble de la communauté des doctorants et il n'est pas exclu de toucher à terme les écoles doctorales en sciences de la vie, en sciences humaines, etc. Lors de cette rentrée, environ cinq écoles doctorales ont d'ores et déjà rejoint l'initiative.

Y a-t-il des réticences du côté des écoles pour adopter le label CPE ?

Un label ne peut fonctionner que si un certain nombre d'écoles y adhèrent, mais celles-ci ont plus de facilité à le faire quand le label commence à être connu et reconnu. Les écoles doctorales qui se sont lancées les premières ont donc affronté la difficulté d'être pionnières, mais aujourd'hui le résultat est positif. Certaines écoles doivent, en effet, embras­ser cette culture de la compétence, ce qui ne va pas de soi.
L'autre frein réside dans le coût : élaborer un parcours CPE peut signifier, pour certaines écoles, une adaptation de leurs formations, voire la création de nouvelles formations, ce qui suppose le recrutement d'enseignants et des coûts supplémentaires. Enfin, il nous faut parfois également convaincre les directeurs de thèse d'accepter que leurs doctorants aillent se former et y consacrent du temps.

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Catherine de Coppet | Publié le

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