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René-François Bernard (promoteur du label Queste) : « Ce label des formations d'ingénierie sera décerné à une cinquantaine d’établissements en Europe »

Propos recueillis par Sylvie Lecherbonnier
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René-François Bernard (promoteur du label Queste) : « Ce label des formations d'ingénierie sera décerné à une cinquantaine d’établissements en Europe »
Un label d’excellence des formations d’ingénieurs sur le modèle d’Equis – label destiné aux écoles de commerce – deviendra-t-il incontournable ? René-François Bernard, coordinateur de l’ENQHEEI (European Network for Quality of Higher Engineering Education for Industry) pour le compte du ministère de l’Industrie, y travaille depuis près de dix ans. Controversée, cette initiative dénommée Queste, peine encore à rencontrer l’adhésion des écoles d'ingénieurs et facultés d’ingénierie à travers l’Europe. Pourtant, la mise en place du label Queste se poursuit, avec le soutien de la Commission européenne et, depuis peu, de grandes entreprises. René-François Bernard défend ce label à l'heure où doit se tenir à Prague, les 11 et 12 juin 2009, un colloque sous l’égide de la présidence tchèque de l’Union européenne, pour présenter la démarche qualité sous-tendue par Queste.

La présentation du label Queste aux écoles d’ingénieurs françaises en juillet 2007 avait suscité réticences et polémiques. Les établissements se posaient alors la question de la valeur ajoutée d’une telle démarche. Avez-vous compris ces réactions ?

Ces réticences ont été partagées par d’autres établissements européens. Chacun est marqué par son propre système d’évaluation nationale et ne voit pas l’intérêt d’une démarche européenne. Aujourd’hui, les pays s’engagent dans des procédures de reconnaissance mutuelle, mais nous devons aller plus loin et jouer la carte du label européen.

La réserve des écoles d’ingénieurs à s’engager dans Queste marque une grande différence culturelle avec les écoles de commerce, très friandes de ce genre d’accréditation. Comment l’analysez-vous ?

Pourquoi l’ETH (Ecole polytechnique fédérale de Zurich), en Suisse, s’apparente de plus en plus au MIT (Massachussets Institute of Technology) européen ? Parce qu’il recrute les meilleurs enseignants-chercheurs. Dans leur ensemble, les écoles d’ingénieurs n’envisagent pas encore le recrutement d’enseignants comme un marché international, contrairement aux écoles de commerce. C’est sûrement une des raisons qui freinent la diffusion du label.

Cette circonspection des écoles a-t-elle fait évoluer le label et son processus d’attribution ?

Nous restons sur l’idée d’un label d’excellence, à l’image d’Equis pour les écoles de commerce. Deux niveaux sont introduits. Le certificat de conformité est délivré aux écoles qui ont suivi le processus d’accréditation jusqu’au bout et obtenu entre 50 et 75 % de critères positifs. Les établis sements labellisés devront, eux, justifier d’au moins 75 % de critères positifs. Je n’imagine pas qu’on puisse décerner le label à plus d’une cinquantaine d’établissements en Europe, dont six ou sept en France. En revanche, le certificat de conformité s’adresse à un plus grand nombre. Excepté la visite sur site, toute la démarche s’effectue en ligne pour permettre un dialogue permanent entre l’institution auditée et ses auditeurs.

Combien d’établissements ont entamé cette démarche qualité ?

En France, ParisTech, l’INSA de Lyon et Grenoble INP se sont engagés dans ce processus. En Europe, l’Université technologique de Prague, en République tchèque, le Politecnico de Turin, en Italie, et les universités techniques de Wroclaw et de Gdansk en Pologne et de Riga en Lettonie y participent aussi. En Australie, trois universités se sont jointes à cette démarche. Les établissements impliqués dans l’awarding body (comité de sélection), comme l’Institut de technologie de Karlsruhe ou celui de Vienne, sont également sur les rangs pour décrocher le label.

Que pensez-vous de l’autre label européen EUR-ACE, élaboré par les structures d’accréditation nationales, dont la CTI ?

Queste a une logique d’excellence, EUR-ACE une logique de seuil. Ils sont complémentaires.

Les structures qui porteront le label Queste se mettent en place

L’EFEED (European Foundation for Enginee ring Education Development) doit voir le jour prochainement. Un fonds de dotation abondé par des entreprises comme France Télécom, EADS, Ericsson-France, Thales ou La Poste financera ses activités. Elle sera complétée par une fondation de droit néerlandais avec une représentation de deux à cinq entreprises par État membre. Parallèlement, un awarding body, présidé par Jacques Lévy, ancien directeur de l’École des mines de Paris, est constitué pour l’attribution du label.


Propos recueillis par Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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