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Saclay. Michel Berson : "Il est temps que l’État signe la fin de la récréation"

Propos recueillis par Céline Authemayou
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Saclay. Michel Berson : "Il est temps que l’État signe la fin de la récréation"
Pour Michel Berson, une sortie de l'X de l'Université Paris-Saclay reste peu probable. // ©  Gilles ROLLE/REA

Alors que Jean-Yves Le Drian présentera le plan stratégique de l’École polytechnique le 15 décembre 2015, deux parlementaires socialistes de l’Essonne lancent un appel au gouvernement. La députée Maud Olivier et le sénateur Michel Berson craignent un délitement de l'Université Paris-Saclay.

En octobre 2015, lors d'un point d'étape dédié au rapport sur le pilotage et les financements du plateau de Saclay que vous prépariez, vous militiez déjà pour que l'État reprenne la main sur le dossier de l'Université Paris-Saclay. Pourquoi ce nouveau cri d'alerte ?

Nous sommes arrivés à un moment crucial. Des choix structurants vont être faits au cours des prochaines semaines, avec l'annonce du plan stratégique de l'École polytechnique et l'évaluation de l'Idex. Il est aujourd'hui indispensable de rappeler au gouvernement qu'à l'origine, un cap ambitieux avait été fixé : celui de rapprocher sur un même site grandes écoles et universités. Ce projet constitue un véritable défi, tant l'enseignement supérieur français est bâti sur un modèle bipolaire.

Certains acteurs défendent une autre vision, à l'image de Bernard Attali, qui prône, dans son rapport sur l'avenir de l'X, la création d'un regroupement d'écoles scientifiques. L'élan autour de Paris-Saclay semble s'essoufler, les ambitions s'amenuisent. Quelques-uns parlent même de blocage...

Certaines voix, notamment du côté des anciens de l'École polytechnique, prôneraient même une sortie de l'X. Est-ce réellement envisageable ?

Ce sont, en effet, des voix que nous entendons. Je pense qu'il s'agit plus d'une posture, pour être en situation de force et pouvoir négocier. Il me paraît très difficile de voir une école sortir de l'UPS. Bien que les établissements soient autonomes, ils sont sous tutelle de l'État. Il est temps que ce dernier siffle la fin de la récréation...

Le 15 décembre 2015, Jean-Yves Le Drian pourrait annoncer la création d'une alliance, entre plusieurs écoles d'ingénieurs du plateau de Saclay. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

Ce serait, à mon avis, une erreur. L'X milite en ce sens, tout comme d'autres établissements. Mais on ne peut pas créer une université ayant deux mastodontes qui s'affrontent. Il faut absolument éviter ce schéma et poursuivre l'intégration progressive des entités au sein d'une Comue forte. Si cette opération réussit, elle fera école.


Propos recueillis par Céline Authemayou | Publié le

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François.

@ Sangouard "les forces rétrogrades que l'on avait vu s'opposer au début des années 1970 au transfert de l'école à Palaiseau" Forces qui apparaissent aujourd'hui plus visionnaires que rétrogrades. Le gouvernement de l'époque avait "vendu" le transfert à Palaiseau en promettant le transfert de tout un ensemble d'écoles; or l'X s'est retrouvée au milieu d'un désert pendant des décennies. L'exemple de l'ENS de la rue d'Ulm (multiples médailles Fields et prix Nobel pendant ces mêmes décennies, contre un malheureux vrai/faux "Prix Nobel" pour l'X) montre qu'à condition d'une rénovation immobilière de son site parisien et d'une coopération étroite avec les établissements voisins (en particulier les universités installées sur les sites de Jussieu et de la Sorbonne) le maintien de l'X sur la Montagne Sainte-Geneviève n'aurait eu que des avantages. De plus, il faut ajouter que la desserte routière et ferroviaire de Palaiseau est et restera catastrophique (réseau routier saturé / métro prévu jusqu'à Orly, puis moyen de transport à déterminer, aux dernières nouvelles tramway imposé par les écologistes) alors qu'une situation au cœur du Quartier Latin serait aujourd'hui un atout exceptionnel en matière d'attractivité internationale (voyez le développement foncier actuel de Sciences Po !)

SANGOUARD.

On retrouve à l'œuvre dans cette affaire les mêmes forces rétrogrades que l'on avait vu s'opposer au début des années 1970 au transfert de l'école à Palaiseau (on évoquait déjà à l'époque une perte d'identité). Qui peut-dire ce que serait devenue l'X si elle était restée sur la Montagne Sainte Geneviève ? Un ancien élève de la promotion 1955