Sophie Pene, en charge des nouvelles technologies à Paris 5 : "tout le cursus de médecine sera en ligne d'ici deux ans"

Propos recueuillis par Marine Relinger
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Sophie Pene, en charge des nouvelles technologies à Paris 5 : "tout le cursus de médecine sera en ligne d'ici deux ans"
Le consortium Paris Centre Université organise le 28 mars sa deuxième « journée numérique ». Sophie Pene, en charge des nouvelles technologies à Paris 5, revient sur l’expérience de son université. Cette dernière a notamment lancé en 2006 une plateforme de blogs ouverte à l’ensemble de ses étudiants, enseignants et personnels. Une première du genre…

La plateforme de blogs de Paris 5 compte aujourd’hui plus de 1800 utilisateurs. Comment êtes-vous arrivé à ce résultat ?

En 2005, nous souhaitions utiliser de l’open source et remettre à niveau notre intranet : un vieil outil non maintenu, en déshérence. Or, nous avions peu de budget. Nous cherchions un moyen minimaliste de publication, utile à tous, qui puisse s'adapter à des situations de communication diverses. L’un des objectifs était de mettre en place des portfolios (carnets de compétences), pour le suivi des étudiants. L’European institute for e-learning (EIfEL) nous a alors conseillé la solution open source Elgg (pour en savoir plus ). Après une période test, qui nous a convaincu du potentiel de l’outil, nous avons démarré un blog TICE. La plate-forme est née de là, nos informaticiens ayant fait évoluer la solution. Le coût financier de la démarche est quant à lui très dur à évaluer, le coût de l’hébergement, sur nos serveurs, n’étant pas facturé. Nous disposons cependant d’un poste à temps complet qui travaille exclusivement sur cet outil.   Le contenu est pourtant contrôlé, certains étudiants ayant préféré créer un blog indépendant.

Quels types de blogs héberge la plate-forme ?

La marque de l’université, ce doit être un choix, représente un avantage pour les étudiants auteurs d’un blog relatif à leur domaine d’études. Mais ils peuvent en réalité ouvrir un blog sur des sujets très divers et personnels, comme la musique qu’ils aiment. La seule contrainte étant de respecter la charte de la plate-forme, c'est-à-dire de permettre un transfert de savoir (au sens large). Depuis son lancement, nous n’avons exclu qu’un seul blog, volontairement inutile, sur… la sexualité des crevettes. Les enseignants chercheurs, quant à eux, les utilisent dans le cadre de leurs travaux de recherche, pour mettre leurs cours en ligne et dialoguer avec leurs étudiants… Via les blogs évènementiels, tous peuvent en outre faire circuler les dates qui retiennent leur intérêt, là encore dans des domaines divers. Enfin, les blogs sont regroupés en communauté, comme Mundivox , qui rassemble les étudiants Erasmus. Nous ambitionnons, ainsi, d’offrir un véritable « réseau social » à notre université.

Vous organisez également la seconde édition de la « journée numérique  » des universités, le 28 mars à Paris 5. Quels sont vos objectifs ?

Nous proposerons des témoignages d’enseignants et d’étudiants, qui bloguent dans des contextes différents, afin de contrer les idées reçues selon lesquelles ces démarches sont trop chronophages ou inaccessibles. Ou selon lesquelles, si les cours sont mis en ligne, les étudiants déserteront les amphis. C’est faux. A Paris 5, c’est le cas de tous les enseignements en 1ère année de médecine, et l’ensemble du cursus fonctionnera sur ce principe d’ici à deux ans. Nous sommes convaincus et prévoyons la numérisation de tous les enseignements de licence de l’université, d’ici à 2010, dans le cadre du plan « réussite en premier cycle ». La communauté universitaire doit aujourd’hui prendre conscience de l’importance de la révolution numérique pour l’Université de demain.


Propos recueuillis par Marine Relinger | Publié le