Spécial Nouvelles technologies : Françoise Galland, responsable TICE à l'université d'Angers

Propos recueillis par Fabienne Guimont (publié le 27 octobre 2008)
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Spécial Nouvelles technologies : Françoise Galland, responsable TICE à l'université d'Angers
Françoise Galland préside la nouvelle association nationale des directeurs de services des technologies de l’information et de l’audiovisuel (ANSTIA *). Cette enseignante de pharmacie cumule les fonctions de chargée de mission TICE à l’université d’Angers, de chef de projet de l’UNR Pays de la Loire et elle est aussi à l’initiative de la nouvelle université thématique de pharmacie. Une position clé qui lui permet d'être une observatrice avertie des enjeux liés aux nouvelles technologies à l’université.

Quels sont les obstacles et quels sont les leviers pour réaliser l’objectif de Valérie Pécresse de mettre à disposition 100 % des documents pédagogiques numériques pour 100 % des étudiants ?

Les enseignants ont l’obligation de faire cours en présentiel devant les étudiants mais s’ils mettent des activités tutorées en ligne, elles ne sont pas prises en compte. Ce qui peut faire changer les choses, c’est que quelques enseignants soient moteurs dans les UFR et que les étudiants réclament des ressources numériques à leurs enseignants. Ils vont sur Internet, remettent en cause les affirmations du prof… Le rapport « je sais tout/tu ne sais rien » est révolu et c’est très bien. Le jour où les étudiants en thèse ont demandé des vidéo-projecteurs, l’outil s’est imposé chez les enseignants… A l’université d’Angers, la suppression des droits de photocopies a, par exemple, poussé les enseignants à déposer leurs cours sur la plate-forme pédagogique et à venir à la cellule TICE. 

Quel type de ressources numériques préconisez-vous de produire ?  

Les ressources numériques que les enseignants produisent individuellement ne sont pas d’un bon rapport qualité/prix. Il faut davantage privilégier le travail des associations disciplinaires si elles utilisent des chaînes éditoriales. Ces chaînes éditoriales (scenari , chainedit …) sont des outils très puissants permettant de numériser des documents de façon industrielle. Elles obligent les enseignants à structurer leurs ressources. Toutes les UNT (universités numériques thématiques) préconisent ces chaînes éditoriales. Celles-ci ont  aussi l’avantage de rendre l'indexation des ressources numériques plus facile. Elles permettent également de changer un des chapitres dans une ressource numérique s’il n’est plus à jour.         

Comment avance la création de l’UNSPF (université numérique des sciences pharmaceutiques francophones) que vous avez initiée, au sein de l’UMVF (université médicale virtuelle francophone) ?  

Au séminaire organisé il y a deux ans avec les UFR de pharmacie, j’ai proposé d’une part d’utiliser des chaînes éditoriales et d’autre part de développer l’UNSPF sous deux versions. Une version grand public en accès libre. Une version destinée à la formation initiale et continue sera ouverte gratuitement aux étudiants et enseignants mais avec un accès réservé pour pouvoir mettre en ligne des informations sensibles sur les médicaments notamment. Les collèges disciplinaires de pharmacie travaillent depuis sur des cas cliniques interdisciplinaires. Un appel à projets est lancé cette année. Mais le rapport de force avec les médecins est déséquilibré. L’UMVF a reçu 2 millions d’euros pendant quatre ans quand les quatre filières santé en développement sur ce portail [médecine, pharmacie, odontologie et sport] doivent se partager 400 000 euros du ministère. En développant des ressources numériques spécifiques, on recherche à capter d’autres sources de financement du ministère de la Santé, de la francophonie, du ministère des Affaires étrangères ou des industries pharmaceutiques. Mais on ne joue pas dans la même cour de récré…


Il y a un an, la refonte des emplois-types dans les métiers liés aux TICE – à laquelle vous avez participée - a permis de créer ou de remettre à jour les profils de poste de ses personnels techniques et administratifs. Les cellules TICE en ont-elles bénéficié ?  

Depuis sept ans, je milite pour que le métier d’ingénieur en technologie de l’information existe. En 2008, pour la première fois, 14 de ces postes ont été ouverts au concours. C’est un début : pour une université de 18 000 étudiants comme à Angers, il faut trois ingénieurs pédagogiques de ce type. Avec d’autres métiers reconnus, comme les développeuurs multimedia web ou les intégrateurs multimedia web, les métiers des cellules TICE rentrent par la voie officielle dans l’organigramme des établissements et on travaille moins dans l’amateurisme. Derrière ces compétences, on met des missions et les enseignants vont comprendre qu’ils ne peuvent pas créer des ressources numériques tout seuls. Une filière sur les métiers autour de la diffusion de ressources numériques a aussi vu le jour (installation des amphithéâtres, captation/compression des cours…) 

* L'ANSTIA a pris la suite de l’AUSCAV (association nationale des directeurs de services audiovisuel et multimédia).


Propos recueillis par Fabienne Guimont (publié le 27 octobre 2008) | Publié le