V. Laval (université de Poitiers) : "Nous voulons devenir une université durable et interdisciplinaire"

Amélie Petitdemange
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V. Laval (université de Poitiers) : "Nous voulons devenir une université durable et interdisciplinaire"
Virginie Laval, présidente de l'université de Poitiers, fait le bilan de sa première année de mandat. // ©  Sebastien Laval
Virginie Laval, présidente de l'université de Poitiers depuis le 30 novembre 2020, dresse le bilan de sa première année de mandat et les enjeux à venir. L’université renforce ses liens à l’international avec son alliance européenne EC2U, et s'implique dans le nouveau projet de coordination territoriale après la dissolution de la Comue Léonard de Vinci.

Quel bilan dressez-vous de votre première année de mandat ?

 // © Université de Poitiers

Cette année a été compliquée, compte tenu de la crise sanitaire, ce que je ne suis pas la seule à vivre. Mais cela a aussi été une année extrêmement riche, dense, rythmée, et remplie de très bons moments.

Nous avons eu de très belles réussites à l’université de Poitiers avec, notamment, notre succès au PIA4 (programme d'investissement d'avenir). Nous sommes notamment lauréats de l’appel à projets DemoES (Démonstrateurs numériques dans l'enseignement supérieur) avec notre projet DEM’UP. L’objectif est de mobiliser le numérique pour enrichir les enseignements en présentiel.

La deuxième réussite, c’est d’avoir obtenu le label ExcellenceS, [qui vise à reconnaitre l’excellence sous toutes ses formes et à accompagner les établissements d’enseignement supérieur et de recherche porteurs d’un projet de transformation ambitieux à l’échelle de leur site ndlr], c’est de bon augure pour l’établissement dans les années à venir.

Dix-sept projets pour accélérer la transition numérique dans le supérieur

Pouvez-vous nous en dire plus sur les projets de l’université de Poitiers pour les années à venir, comme DEM’UP et ExcellenceS ?

DEM’UP sera mis en place en 2022, pour trois ans. Nous commençons par la création d’une classe virtuelle à l’Inspe pour mettre les étudiants dans une situation immersive de classe. Nous voulons aussi déployer davantage la simulation dans le domaine de la santé.

Avec ExcellenceS, nous voulons devenir une université durable et interdisciplinaire. Le lien entre formation et recherche est aussi très important, c’est la marque de fabrique des universités.

Le dernier objectif pour les cinq à dix ans à venir, c’est d’affirmer l’université de Poitiers comme un établissement responsable. Nous avons commencé à développer des modèles d’éco-campus et je veux que l’on s’engage dans une démarche de responsabilité sociale à l’échelle de tout l’établissement.

A l'heure de la crise sanitaire, où en sont les universités européennes ?

L’université fête la première année de l’Alliance EC2U (European Campus of City-Universities – Campus Européen des Universités dans la Cité). Quelle est l'ambition de cette alliance d’universités européennes que vous coordonnez ?

Cette alliance européenne a la particularité d’être fondée sur une coopération unique entre les universités et les villes. Nous mettons en place les mêmes objectifs de développement durable que pour l’alliance Aliénor d’Aquitaine.

Je veux que l’on s’engage dans une démarche de responsabilité sociale à l’échelle de tout l’établissement.

Notre travail dans les années à venir, malgré la crise sanitaire, c’est le démarrage des thèses de doctorat communes et l’ouverture des trois programmes de masters communs. Un master "Santé et bien-être tout au long de la vie" formera aux nouveaux métiers de ce secteur, il est coordonné par l'Université d'Alexandru Ioan Cuza de Iasi en Roumanie. Un master "Langues, cultures et sociétés européennes en contact", avec l'Université de Salamanque en Espagne, formera de nouveaux professionnels en prenant en compte les différences européennes. Et enfin un master "Villes et communautés durables" sera coordonné par l'Université de Coimbra au Portugal.

La dissolution de la Comue Léonard de Vinci, qui rassemblait les universités de Poitiers et de Limoges, et l’Isae-Ensma, a été approuvée en octobre dernier. Avez-vous un nouveau projet ?

La dissolution a pris effet le 1er janvier 2022. Nous mettons donc en place une nouvelle politique de site à travers l’alliance universitaire Aliénor d’Aquitaine. Nous allons travailler à une coordination territoriale qui implique tous les acteurs du territoire poitevin : l’université de Poitiers, l’école d’ingénieurs Isae-Ensma, le CHU de Poitiers, le CNRS, l’Inserm, le réseau canopée, l’EHESS, le CREPS, le CNED, l’INRAE, l’école européenne supérieure de l’image, Sciences po Paris et le Crous de Poitiers. C’est un format sans chef de file, qui n’est ni une Comue ni un établissement expérimental. Nous nous sommes engagés sur trois des objectifs de développement durable de l’ONU : bonne santé et bien-être, éducation de qualité, villes et communautés durables.

Nous allons travailler à une coordination territoriale qui implique tous les acteurs du territoire poitevin.

Le territoire est plus restreint car la Comue intégrait l’université de Limoges. Cette proximité nous permet de travailler à une formation plus partagée sur le site, à une vie étudiante plus dynamique, et de lancer des appels à projets en recherche. Nous aurions dû voir le jour au 1er janvier 2022 mais ce sera finalement le 1er septembre 2022, puisque le décret actant la dissolution de la Comue a été publié pour une entrée en vigueur début 2022.

Retrouvez la biographie EducPros de Virginie Laval


Amélie Petitdemange | Publié le