Newsletter

Valérie Pécresse s'engage contre l'échec scolaire

Camille Stromboni
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Valérie Pécresse - députée UMP (Yvelines) - ancienne ministre de l'Enseignement supérieur - ©CS Janvier 2014
Valérie Pécresse - députée UMP (Yvelines) - ancienne ministre de l'Enseignement supérieur - ©CS Janvier 2014

Valérie Pécresse lance officiellement sa fondation contre l'échec scolaire. L'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur, députée UMP des Yvelines, espère récolter des fonds pour soutenir des initiatives innovantes. L'occasion également pour elle de répondre aux attaques contre la loi LRU qu'elle a portée, au moment où l'université est en crise, avec de nombreux établissements en déficit.

Vous lancez une fondation contre l'échec scolaire. De quoi s'agit-il ?

Ce projet a commencé à murir dans ma tête lorsque j'étais ministre de l'Enseignement supérieur. J'ai rencontré à l'époque l'économiste Esther Duflo, qui m'a fait part de sa vision de l'action publique du XXIe siècle. Cette dernière doit s'opérer non plus avec des décisions politiques allant du haut vers le bas, mais en partant d'expérimentations portées par les acteurs du terrain faisant l’objet d’une évaluation rigoureuse. Ma fondation se situe exactement dans cette démarche, puisqu'elle vise à jouer un rôle d'agence de financement pour les initiatives innovantes.

C'est typiquement l'inverse de ce qui est fait aujourd'hui par le gouvernement socialiste sur les rythmes scolaires. Il aurait fallu partir des enseignants et des écoles pour expérimenter, avant de généraliser.

L'échec scolaire constitue une véritable bombe à retardement dans la société française

Pourquoi l'échec scolaire ?

Ce sujet me tient à cœur depuis longtemps : l'échec scolaire constitue une véritable bombe à retardement dans la société française.

On ne peut plus continuer à avoir 20 % d’une génération qui sort du système éducatif sans savoir lire, écrire, compter et raisonner. L'apprentissage de ce socle de fondamentaux est l'enjeu majeur de cette fondation, de la maternelle au collège – le primaire étant la priorité.

Je regrette d'ailleurs qu'au lieu d'utiliser les 60.000 postes créés par ce gouvernement pour mener une réforme radicale et utile, on ait préféré engager celle des rythmes scolaires…

Comment choisissez-vous les initiatives à financer ?

L’appel à projets est en ligne sur le site Internet de la fondation : www.contrelechecscolaire.fr. Un conseil d'administration et un conseil scientifique sont chargés d’abord de sélectionner puis d'évaluer les projets afin de permettre ensuite leur généralisation. L'évaluation, rigoureuse et stricte, c'est capital, bien qu'aujourd'hui la tendance soit plutôt à supprimer les agences qui remplissent cette mission, comme l'AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur).

Nous avons réuni des personnalités de très grande qualité, issues du monde scolaire et de l'enseignement supérieur : le mathématicien Cédric Villani, le chimiste Gérard Férey, la géographe Marie-Claude Maurel, mais aussi Patrick Gérard (ancien recteur de Paris), Geneviève Piniau (ancienne proviseur du lycée Robert-Doisneau à Corbeil-Essonnes), Claude Boichot (initiateur des Cordées de la réussite), Marc Ivaldi, (chercheur à l'école d'économie de Toulouse), l'ancien président de la CPU (Conférence des présidents d'université) Louis Vogel, ou encore le professeur de linguistique Alain Bentolila.

Nous allons dans les semaines qui viennent présenter la dizaine d'initiatives sélectionnées aux conseils d'administration des fondations d’entreprises

De quelles ressources dispose la fondation ?

Les financeurs sont exclusivement privés : ce sont de grandes entreprises qui disposent de fondations d’intérêt général comme EDF, GDF ou encore Total. Pour l'instant, nous avons réuni un certain nombre d'accords de principe sur des montants financiers. Nous allons, dans les semaines qui viennent, aller présenter la dizaine d'initiatives emblématiques que nous avons sélectionnées aux conseils d'administration de ces fondations d’entreprises.

Je ne suis pas inquiète quant aux financements, je suis d'abord en quête de projets réellement innovants.

Quels sont les premiers projets que vous allez soutenir ?

Nous allons par exemple aider le serious game “La course aux nombres”, conçu par Stanislas Dehaene du Collège de France, à être diffusé dans le monde éducatif. Nous voulons soutenir l'outil “Déchiffrage”,  sur la lecture, porté par l'association Asprill (Association pour la prévention de l'illettrisme), ou encore une initiative de la ville de Montfermeil pour lutter contre l'illettrisme des parents. À Reims et Chambéry, nous soutenons l’AFEV et une familiarisation au livre et aux objets culturels dès la maternelle.

Nous lançons actuellement une nouvelle phase d'appel à projets, où les enseignants, les associations ou encore les collectivités locales peuvent présenter leurs initiatives innovantes.


Camille Stromboni | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires