Collectivités et universités doivent élaborer des stratégies concertées


Publié le
Envoyer cet article à un ami
Le campus de l'université d'Avignon
L'université est désormais considérée comme un opérateur essentiel du développement et du rayonnement des territoires. // ©  CS
A l'occasion du colloque de l'Avuf organise les 9 et 10 juin à l'université de Corte, Catherine Vautrin, la présidente de l'association, explique comment collectivités et universités peuvent mieux travailler ensemble pour faire des campus des lieux de développement économique.

Catherine Vautrin // DR

"Au sein de l'Association des villes universitaires de France (Avuf), que j'ai l'honneur de présider depuis juin 2014, nous nous retrouvons derrière une ambition commune : faire rayonner nos territoires par le soutien au développement de l'enseignement supérieur et de la recherche et par l'accompagnement des initiatives scientifiques, culturelles, sportives, économiques ou citoyennes portées par les enseignants, étudiants et chercheurs sur les campus.

Les élus ont pris conscience que l'université est désormais considérée comme un opérateur essentiel du développement et du rayonnement des territoires. Longtemps, la collectivité a été considérée seulement comme un partenaire financier de l'université. Aujourd'hui, c'est ensemble, universités et collectivités que nous cultivons l'attractivité !

En effet, au regard du contexte financier, de baisse des dotations, de refonte organisationnelle des territoires, d'évolution des compétences, les acteurs ont perçu l'intérêt de s'associer, de construire ensemble la stratégie territoriale.

Les collectivités se saisissent activement des sujets relatifs à l'enseignement supérieur, à la recherche et l'innovation, véritable tremplin d'attractivité. Et c'est là que réside toute la plus-value des travaux de l'Avuf. Le réseau est en capacité de recenser les expériences de l'ensemble des 83 collectivités adhérentes afin de faire émerger des bonnes pratiques.

Plusieurs exemples caractérisent notamment le renforcement de cet engagement.

Tout d'abord, l'implication des collectivités locales dans la négociation, voire la renégociation, des Contrats de plan État-Région 2015-2020, pour lesquels les collectivités ont porté le projet de leur université. Considérés comme structurants pour leur territoire, les projets universitaires ont été définis en partenariat avec les pouvoirs publics locaux.

Cela a été le cas à Reims. La nouvelle équipe à la tête de l'université a été élue avec un nouveau projet pédagogique pour le campus. Cette nouvelle orientation nécessite la réévaluation du projet immobilier de l'université, inscrit au CPER. Nous nous sommes donc concertés pour présenter à la nouvelle Région un projet scientifique et immobilier cohérent qui s'insère dans le tissu urbain, avec la particularité de s'intégrer, sur le quartier Croix Rouge, à notre programme de rénovation urbaine.

Sur le volet immobilier, les collectivités ont depuis longtemps participé au financement des projets de rénovation, restructuration, voire construction du bâtimentaire, impliquant des engagements importants. Toutefois, il se limitait souvent à ce seul volet financier.

Les bâtiments sont aujourd'hui souvent vieillissants, énergivores, parfois dépassés face aux enjeux et aux besoins de la communauté universitaire.

Représentant près de 40 % du patrimoine immobilier de l'État, le patrimoine affecté à l'enseignement supérieur et à la recherche, d'une grande diversité historique, architecturale et fonctionnelle, se caractérise désormais par sa vétusté. Les bâtiments sont aujourd'hui souvent vieillissants, énergivores, parfois dépassés face aux enjeux et aux besoins de connectivité de la communauté universitaire à son environnement de proximité.

Cet environnement de proximité, c'est la collectivité qui le gère : transports, logements, l'enjeu est de définir dans quel tissu urbain s'intègre l'université.

C'est donc avec intérêt que nous avons pris connaissance de la volonté du gouvernement d'engager une nouvelle phase d'expérimentation pour une dévolution du patrimoine immobilier des universités. Les collectivités sont particulièrement intéressées par le suivi de cette expérimentation, tant au niveau de la définition du contour de cette dévolution que dans la définition du projet d'aménagement urbain dans lequel elle s'intégrera.

En effet, les collectivités locales ne sont pas en mesure de pouvoir suppléer l'État dans ses missions et, lors d'une rencontre avec Thierry Mandon, secrétaire d'État en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, j'ai souligné que l'intérêt des collectivités à participer aux dévolutions se heurterait à l'état de détérioration du patrimoine universitaire, l'ampleur des dépenses nécessaires à sa rénovation ne leur permettant pas de prendre en charge l'intégralité des projets.

La société est de plus en plus ouverte sur le monde, de plus en plus connectée, grâce au développement des outils technologiques, à l'essor des réseaux sociaux...
Dans ce contexte, l'université est au cœur de l'innovation ! L'internationalisation des parcours, avec le développement des programmes tels qu'Erasmus, la mondialisation des enseignements, avec l'accueil de professeurs étrangers, mais également le développement de partenariats transdisciplinaires internationaux confèrent à l'université une attractivité hors du commun.

L'internationalisation est aujourd'hui définie comme un des critères d'excellence de l'université, mais également de la qualité des parcours professionnels.

Ces nouveaux usages ont des répercussions sur l'influence des campus. L'internationalisation est aujourd'hui définie comme un des critères d'excellence de l'université, mais également de la qualité des parcours professionnels.

Ces usages ont également des répercussions sur les territoires : impacts économiques, culturels, mais aussi structurels. Les territoires doivent être en capacité de répondre aux exigences fixées par ces nouvelles mobilités : accessibilité, capacités d'accueil pour ces nouveaux publics, outils et moyens mis au service des universités, des étudiants, des professeurs et leurs familles, des chercheurs.

De l'accueil d'un colloque international à l'accompagnement de l'arrivée d'enseignants étrangers, collectivité et université doivent être en capacité d'élaborer des stratégies concertées. C'est tout l'enjeu de nos travaux.

Espace de transmission des savoirs, le campus est devenu, au fil du temps, un véritable lieu de vie au cœur de la ville. Il est dorénavant un enjeu de la stratégie territoriale tant au niveau urbain, qu'économique. Les collectivités, le savent, elles doivent être présentes au cœur des campus, et le campus doit être intégré au cœur de la cité !"

Catherine Vautrin, députée-présidente de Reims Métropole, présidente de l'Avuf (Association des villes universitaires de France)


| Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires