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Des docteurs mieux insérés pour des élites renouvelées


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Cérémonie des docteurs - Sorbonne universités - ©C.Stromboni - 2011
Les détenteurs du plus haut diplôme n'occupent pas les meilleures places à la table de la République.
Nicolas Faucher, docteur en philosophie et membre du think tank "Cartes sur table", prône une meilleure valorisation des docteurs en France, pour faciliter leur insertion. Ce sont des questions d'efficacité, de justice, de mise à niveau internationale des élites et d'ingénierie sociale pour aboutir, in fine, à une regénération des décideurs. Une tribune publiée en exclusivité sur EducPros.

Si le doctorat est le plus haut diplôme universitaire français, si ce diplôme est particulièrement reconnu à l'étranger et à l'international, si d'ailleurs les doctorants étrangers représentent 41 % des doctorants en France, il y a peu de chefs de grandes entreprises docteurs ; il y a peu de ministres docteurs (sous Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls...) ; peu de docteurs dans la haute administration (1,8 %) ; peu de députés docteurs (25, contre 100 en Allemagne) ; peu d'eurodéputés français docteurs (4 entre 2009 et 2014, 12 entre 2014 et 2019).

Bref, les détenteurs du meilleur diplôme n'occupent pas les meilleures places à la table de la République. Il n'y a, dès lors, pas à s'étonner que les jeunes se méfient du doctorat et que les plus brillants et, donc, les plus ambitieux, s'en détournent et le méconnaissent.

Un diplôme méconnu et délaissé

Le docteur est en quelque sorte le symétrique de l'apprenti, au regard de sa représentation parmi les élites. La moitié des membres du gouvernement suisse ont été apprentis, aucun en France. On ne valorise pas assez la compréhension intime des techniques, des outils, des relations de travail que permet l'apprentissage en insérant l'apprenti dans le monde du travail au moment où son esprit est le plus dynamique et le plus réceptif.

De même, la valeur du docteur et de la compréhension intime qu'il a acquises des techniques de production de la connaissance, de la construction de preuves et de démonstrations, du développement de projets et d'idées nouveaux est méconnue. On dit souvent que les classes moyennes sont sacrifiées sur l'autel des classes populaires et des élites.

Les diplômes moyens sont rois là où les formations qui exigent respectivement le moins et le plus d'années d'études sont sacrifiées.

Pour ce qui est des diplômes, c'est l'inverse : les diplômes moyens (licence, master) sont rois là où les formations qui exigent respectivement le moins et le plus d'années d'études sont sacrifiées. La France se prive ainsi de compétences extrêmement précieuses, de regards dynamiques et critiques qui sont les seuls à pouvoir la faire sortir du marasme politique, économique, idéologique dans lequel chacun peut voir qu'elle s'enfonce de plus en plus.

DES COMPÉTENCES À FAIRE VALOIR

Bien sûr, il est indispensable que les docteurs apprennent à valoriser auprès de tous leurs recruteurs potentiels les compétences qui sont les leurs. Leur parcours après le doctorat devient de plus en plus difficile s'ils veulent se maintenir dans le monde académique.

Ils sont ainsi contraints de maîtriser non seulement le cœur de leur métier, c'est-à-dire la mise en œuvre constante d'un esprit d'analyse et de critique et l'expression claire et concise de leur propos face à des publics de tous niveaux, mais aussi de nombreuses compétences annexes : recherche de financement auprès d'organismes publics et privés, organisation d'événements publics d'ampleur dans chacun de leurs aspects ou encore construction de projets et travail en équipe.

Toutes ces compétences peuvent être d'une utilité précieuse à tous les employeurs et il est nécessaire qu'elles soient de plus en plus connues et reconnues.

DES ÉLITES À BAC + 5 VIA LES GRANDES ÉCOLES

Mais le problème posé par cette situation n'est pas une simple question de reconnaissance des compétences. Comment se fait-il que les docteurs soient beaucoup mieux représentés parmi les élites américaines, britanniques, allemandes ? La réponse est à chercher dans les modes de fabrication des élites françaises.

Le système français des concours et des grandes écoles est conçu de telle manière que quiconque en sort gagnant voit très jeune sa légitimité et sa valeur assurées aux yeux de tous et n'a plus à démontrer ses compétences. Ce système produit sans aucun doute des éléments de grande qualité et certaines des grandes écoles françaises sont parmi les plus beaux fleurons de notre pays.

Le système français des concours et des grandes écoles est conçu de telle manière que quiconque en sort gagnant voit très jeune sa légitimité et sa valeur assurées et n'a plus à démontrer ses compétences.

Mais le défaut de ce système est qu'aucun concours donnant accès à de hautes responsabilités n'exige davantage qu'un niveau bac + 5. Pourquoi, alors, s'obliger à étudier plus longtemps ? À l'inverse, un docteur qui a consacré de nombreuses années à son travail ne devrait pas avoir, s'il veut connaître une carrière prestigieuse en dehors du monde académique, à se placer sur les mêmes rangs que les autres.

DES CONCOURS SPÉCIAUX POUR LES DOCTEURS ?

Une mesure simple et gratuite permettrait d'aller dans le bon sens. Tout docteur pouvant attester que son travail de doctorat l'a préparé à exercer une responsabilité publique doit pouvoir passer un concours spécial permettant d'accéder à cette responsabilité, sur le modèle d'une validation des acquis de l'expérience.

Un concours externe spécial de l'agrégation du secondaire vient d'être ouvert aux docteurs, prenant en compte la spécificité de leur parcours. De la même manière, un docteur ayant étudié l'histoire ou l'économie des politiques publiques devrait pouvoir passer un concours spécial de l'ENA, un docteur ayant travaillé sur la psychologie ou la sociologie du crime et de la délinquance devrait pouvoir passer un concours spécial de commissaire de police.

Que les docteurs soient mieux représentés parmi les élites est une question d'efficacité : on ne peut laisser se perdre à l'étranger ou dans des postes sous-qualifiés les compétences que les docteurs ont acquises grâce à l'argent du contribuable. C'est une question de justice : le plus haut diplôme mérite de donner une meilleure chance d'accéder aux plus hautes responsabilités et il faut récompenser le travail qui a conduit à son obtention.

C'est une question de mise à niveau international : on ne peut se satisfaire que les élites françaises aient en moyenne un moins bon niveau académique que les élites des autres grands pays développés et que les parcours de nos élites soient illisibles pour les étrangers.

C'est enfin et surtout une question d'ingénierie sociale : c'est seulement en faisant en sorte que la proportion de docteurs parmi les décideurs soit de plus en plus importante que l'on pourra changer l'image et la valeur du doctorat aux yeux des Français.


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Vos commentaires (2)

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clément.

Borellus – Aucun problème pour le ton acerbe. Je me permets de souligner que si je ne suis en effet pas chercheur, j’ai travaillé à l’étranger, dont aux Etats-Unis (et la qualité de la recherche et des conditions de travail pour les enseignants en ce pays a aussi peut-être quelque chose à voir avec les droits de scolarité exorbitants qui s’y pratiquent, ce qui n’excuse certes en rien le retard de notre pays, mais c’est un autre sujet). Il me semble que la qualité d’un diplôme a trait à l’adéquation entre la formation qu’il sanctionne et les exigences de la fonction considérée. Vous conviendrez qu’un doctorat n’est pas le meilleur diplôme pour assurer les tâches d’un soudeur aéronautique. Evacuer le problème en affirmant que les recruteurs ne savent pas ce qu’ils font est assez facile, idem pour le capital réputationnel qui a un effet de signal qui n’est pas mauvais en soi (et l’auteur de l’article souhaite justement que l’effet de réputation soit renversé en faveur des docteurs, pas qu’il disparaisse). Le « réseautage » n’est pas non plus mauvais en soi, et son fonctionnement, de ce que j’ai pu constater, est même plutôt naturel. J’en ai moi-même bénéficié en gagnant la confiance de mes supérieurs lors de stages, et je n’y vois pas de problème majeur. Les doctorants font-ils des stages, et sont-ils confrontés au monde du travail (hors boulots étudiants, évidemment) ? Si oui, ils ont donc l’occasion de construire un réseau. Si non, il s’agit peut-être d’un manque qu’il s’agit de combler. S’agissant du nombre excessif de docteurs en sciences sociales, je propose de réduire ce nombre à moyens constants. Vous topez ? Je ne connais en effet pas bien du tout le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais pour ma défense, l’auteur ne connaît visiblement pas le monde de la haute fonction publique et la logique des concours administratifs, donc match nul. Je sais par contre que les postes de l’enseignement supérieur sont soumis à concours, et je m’en réjouis. Je m’étonne cependant que l’on réclame des voies d’accès spécifique pour d’autres fonctions, qui ne sont en rien justifiées. Concernant le niveau de diplôme requis pour passer les concours, vous avez raison, j’ai mal compris son argument. Je suis en tout cas heureux que l’exigence soit basse : cela ouvre le vivier de recrutement, et si les docteurs sont si bons, qu’ils le montrent lors du concours. Par contre, je ne vois pas en quoi mes propos sont calomniateurs. Je ne dis pas que les docteurs sont mauvais, et j’ai beaucoup d’admiration pour les chercheurs, qui ne sont en effet pas assez valorisés dans notre pays. Je souligne simplement qu’il y en a peut-être trop et que leur formation n’est probablement pas ce qui convient le mieux aux entreprises. Aussi, je manifeste mon étonnement vis-à-vis de docteurs a priori destinés à la recherche (c’est ce que je comprends, mais je suis peut-être naïf) mais souhaitant s’en détourner. Enfin, les critiques répétées à hue et à dia, mais dénuées de fondement, concernant les concours administratifs sont exaspérantes. Comme tout concours, ils se travaillent. Pas de quoi en faire un plat.

Patrick Lemaire.

Pour mieux comprendre le problème auquel les docteurs sont confrontés en France, comparons deux pays: la France et l'Allemagne. En allemagne, avoir un doctorat universitaire est un passeport pour des emplois à haut niveau de responsabilité dans la recherche publique, dans la recherche privée, dans la haute fonction publique, et dans le monde politique (A. Merkel a une thèse en chimie quantique; 6 ministres ont un doctorat; 18% des députés aussi). En France, les docteurs sont 3 fois plus souvent au chômage que dans le reste de l'OCDE, ne constituent que 2 % des hauts fonctionnaires, et malgré les fortes incitations à les embaucher fournies par le Crédit d'Impôt recherche ont encore du mal à pénétrer le monde de l'entreprise à un niveau de responsabilité qui corespond à leur niveau de qualification. D'où vient cette différence? Le nombre de docteurs formés? Le nombre de docteurs en sciences sociales est comparativement à la population active faible en France par rapport à l'Allemagne. Le nombre de docteurs en sciences plus "dures" ou quantitatives est très similaire entre les deux pays. Le nombre de docteurs n'est donc pas excessif en France, que ce soit en sciences humaines et sociales ou dans les sciences . Les formations doctorales diffèrent? Non plus, elles sont globalement très comparables entre les deux pays. La France a un petit avantage: les contrats CIFRE associant laboratoire, entreprise et doctorant (qui s'en sortent mieux que les autres, peut-être parce qu'ils sont souvent ingénieur-e-s). Inversement, l'Allemagne a elle par contre des écoles doctorales d'entreprises, ce qui montre à quel point le diplôme est prisé. Mais ces deux dispositifs sont minoritaires dans les deux pays. Alors pourquoi cette différence? Probablement pour des raisons historiques et de reproduction sociale. Alors que la France napoléonienne a créé des grandes écoles pour ses élites, l'Allemagne forme ses élites par le diplôme universitaire le plus élevé. Les dirigeants de tous les pays ayant tendance à recruter des gens dont ils connaissent la formation, les dirigeant-e-s Allemand-e-s recrutent des docteurs, les même en France recrutent des diplômés des grandes écoles. La difficile insertion des docteurs en France est donc finalement due à des mécanismes de reproduction sociale assez similaires à ceux qui continuent à rendre l'accès aux fonctions de responsabilité difficle pourles femmes, dans un monde où les hommes occupent les postes de responsabilité. On peut alors se poser deux questions : Est-ce que c'est grâve pour le pays? Si ça l'est que peut-on faire pour y remédier? Grâve pour la pays? Et bien oui, car la formation des docteurs, quelque soit leur discipline, les prépare à prendre un problème pour lequel il n'y a pas de solution, et à construire les outils théoriques pour répondre à cette solution. Un-e ingénieur-e saura très bien appliquer un corpus théorique appris lors de ses études, mais saura-t-il en développer un rapidement en cas de situation inattendue? Dans les sciences expérimentales, les docteurs sont aussi généralement plus à l'aise en anglais, via leurs réseaux de recherche, et peuvent donc plus facilement digérer des bibliographies internationales. Elles/ils sont peut-être initialement moins opérationnels que des diplômé-e-s d'écoles de commerce ou d'ingénieur, mais ils ont aussi des qualités que n'ont pas ces derniers. Les docteurs ont un profil complémentaire aux diplomés des grandes écoles, qui s'il était mieux reconnu dans la société permettrait aussi de diversifier les "élites"françaises, peut-être un peu uniformes... Et cela a des chances de marcher : une fois rentrés dans l'entreprise, les docteurs ont une progression de carrière plus rapide que les ingénieurs. Alors que faire? Si le problème est bien au niveau du recrutement, il faut tout d'abord rendre les diplômes de doctorat plus lisibles pour les employeurs privés, via des textes qui indiquent clairement ce que l'on apprend de généralement utile pendant un doctorat, même si celui-ci, très spécialisé, porte sur le 3ème poil de thorax de mouche. Il faut aussi que l'état donne l'exemple, en ouvrant effectivement des concours permettant aux docteurs d'accéder aux grands corps d'état (largement réservés actuellement aux diplômes de certaines grandes écoles, sans qu'il soit très clair que ce recrutement réservé soit au bénéfice de l'état). En terme de nombre de docteurs, cette mesure est dérisoire et ne résoudra pas le problème de chômage des docteurs, mais en terme d'image et de réseaux, c'est essentiel. Enfin, il faut que l'état "incite" de manière peut être un peu plus claire et forte les entreprises à recruter des docteurs, par exemple en conditionnant l'attribution du Crédit Impôt Recherche à l'emploi de docteurs, qui une fois entrés dans l'entreprise, assureront sans doute des fonctions de management après quelques années de recherche. Ces cadres sauront eux pourquoi embaucher des docteurs est crucial pour une entreprise dans un contexte mondialisé où le doctorat est la référence internationale des dirigeant-e-s. Enfin, il faut aussi que les docteurs changent eux même un peu d'optique : mettre en application sa formation par la recherche dans d'autres domaines que la recherche académique n'a rien de frustrant, et n'est pas signe d'échec. Cela permet des carrières aussi excitantes pour autant que la première marche soit facilitée. Ils faut qu'elles et ils apprennent à se présenter, à aller à l'essentiel lors d'un entretien. Ces formations certaines grandes écoles les dispensent pour leurs élèves, l'association Bernard Grégory le fait pour les docteurs, mais il faut que les écoles doctorales s'y mettent aussi. Il suffit d'écouter les prestations des candidats de ma thèse en 180 secondes pour comprendre le potentiel des docteurs!

clément.

Cette position me laisse circonspect. On est en droit de se demander en quoi le doctorat est le "meilleur diplôme" : s'il l'était, les recruteurs s'arracheraient ses détenteurs, et il n'y aurait pas de problème, et s'il y a un problème, c'est peut-être que la formation dispensée en doctorat ne produit pas les meilleurs éléments. Ou que les meilleurs éléments, comme la tribune le souligne d'ailleurs, se détournent des doctorats. Derrière tout cela se cache en réalité le peu de débouché qu'offre le doctorat, surtout en sciences sociales, car d'une part il n'est pas évident qu'il faille autant de chercheurs en certains domaines (le droit, par exemple) et d'autre part, avoir fait une thèse sur l'incarnation du silence dans l'oeuvre d'Ibn Khaldun est très enrichissant et approfondit la connaissance que l'on a de cet auteur dans une sorte de jeu des perles de verres, mais ne prépare étonnamment pas au monde de l'entreprise. On devine en réalité une certaine paresse de la part des thésards et docteurs qui se détournent de la recherche (alors même que leur formation les destinait précisément à cette fonction !) : passer un concours, quel enfer ! Ils sont tellement plus forts que les autres, rendez-vous compte, ils ont fait une thèse et ont, ce faisant, lu des livres ! Espérons que l'on ne cède pas et que le principe d'égalité prévaudra. Par ailleurs, l'auteur de cette tribune sera d'ailleurs ravi d'apprendre que le concours de l'ENA est ouvert à tout détenteur d'une licence.

Gabriel.

Clément, n'a clairement pas de doctorat et ne comprend pas les compétences mises en œuvre pendant un doctorat, toutes disciplines confondues. Il sera d'ailleurs ravi d'apprendre que la France est le seul pays développé où le doctorat est méprisé par les entreprises et la population générale à cause d'une complète incompréhension des objectifs d'un doctorat, et des compétences d'un docteur.

Borellus.

D'accord avec Gabriel. clément, je crois qu’aucun de vos arguments ne touche en quelque façon que ce soit le propos de l’auteur. - Le diplôme de doctorat est effectivement le meilleur en ce qu’il garantit le plus haut de niveau de connaissance et d’expertise possible sur un sujet à l’issue de la formation initiale. L’hétérogénéité du niveau des docteurs n’a rien à voir avec la qualité du diplôme : on peut de même avoir un Master très réputé avec une mention plus ou moins bonne, en ayant produit des travaux médiocres ou excellents. Par ailleurs, il extrêmement naïf de penser que les choix des recruteurs soient de part en part rationnels. Ils procèdent essentiellement d’effets de réputation des formations dont il est tout à fait discutable qu’ils reflètent leur qualité réelle, sans compter sur les multiples réseautages dont les établissements de formation sont le lieu et qui biaisent largement l’objectivité des recruteurs. Raison pour quoi la qualité d’un diplôme ne saurait se mesurer à l’aune de ses débouchés. - Sur le nombre excessif de docteurs en sciences sociales, nous tomberons d’accord. Mais vous noterez que l’auteur ne propose pas d’augmenter ce nombre mais d’offrir des débouchés nouveaux à ceux dont la formation portera spécifiquement sur des sujets liés aux responsabilités attachées à ces débouchés. - Vous méconnaissez visiblement l’enseignement supérieur et la recherche : les recrutements à des postes de l'enseignement supérieur et de la recherche, en France comme à l'étranger, sont soumis à des concours souvent beaucoup plus sélectifs que ceux auxquels vous faites allusion. Vous ignorez d’ailleurs sans aucun doute en quoi consiste un travail de chercheur, sans quoi vous ne le caractériseriez pas de manière aussi grossière. - Enfin, il ne me semble pas que l’auteur ait prétendu que la présentation des concours dont il parle exige d’avoir un Master mais bien qu’ils exigent au plus d’en avoir un. Vous renforcez donc plutôt son argument. Je vous prie d'excuser mon ton un peu acerbe mais, en tant que chercheur employé dans une université britannique, je suis particulièrement las d'entendre répéter toujours les mêmes arguments ineptes et calomniateurs sur les docteurs et les chercheurs en général, arguments souvent émis (je ne sais si c'est votre cas) par des Franco-français qui n'ont jamais mis un pied dans les autres grands pays développés et ne se rendent pas compte du retard dramatique de la France.

Borellus.

clément, je crois que vos arguments ne touchent pas propos de l’auteur. - Le diplôme est effectivement le meilleur en ce qu’il garantit le plus haut de niveau de connaissance et d’expertise possible sur un sujet à l’issue de la formation initiale. L’hétérogénéité du niveau des docteurs n’a rien à voir avec la qualité du diplôme : on peut de même avoir un Master très réputé avec une mention plus ou moins bonne, en ayant produit des travaux médiocres ou excellents. Par ailleurs, il est douteux que les choix des recruteurs soient de part en part rationnels. Ils procèdent essentiellement d’effets de réputation des formations dont il est tout à fait discutable qu’ils reflètent leur qualité réelle, sans compter sur les multiples réseautages dont les établissements de formation sont le lieu et qui biaisent largement l’objectivité des recruteurs. Raison pour quoi la qualité d’un diplôme ne saurait se mesurer à l’aune de ses débouchés. - Sur le nombre excessif de docteurs en sciences sociales, nous tomberons d’accord. Mais vous noterez que l’auteur ne propose pas d’augmenter ce nombre mais d’offrir des débouchés nouveaux à ceux dont la formation portera spécifiquement sur des sujets liés aux responsabilités attachées à ces débouchés. - Les recrutements à des postes de l'enseignement supérieur et de la recherche, en France comme à l'étranger, sont soumis à des concours souvent beaucoup plus sélectifs que ceux auxquels vous faites allusion. - Enfin, il ne me semble pas que l’auteur ait prétendu que la présentation des concours dont il parle exige d’avoir un Master mais bien qu’ils exigent au plus d’en avoir un. Vous renforcez donc plutôt son argument.