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L’enseignement supérieur, acteur majeur du lien entre entrepreneuriat et territoires


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Le campus GIANT, implanté sur la presqu'île grenobloise. ©GIANT
Pour Sébastien Tran, l'enseignement supérieur permet le développement de structures entre écoles et universités favorisant la création d'entreprises. // ©  GIANT
Pour Sébastien Tran, directeur de l'École de management Léonard-de-Vinci, l'entrepreneuriat ne peut dynamiser les territoires qu'en s'appuyant sur l'enseignement supérieur et la recherche. Car écoles et universités attirent des étudiants sur un territoire donné et les sensibilisent à la création d'entreprises dans leurs formations.

Sébastien Tran, directeur de l'EMLV.

L'entrepreneuriat peut être considéré comme un véritable catalyseur de la dynamique des territoires et les grandes écoles y contribuent également indirectement à travers les formations proposées dans le domaine et les structures dédiées à la création d'entreprise tels que les incubateurs.

La création ou la reprise d'entreprise, qu'il ne faut pas oublier notamment compte tenu de l'évolution démographique des dirigeants d'entreprise, jouent un rôle à deux niveaux dans la dynamisation des territoires.

Redynamiser des territoires

Tout d'abord, les structures d'accompagnement pour l'entrepreneuriat sont un facteur d'attractivité de compétences et de ressources dans une compétition entre les territoires. On peut citer l'exemple emblématique de l'incubateur Station F initié par Xavier Niel, qui a vocation à faire de Paris l'une des capitales mondiales en matière de start-up et d'innovation (notamment en Europe avec la concurrence de Londres et Berlin).

Ensuite, l'entrepreneuriat contribue également à la reconversion de certains bassins industriels qui ont connu de profondes transformations liées le plus souvent à la mondialisation et permet ainsi de redynamiser certaines zones face à la "métropolisation" croissante du territoire français, qui concentre 46 % des emplois.

On peut citer l'exemple de l'incubateur Blanchemaille dans la métropole lilloise, soutenu par le pôle d'excellence Euratechnologies. On peut également voir éclore de nouvelles activités tournées vers le domaine des services ou l'ESS (économie sociale et solidaire), avec des entreprises de plus petites tailles mais qui répondent à des problématiques de marché plus locales.

Une stratégie d'accompagnement à définir

Si l'on reprend les axes du livre blanc du labex "Entreprendre", qui a réalisé une étude comparative , deux points méritent une attention particulière dans cette réflexion. Le premier est la définition d'une stratégie globale de l'accompagnement à la création d'entreprises. Il s'agit de mettre en œuvre une véritable politique publique entrepreneuriale afin d'éviter un essaimage des moyens sur le territoire sans réel plan de développement visant à se positionner sur des activités distinctives.

Certains territoires possèdent des actifs rares qu'il s'agit d'exploiter et de coordonner (matières premières, centres de recherche, écoles d'ingénieurs, infrastructures de transport, etc.) pour en faire de véritables ressources aptes à transformer le territoire.

On se situe clairement dans le contexte du 'new public management' qui a pour objectif de réduire les moyens engagés, de développer un mode de management par les objectifs et d'améliorer le niveau de satisfaction des usages.

Cela exige donc des choix forts et qui s'inscrivent dans le temps. Le second point est la création de synergies (commerciales, financières, organisationnelles) entre acteurs de l'écosystème entrepreneurial ayant pour objectif de faire collaborer les acteurs du territoire, y compris s'ils sont concurrents dans une logique de compétition.

L'exemple de l'enseignement supérieur est intéressant à ce titre, dans la mesure où l'on peut observer des créations de structures communes entre des écoles et/ou des universités pour favoriser la création d'entreprises (incubateurs, espaces de coworking, fablabs, etc.). On se situe clairement dans le contexte du new public management qui a pour objectif de réduire les moyens engagés (logique d'efficience), de développer un mode de management par les objectifs (logique d'efficacité) et d'améliorer le niveau de satisfaction des usages (logique d'effectivité).

L'ESR, moteur de l'attractivité des territoires

L'enseignement supérieur doit donc être l'un des acteurs de ce lien entre l'entrepreneuriat et la dynamique des territoires. D'abord par l'attractivité des étudiants sur un territoire (mais aussi en cherchant à les "fidéliser" sur le territoire) et en les sensibilisant à la création d'entreprises dans les formations. La plupart des écoles de management et d'ingénieurs intègrent désormais des formations dédiées ou des enseignements à l'entrepreneuriat.

Ensuite, en mettant en place des structures spécifiques tels que les incubateurs et un accompagnement des porteurs de projet dans un cadre formalisé (le statut étudiant-entrepreneur étant le meilleur exemple avec plus de 3.000 candidats cette année, encore faut-il qu'il soit ensuite lié à d'autres structures telles que les Satt).

Enfin, il ne faut pas oublier le développement des activités de recherche susceptibles de donner lieu à des créations d'entreprise. La première problématique pour ce dernier point consistera à accentuer la mise en relation avec des structures de financement, qu'elles soient nationales ou internationales (FUI, FEDER, ANR, BPI, etc.).

La seconde sera de mettre en œuvre des espaces de rencontres et de travail entre les différents acteurs venant parfois d'horizons divers (CCI, cabinets de conseil, banques, structures de valorisation de la propriété intellectuelle, etc.) et de favoriser par un cadre légal le passage d'une structure de recherche (statut de chercheur) à une entreprise (statut d'entrepreneur).


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