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"L'enseignement supérieur mérite audace et innovation !", par Jean-Philippe Ammeux


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La Fesic propose d'évaluer les établissements sur leur taux d'insertion professionnelle.
Avec l'élection présidentielle en ligne de mire, le président de la Fesic, Jean-Philippe Ammeux, veut faire bouger les lignes entre l'enseignement supérieur public et privé.

Jean-Philippe AMMEUX

"Le temps fort politique qui s'ouvre dans notre pays doit être l'occasion de porter l'enseignement supérieur à son juste niveau, tant les enjeux qui en découlent sont nombreux et importants. Alors que les étudiants sont de plus en plus nombreux, les contraintes budgétaires s'amplifient et la qualité de l'enseignement en pâtit, notamment au détriment des étudiants aux ressources modestes.

Notre pays compte 2.5 millions d'étudiants. Comment gérer l'augmentation attendue de 335.000 nouveaux arrivants entre 2014 et 2024 et leur garantir un enseignement de qualité ? Comment s'assurer qu'ils aient tous la même chance d'accéder aux études supérieures et d'y réussir ? Comment améliorer l'adéquation entre l'enseignement supérieur, les attentes des jeunes et les besoins du marché du travail ? Comment faire de notre système français un vecteur d'attractivité à l'international ? Année après année, les établissements français perdent du terrain dans les classements mondiaux. Comment répondre à cette concurrence et combattre le "brainxit" qui menace la France ?

Avec un modèle d'enseignement supérieur aujourd'hui à bout de souffle, il est impératif d'avoir le courage de remettre en cause l'existant pour construire l'enseignement supérieur de demain.

C'est justement un modèle différent, qui allie le meilleur du public et du privé, et capable d'apporter une réponse qualitative aux défis de l'enseignement supérieur, que proposent nos établissements.

Pour réinventer notre système d'enseignement supérieur et faire émerger des solutions innovantes et concrètes, les établissements de la Fesic appellent les candidats à l'élection présidentielle à faire preuve d'audace.

Osons poser différemment le débat sur la contribution des étudiants au financement de leurs études.

Osons par exemple poser différemment le débat sur la contribution des étudiants au financement de leurs études. Favoriser l'accès aux études supérieures est un défi majeur, et la contrainte financière ne doit pas être une entrave. C'est pourquoi la Fesic propose d'engager une réflexion sur la mise en œuvre d'un système de Parc (prêt à remboursement contingent) à la française.

Inspiré de l'expérience australienne, ce système de prêt, adapté au contexte français, s'appuierait sur l'intervention indispensable des pouvoirs publics, jouant le rôle de caution, et permettrait au bénéficiaire de la formation de contribuer de façon différée au financement de sa scolarité, uniquement lorsque ses revenus sont réguliers et suffisamment significatifs.

Favorisons également la responsabilisation des établissements et l'employabilité des étudiants par la mise en œuvre de facteurs objectifs d'évaluation et de régulation. L'enseignement supérieur doit être efficace et donner accès à des emplois qualitatifs bien rémunérés. Pour atteindre cet objectif, pourquoi ne pas commencer par évaluer les établissements sur leur taux d'insertion professionnelle ?

Preuve des progrès qui restent à faire, la France remporte à ce jour la triste palme du taux le plus bas de satisfaction des employeurs. Si 73 % des responsables d'organismes d'enseignement supérieur sont convaincus que leurs diplômés sont prêts pour le monde du travail, seulement 33 % des jeunes eux-mêmes et 27 % des employeurs le pensent, selon une étude McKinsey&Company, publiée en février 2014.

Des solutions existent. Mais elles exigent courage et ambition pour accepter de reconsidérer le système actuel au profit d'un modèle d'enseignement supérieur pluriel, plus innovant et efficient, qui bénéficiera à tous."

Jean-Philippe Ammeux, Président de la Fesic (Fédération des établissements d'enseignement supérieur d'intérêt collectif).

La Fesic représente 40.000 étudiants, dans 25 établissements reconnus EESPIG (établissements d'enseignement supérieur privés d'intérêt général) et 57 campus, en France et à l'étranger.

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Gilles.

Les étudiants sont trop nombreux? Il n'y a pas de sous? Il faut leur trouver un boulot? Eh bien Monsieur, l'audace ce serait d'instaurer la sélection à l'Université, non? Quand on se gargarise de "performance", de "compétition internationale" et de comparaisons avec les grandes Universités américaines, c'est le minimum que l'on puisse faire....

Nouvel Elan.

Chaque semaine, un article d'un dirigeant d'école privée, en faveur des droits d'inscription élevés pour l'enseignement public, le tout étant emballé dans un discours "il ya des mutations inévitables, il faut voir l'avenir, je vois l'avenir pour vous, les caisses sont vides". Disons le : les écoles privées ont à gagner en avantages comparatifs, auprès des familles, si les écoles publiques montent au prix du privé. Le reste, les PARC, l'employabilité, permettent de donner l'impression au lecteur d'avoir un texte global qui semble aborder plusieurs questions de l'enseignement supérieur. Accessoirement, les PARC permettraient aux écoles privées d'augmenter encore fortement leurs tarifs.