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Pour une évolution de la pédagogie en filière scientifique


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Le Learning Lab d'Idea School © Philippe Schuller
L'évolution de la pédagogie dans les UFR scientifiques passe, entre autres, par le développement de learning labs. © Philippe Schuller
La Fédération nationale des étudiants en sciences exactes, naturelles et techniques plaide en faveur d'une évolution de la pédagogie dans les filières scientifiques. Dans une contribution publiée sur son site Internet, elle préconise notamment le développement de tiers-lieux dédiés à l'apprentissage.

Depuis plusieurs années, la pédagogie est au centre de nombreux débats dans l'enseignement supérieur, qui doit s'adapter aux changements sociétaux que nous vivons. Certaines problématiques doivent être soulignées afin de permettre cette adaptation et de mener à une évolution de la pédagogie dans nos UFR.

tenir compte dE contraintes liées à l'environnement universitaire

La Fédération nationale des étudiants en sciences exactes, naturelles et techniques (Fneb), organisation monodisciplinaire rassemblant les étudiants en sciences, a pu soulever un certain nombre de problèmes relatifs à la pédagogie dans le système de l'enseignement supérieur :

– La hausse constante des effectifs dans les UFR doit engendrer une évolution de la pédagogie, qui ne peut cependant être qu'un outil pour améliorer les conditions d'études.

– Le rythme biologique et l'évolution des capacités cognitives en fonction des activités journalières ont une grande influence sur l'efficacité de l'apprentissage, il est donc nécessaire d'en tenir compte dans la conception des emplois du temps.

– L'hyperconnectivité a pour conséquence de rendre les étudiants passifs lors de l'apprentissage, les enseignants ayant l'impression de ne plus réussir à les intéresser. Le numérique est un outil très puissant, et familier des étudiants. Ainsi, les nouvelles technologies, telles que le smartphone, pourraient être mises à profit des enseignements, au lieu de les altérer.

La formation des enseignants [aux] pratiques nouvelles doit être généralisée, afin de permettre à chacun de prendre conscience des potentialités offertes par les nouveaux outils.

ancrer les évolutions dans le quotidien des enseignants-chercheurs

La communauté des enseignants-chercheurs est sensibilisée à l'utilité et à l'efficacité des pédagogies innovantes, notamment grâce à des initiatives de soutien. Cependant, ces dispositifs restent trop marginaux dans leur quotidien.

Il faut aller plus loin pour que se développent les nouvelles approches pédagogiques :

– Une valorisation de l'enseignement dans la carrière, au même titre que la recherche, est nécessaire pour permettre aux enseignants qui le souhaitent de consacrer plus de temps à former les futures générations de scientifiques.

– La formation des enseignants à ces pratiques nouvelles doit être généralisée, afin de permettre à chacun de prendre conscience des potentialités offertes par les nouveaux outils, et de rester à l'avant-garde des nouvelles connaissances sur l'enseignement.

– Enfin, il s'avère indispensable d'employer des personnels formés à l'ingénierie pédagogique et aux technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (Tice). Ces derniers peuvent en effet se consacrer à l'amélioration des enseignements à plein temps.

S'approprier lES OUTILS DÉDIÉS À LA PÉDAGOGIE INNOVANTE

La révolution la plus visible prend racine dans le développement d'outils numériques dont l'usage est maintenant largement répandu dans tous les milieux.

– A l'ère des réseaux sociaux, une communication plus transversale dans le cadre des enseignements pourrait être une plus-value, en permettant aux enseignants d'identifier immédiatement les notions mal comprises par certains étudiants et en multipliant les possibilités d'interactions de ces derniers.

– Les supports en ligne de diffusion de la connaissance (Moodle, les Mooc) sont à prendre en considération dans les enseignements, et peuvent avoir un rôle à jouer pour permettre aux étudiants de suivre des cours auxquels ils n'ont pas accès actuellement. Ces innovations, variées, doivent être appuyées financièrement.

– Les tiers-lieux de l'apprentissage sont appréciés et bénéfiques pour les étudiants, que ce soit pour leur convivialité ou pour les possibilités d'innovations proposées.

– Les learning labs sont des salles dans lesquelles un vaste panel d'outils modernes dédiés à l'apprentissage est mis à disposition. Ce sont alors des atouts majeurs dans la mise en place de nouvelles pratiques par les enseignants.

– L'adaptive learning consiste à personnaliser l'enseignement à l'étudiant, lui permettant d'intégrer les notions à son rythme. Les outils informatiques privilégient ce mode d'apprentissage, il faut ainsi les valoriser.

Les approches par projet et par problème sont deux méthodes qui rendent l'étudiant acteur de son apprentissage.

adapter les MÉTHODES PÉDAGOGIQUES

Les outils présentés précédemment doivent être associés à des pratiques pédagogiques adaptées. Parmi ces dernières, nous pouvons en retenir cinq :

– L'approche par compétence serait une méthode plus appropriée au contexte actuel. En effet, sur le marché de l'emploi sont recherchés des candidats n'ayant plus uniquement des connaissances, mais aussi des savoir-faire et des savoir-être. Ces compétences doivent être décrites, à la fois pour les étudiants et les recruteurs, et un travail de réflexion sur les modalités de validation doit être entrepris.

– Les approches par projet et par problème sont deux méthodes qui rendent l'étudiant acteur de son apprentissage, celui-ci étant poussé à réfléchir de lui-même pour réussir à effectuer la tâche donnée. Le travail en groupe, particulièrement enrichissant, doit être encadré en termes de temps, d'espace, et d'évaluation.

– L'apprentissage par les pairs, se définissant comme une mise en commun des connaissances et compétences entre étudiants, peut être favorable au développement de l'esprit critique de ceux-ci. La méthode s'avère, en outre, bénéfique pour la compréhension de l'étudiant, pour lequel l'explication du professeur n'est pas toujours suffisante.

– Lors d'une classe inversée, il est demandé aux étudiants de travailler le cours en autonomie, avant que celui-ci n'ait lieu. Les étudiants sont d'autant plus acteurs de leur formation, car ils peuvent se rendre compte d'eux-mêmes de leurs faiblesses, en termes de compréhension.

– Le contrôle continu intégral, évaluation tout au long de l'année, peut permettre aux étudiants de se jauger régulièrement. De par son caractère pédagogique – en opposition au système d'examens –, il pourrait être compatible avec une approche par compétence.

La Fneb souhaite qu'une concertation ait lieu entre toutes les parties prenantes de l'enseignement supérieur afin d'accélérer et d'encourager le développement de l'innovation pédagogique, la formation étant l'une des missions premières de l'université.


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Jessica.

Bonjour, Je suis étudiante en L2, et je fais partie de ce que vous appelez le tiers de bons étudiants. Major de promo, avide d’apprentissage,l’université me propose une formation absolument adaptée à la suite de mon parcours. Malgré cela, je trouve qu’il manque néanmoins une dynamique d’innovation en fac de sciences. Mon université et mes enseignants essayent au maximum d'améliorer la participation et l'intérêt des étudiants, en utilisant des outils pédagogiques: Apprentissages par Problèmes, utilisation de smartphones en TP (accéléromètre...). C’est dans ces cours que j’ai le plus l’impression d’apprendre, de comprendre et de pouvoir appliquer. C’est aussi dans ces cours que les “mauvais” s’investissent le plus et ressortent avec des notes excellentes. Ce ne sont pas des balivernes, en moyenne on travaille (tous!) plus de 15h sur un TP pour rendre quelque chose de juste et propre, alors qu’une heure suffirait à rendre un travail bâclé ou moyen. Personnellement, j’estime qu’une des raisons les plus significatives du manque d’investissement des étudiants est due à l’image de la “Fac” qu’on nous donne au lycée, cette image de “je vais à la Fac parce que je sais pas quoi faire / j’ai pas été pris en prépa...”. Je pense que ce document donne des outils pour continuer d’innover et plus impliquer les étudiants, afin de casser ce cycle. Certes, on ne supprimera jamais une part d'étudiants non-investis... Mais on moins on pourra motiver une grande partie des étudiants à réussir leurs études, assurer notre futur. Je pense surtout que cet article traite d’innovation pédagogique pour valoriser l’enseignement, non pas de sélection en licence ... Et je pense qu’il y a un bon nombre d’idées à explorer!

Une étudiante.

Bonjour messieurs, Cela m'attriste de voir vos réactions si violentes à l'encontre des étudiants. Nous sommes la relève de demain et c'est le devoir des professeurs de nous former avec les outils nécessaires. Notre réussite n'est que le reflet de votre pédagogie. Vous faites une généralité d'une minorité d'étudiants, et j'en suis navré. Ce que je lis ici, ce ne sont que des idées et des outils afin d'améliorer certains problèmes existant à l'université. Ce que je lis ici, ce sont des paroles d'étudiants, a priori, qui veulent vous aider à corriger ce dont vous parlez. Continuer à utiliser les méthodes ancestrales que nos frères connaissaient il y a 10 ans est obsolète, intégrer de nouveaux outils (par exemple ceux cités et expliqués dans ce recueil) pourrait résoudre ce manque d'attention et d'investissement. Je pense donc que votre colère, bien que justifiée à vos yeux, doit être utilisée afin d'améliorer la transmission des savoirs.

Jessica.

Bonjour, Je suis étudiante en L2, et je fais partie de ce que vous appelez le tiers de bons étudiants. Major de promo, avide d’apprentissage,l’université me propose une formation absolument adaptée à la suite de mon parcours. Malgré cela, je trouve qu’il manque néanmoins une dynamique d’innovation en fac de sciences. Mon université et mes enseignants essayent au maximum d'améliorer la participation et l'intérêt des étudiants, en utilisant des outils pédagogiques: Apprentissages par Problèmes, utilisation de smartphones en TP (accéléromètre...). C’est dans ces cours que j’ai le plus l’impression d’apprendre, de comprendre et de pouvoir appliquer. C’est aussi dans ces cours que les “mauvais” s’investissent le plus et ressortent avec des notes excellentes. Ce ne sont pas des balivernes, en moyenne on travaille (tous!) plus de 15h sur un TP pour rendre quelque chose de juste et propre, alors qu’une heure suffirait à rendre un travail bâclé ou moyen. Personnellement, j’estime qu’une des raisons les plus significatives du manque d’investissement des étudiants est due à l’image de la “Fac” qu’on nous donne au lycée, cette image de “je vais à la Fac parce que je sais pas quoi faire / j’ai pas été pris en prépa...”. Je pense que ce document donne des outils pour continuer d’innover et plus impliquer les étudiants, afin de casser ce cycle. Certes, on ne supprimera jamais une part d'étudiants non-investis... Mais on moins on pourra motiver une grande partie des étudiants à réussir leurs études, assurer notre futur. Je pense surtout que cet article traite d’innovation pédagogique pour valoriser l’enseignement, non pas de sélection en licence ... Et je pense qu’il y a un bon nombre d’idées à explorer!