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Trump University : aussi grande et fantastique que promis ?


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Donald Trump fait face à plusieurs procès d'étudiants qui estiment avoir été trompés sur le projet de la Trump University.
Donald Trump fait face à plusieurs procès d'étudiants qui estiment avoir été trompés sur le projet de la Trump University. // ©  TY WRIGHT/The New York Times-REDUX-REA
Sur le blog "En pleine campaign by USAssas", Jean-Éric Branaa, maître de conférences à l'université Paris 2-Panthéon-Assas, spécialiste de la société américaine, analyse l'échec de la Trump University et comment il pourrait porter préjudice au candidat républicain à l'élection présidentielle aux États-Unis.

"On dit que les jeunes font peur aux gouvernements qui, en retour, se gardent bien de les contrarier. Aux États-Unis, si personne ne semble pouvoir venir à bout de l’indomptable Donald Trump, c’est peut-être bien les étudiants qui vont réussir cet exploit.

Tout a commencé en 2005, avec la promesse du milliardaire Donald Trump, qui pensait avoir trouvé la formule miracle de l’enseignement. Chacun aura été certainement surpris de la proximité de ton et de rhétorique entre le Trump "directeur d’école" et le Trump "candidat aux présidentielles". S’appuyant sur l’idée que les enseignants ne savent pas suffisamment bien faire, il a monté sa propre université, promettant succès phénoménal et réussite assurée à tous ceux qui suivraient ses enseignements.

Les heureux inscrits devaient apprendre les méthodes imparables pour devenir à leur tour un magnat de l’immobilier, mieux que dans les meilleures écoles de commerce.
Bien entendu, ces cours fabuleux avaient un prix un peu élevé : 35.000 dollars par an. Mais est-ce si cher si la réussite et la fortune sont au bout de la formation ? Pour les moins fortunés, l’université proposait également des séminaires de trois jours pour 1.500 dollars.

La Trump University : un échec

Au final, cette université s’est révélée être virtuelle : elle n’avait aucune existence physique, pas de campus, pas même de salle de cours. Les locaux étaient loués aux quatre coins de l’Amérique, en fonction des besoins et du nombre d’inscrits localement. Peu de frais pour les gestionnaires qui engrangeaient les bénéfices.

Les enseignements se faisaient souvent par téléconférence, sans contact avec le moindre professeur, qui vivait souvent à l’autre bout du pays. On est déjà moins rassuré et l’inévitable s’est produit : l’école n’a pas fonctionné, n’a pas donné les résultats escomptés et finalement a fermé ses portes (qu’elle n’avait pas d’ailleurs).

Trois procès ont déjà été engagés. Un quatrième est fixé au 20 novembre 2016, à San Diego : 5.000 étudiants se sont réunis dans ce que l’on appelle une action de groupe. Le milliardaire pourrait être condamné à leur verser 40 millions de dollars en compensation. L’affaire a bien entendu été plusieurs fois évoquée par ses adversaires pendant la campagne et l’homme d’affaires a répliqué en vidéo avec emphase comme il sait si bien le faire."

Jean-Éric Branaa, maître de conférences à l'université Paris 2-Panthéon-Assas

"En pleine campaign by USAssas"
"En pleine campaign by USAssas" est un projet mis en place par les étudiants de la licence de droit mention administration publique de l'université Paris 2-Assas.
Il a été réalisé grâce à Jean-Éric Branaa, leur professeur de "problèmes politiques et sociaux contemporains aux États-Unis", un expert du pays, en partenariat avec l'Etudiant.

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