1. Double compétence : en avoir ou pas ?
Décryptage

Double compétence : en avoir ou pas ?

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Après un diplôme de niveau bac + 3 ou bac + 5, de plus en plus d’étudiants ­valorisent leur CV en ajoutant une deuxième corde à leur arc. Par exemple, ­ingénierie et achats, droit et commerce international, langues et informa­tique… Les combinaisons sont infinies.

Une formation au management après un diplôme d’ingénieur, un diplôme de commerce international après un master de droit… Parmi les étudiants qui choisissent de poursuivre leurs études après un premier diplôme, un certain nombre ont pour objectif de se forger une double compétence. Ils espèrent ainsi améliorer leurs chances de décrocher un poste intéressant et bien rémunéré. Une motivation tout à fait respectable, mais qui ne suffit pas.

Pour constituer un vrai plus sur le CV, il faut que le "second diplôme" contribue à dessiner un projet professionnel cohérent. "Je ne pense pas qu’un jeune diplômé trouve plus facilement du travail parce qu’il aura ajouté une couche de diplôme supplémentaire sur son bac + 5, avertit Pierre Hervé-Bazin, directeur des ressources humaines d’AREVA, le numéro un français du nucléaire. Mais si, à l’occasion d’un stage par exemple, un jeune a identifié un domaine précis qu’il aimerait approfondir, une formation complémentaire peut éventuellement se justifier."

Réfléchir à son projet avant de se lancer dans une nouvelle formation, c’est exactement ce qu’a fait Etienne Chavez, 28 ans, aujourd’hui codirigeant d’une société de conseil. Son diplôme d’ingénieur en poche, il était bien décidé à créer son entreprise : "Mais avec mon profil de technicien, je ne me sentais pas suffisamment armé pour me lancer sans formation complémentaire." Après avoir hésité entre un MBA (master of business administration) et un mastère spécialisé (MS), il choisit, "notamment pour des raisons financières", de s’inscrire en MS management des projets et des programmes à l’ESC Lille. "Ce second diplôme m’a été profitable parce que j’avais un projet précis. La formation m’a apporté les outils qui me manquaient, mais elle m’a également aidé à prendre confiance en moi."


Sommaire du dossier
Des entreprises convaincues Deux critères pour faire le bon choix "Les “doubles-compétents” sont souvent plus mûrs"