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Témoignage

Jonathan, diplômé en droit :  “Les stages sont un passage obligé pour trouver du boulot”

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Jonathan, juriste chez Groupon, diplômé de M2 à l'université Paris 1. // © Photo fournie par le témoin
Jonathan, juriste chez Groupon, diplômé de M2 à l'université Paris 1. // © Photo fournie par le témoin

Si Jonathan a eu la “vocation” du droit très tôt, il a mis du temps à trouver le métier qu’il voulait faire. Magistrat, notaire, avocat… C’est grâce à ses stages qu’il finit par y voir plus clair: il est aujourd’hui juriste dans une entreprise américaine.

Certaines vocations surgissent très tôt. Pour Jonathan, c'était en classe de cinquième. Il participe à une sortie scolaire au tribunal de Créteil (94) et il est "fasciné" par le juge, qui tente de démêler le vrai du faux. Il se rêve alors en magistrat. Après le bac, il s'inscrit en toute logique en première année de droit à l'université de Bordeaux (33). 3 ans plus tard, il est admis en master à Paris 1, et quelques mois après son diplôme, il est recruté par une des intervenantes de son master chez Groupon.

Le stage : la clé pour se confronter au réel

Le meilleur moyen de savoir ce que l'on veut faire dans le droit ? Les stages. Quitte à les multiplier. "Au début de mes études, je voulais être notaire. Pour moi c'était la personne de l'équilibre que l'on rencontre pour formaliser les événements cruciaux de la vie : donations, mariage, achat d'un bien immobilier, successions. Mais les stages que j'ai faits dans les études notariales, bien que formateurs, ne m'ont pas convaincu", avoue Jonathan.

Admis dans un master 2 à Paris 1 (droit du commerce électronique et de l'économie numérique), il fait un stage au service juridique de la FEVAD, (Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance). "Cette fois-ci le stage est déterminant : il m'a définitivement décidé à faire du droit des nouvelles technologies." Le soir, il retourne à l'université pour suivre ses cours de 19 h à 22 h.

Deux M2... et encore plus de stages

Les expériences vécues pendant les stages orientent la trajectoire de Jonathan qui décide de faire un second master 2 après avoir assisté à un colloque sur le droit d'auteur à l'épreuve du numérique et des nouvelles pratiques possibles grâce à Internet. Il est accepté dans un master 2 spécialisé en droit d'auteur, "très orienté sur les problématiques liées aux créations numériques".

Pour "voir" ce qu'est le métier d'avocat, Jonathan fait son premier stage dans un petit cabinet. "Je pensais pouvoir faire plein de choses, notamment découvrir la position de conseil de l'avocat vis-à-vis d'un client. En définitive, je n'ai fait que les recherches préliminaires sans jamais être réellement associé aux réflexions et aux décisions liées aux dossiers", regrette-il. Cette expérience conduit Jonathan à renoncer à passer le barreau. Et à se réorienter.

Quelques mois plus tard, il cumule un autre stage au département propriété intellectuelle chez Louis Vuitton Malletier. Et là, on lui confie "la mission de protéger la marque sur Internet, 'l'Internet Enforcement'".

Repéré par un de ses profs de master

Jonathan obtient son diplôme et décide de chercher du travail. "J'ai postulé à plusieurs offres de stages, et les entretiens se déroulaient comme si on était des vrais employés... J'en avais un peu marre." Mais l'une des intervenantes du master le devance et lui propose de rejoindre l'équipe juridique qu'elle est en train de constituer. Il est embauché seulement après 1 mois de recherche, "ce qui est très valorisant et plutôt rare dans le secteur".

"Je crois que j'ai eu une bonne étoile, même si j'ai tenté plusieurs expériences différentes et que mon parcours peut sembler parfois chaotique. Les études de droit sont compétitives et le marché du travail l'est aussi, alors mieux vaut cumuler les stages pour avoir des expériences à mettre sur son CV avant de postuler", admet-il après coup.

Dernière surprise du monde du travail : le salaire. À la fac, le sujet "salaire" est très peu abordé. "Entre les non-dits et certaines légendes urbaines, je me disais que j'allais gagner au grand maximum 1.500 € par mois. Mais pour des postes juniors, les salaires sont assez gratifiants : ils vont de 2.200 à 3.500 €." La réalité du terrain n'est pas toujours décevante !

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