Filières d'avenir : les spécialités de master les plus porteuses

Par Camille Jourdan, publié le 30 Mars 2021
5 min

On choisit souvent son master en se renseignant sur les perspectives d’embauche à l’issue du parcours, une fois le diplôme en poche. Mais en 2020, la crise sanitaire, couplée à la crise climatique, a mis un coup de frein à l’attractivité jusqu’alors continue de certains secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie-restauration, les énergies fossiles... Vers quelles spécialités se tourner pour un avenir professionnel serein ?

"La crise ne va pas modifier les enjeux de l’emploi sur le long terme", rassure Nicolas Guillaume, directeur Executive Senior du cabinet de recrutement Spring. Certains secteurs résistent : l’industrie pharmaceutique en premier lieu, mais aussi les métiers de la logistique ou de la banque et de l’assurance, vers lesquels se tournent en nombre les étudiants en droit ou éco-gestion.

Au-delà de ces secteurs presque invariablement porteurs, deux phénomènes sociétaux auxquels les jeunes générations sont particulièrement sensibles ont des effets sur la création d’emplois : la transformation numérique et la transition énergétique.

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Le numérique en recherche d’expertises

"La crise du Covid-19 a fini de convaincre les entreprises encore réticentes à la nécessité d’une transformation numérique", observe Jacques Froissant, CEO du cabinet de recrutement Altaïde. Les profils techniques, capables de développer des plateformes d’e-commerce, d’améliorer l’expérience utilisateur, ou de garantir la cybersécurité d’un site, sont recherchés.

Même constat pour les diplômés en mesure de récolter, et surtout d’exploiter les données (les fameuses "data"), dont on se sert aujourd’hui dans le commerce, la banque, l’assurance ou la santé. Les entreprises manquent encore de techniciens, bien que les masters en informatique attirent de nombreux étudiants scientifiques.

En outre, la data analyse et le data marketing supposent de renforcer ces compétences techniques par une connaissance de la stratégie d’entreprise. Car la transformation numérique implique également un accompagnement humain, ce qui "booste tous les métiers du marketing digital", estime Jacques Froissant.

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La transition énergétique a toujours le vent en poupe

Autre transformation dont s’emparent peu à peu les entreprises : la transition énergétique. Énergie, agroalimentaire, distribution, aménagement urbain… Toutes réfléchissent à des solutions. Les étudiants en sciences du vivant ou biologie se tournent ainsi de plus en plus vers les filières de l’écologie. Mais ce credo ne leur est pas réservé : les ingénieurs aussi y ont leur place, tant pour la conception que pour l’exploitation et la maintenance de nouvelles solutions.

Le développement des convergences entre énergie et informatique – à l’image des smart systèmes – promet également un vivier d’emplois. Enfin, outre ces profils techniques, la transition énergétique suppose l’appel à des diplômés capables de "créer l’adhésion" à ces projets, observe Jens Bicking, dirigeant du cabinet Elatos. Les étudiants en management ou sciences politiques ont eux aussi intérêt à explorer ces enjeux.

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L’expérience en entreprise et les "soft skills" attirent les recruteurs

Si vous n’êtes pas passé par Sciences po ou Centrale Lille, pas de panique : face à un déficit de jeunes diplômés dans ces secteurs, et grâce à l’évolution des entreprises, la discrimination entre grandes écoles et universités est aujourd’hui bien moins marquée, selon les recruteurs.

Si une certaine ouverture à l’international est toujours appréciée, les expériences en milieu professionnel sont désormais des points clés : "Les stages longs et les alternances, c’est quasiment un emploi garanti à la sortie", avance Nicolas Guillaume. Enfin, les entreprises s’attardent de plus en plus en sur les "soft skills", ces qualités transversales telles que l’autonomie, la capacité de travailler en équipe… mais aussi, en ces temps de crise, l’adaptabilité.

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