Insertion pro après un master à la fac : quelles spécialités de M2 mènent le mieux à l’emploi ?

Par Philippe Mandry, publié le 25 Mars 2014
5 min

Quelles spécialités de masters garantissent la meilleure insertion sur le marché du travail ? Dans quatre grands domaines d’études – Droit-éco-gestion ; Sciences-technologie-santé ; Lettres-langues-arts ; Sciences humaines et sociales –, nos graphiques interactifs vous permettent de comparer les taux d’insertion filière par filière de masters, mais aussi les salaires de sortie, la part d’emplois stables, ou encore celle d’emplois à plein temps. De quoi vous aider pour votre choix d’un bac+5.

Chaque année depuis quatre ans, le ministère de l'Enseignement supérieur organise une vaste enquête auprès des universités pour connaître l'insertion des masters 2, deux ans et demi après l'obtention de leur diplôme. Des données riches d'enseignements, à condition de pouvoir les décrypter, comme le proposent nos graphiques.

Sur quels diplômés porte l'enquête ?

Pour élaborer ces graphiques, nous nous sommes donc appuyés sur la dernière enquête parue fin 2013. Nationale, cette enquête cependant ne porte que sur les diplômés français, en formation initiale, entrés sur le marché du travail à l'issue de leur diplôme de 2010, soit 39 % des titulaires de masters. Ceux ayant poursuivi leurs études après un M2 – près de 40 % des diplômés français en formation initiale ! – ne sont pas concernés. Ceux-là ont pu continuer en doctorat, ou ailleurs : mais de cela, l'enquête n'en dit rien...

À noter également, toutes les facs n'ont pas participé à ce travail avec la même intensité. Certaines, comme Paris-Dauphine, ont carrément refusé, tandis que d'autres n'ont pas obtenu de résultats suffisamment nombreux pour être significatifs.

Ce que révèle cette enquête

Mais, à l'échelle nationale, et par filière, cette enquête est riche d'enseignements : nos graphiques interactifs, en permettant de comparer les spécialités entre elles, révèlent d'important différences d'insertion selon les cursus, souvent ignorées des étudiants. Les neufs indicateurs que nous avons utilisés (détaillés dans l'encadré ci-dessous) permettent d'avoir une vision fine qui met en lumière la réalité de chaque filière. Nous avons enfin choisi de ne pas mettre uniquement en avant les indicateurs "positifs" (taux d'insertion, taux d'emplois fixes, etc.), mais également les points "négatifs" (taux de chômage, pourcentage d'emplois précaires, etc.), souvent passés sous silence. Vous avez ainsi un vrai outil d'orientation pour choisir en connaissance de cause.

 

Méthodo : les 9 indicateurs de notre choix de l'insertion après un master
Le taux de poursuite d'études après un master 2 (indicateur 1) : il varie selon les filières de 9 à 68 %. Attention : les indicateurs suivants n'intègrent pas ces élèves qui ont poursuivi après un M2.

Le taux d'insertion (indicateur 2) : il représente le pourcentage des diplômés occupant un emploi, quels qu'ils soient, sur l'ensemble des diplômés présents sur le marché du travail. Sa différence par rapport à 100 % représente donc le taux de chômage (indicateur 3).

La part de cadres et de professions intermédiaires (indicateur 4) : elle représente le pourcentage de personnes exerçant un emploi de type ingénieur, cadre, profession libérale, personnel de la catégorie A de la fonction publique. Ce sont les emplois qu'il est d'usage d'exercer avec un bac+5. Mais il tient aussi compte des emplois intermédiaires de type techniciens, agents de maîtrise, personnel B de la fonction publique, etc., qu'on occupe d'habitude après un bac+2 ou 3. L'enquête ne fait malheureusement pas la différence entre ces deux catégories d'emploi. Au niveau national, on sait qu'environ un quart des personnes représentées par cet indicateur occupent un emploi intermédiaire, mais ce chiffre varie selon les facs et les spécialités. En revanche, la différence entre cet indicateurs et 100 % représente la part de personnes très déqualifiées (indicateur 5) par rapport à un bac+5 : employés de bureau, de commerce, personnel de service, ouvriers ou personnel C de la fonction publique. Tous ces emplois n'exigent au maximum que le niveau bac.

La part d'emplois stables (indicateur 6) : il représente le pourcentage de diplômés en CDI, les fonctionnaires, les professions libérales, indépendantes et les chefs d'entreprises. Les autres occupent un emploi précaire (indicateur 7) : CDD, vacataires, intérimaires, etc.

La part d'emploi à temps plein (indicateur 8) : celui-ci peut dépendre des débouchés de chaque famille de masters. En effet, certains secteurs et certaines professions emploient plus de personnes vacataires ou à temps partiel que d'autres.

Le salaire annuel brut (indicateur 9) : ce dernier est calculé à partir du salaire mensuel net, primes comprises, correspondant aux valeurs médianes sur les emplois à temps plein.

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Le guide des Masters, Mastères et MBA - De Yaël Didi et Violaine Miossec

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