1. Sélection en master : quel bilan ?
Décryptage

Sélection en master : quel bilan ?

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Vous êtes désormais sélectionnés dès la première année de master. // © Franckreporter/iStock
Vous êtes désormais sélectionnés dès la première année de master. // © Franckreporter/iStock

Depuis la rentrée 2017, les universités sélectionnent les étudiants dès la première année de master. Deux ans plus tard, quel bilan peut-on faire de cette réforme ?

Désormais, la sélection pour entrer en master se fait dès le master 1. En contrepartie, vous êtes assuré de poursuivre en master 2. Chaque responsable de master fixe les critères d’admission dans sa formation, qu’il s’agisse d’un concours ou d’une admission sur dossier. Votre niveau, votre parcours académique et votre projet professionnel seront notamment pris en compte.

Pour Khaled Bouabdallah, président de l’Université de Lyon, qui regroupe 12 établissements membres et 25 associés, cette sélection en M1 est bénéfique aux étudiants. "C’était un système pervers de faire passer tout le monde en M1 puis de sélectionner en M2. De nombreux étudiants étaient éliminés en plein milieu de leur diplôme. Avec la sélection dès le M1, les jeux sont plus transparents : soit vous accédez au master et vous allez jusqu’au bout, soit vous n’y entrez pas".

Un parcours pensé sur deux ans

Dans le cas où un master 1 mènerait à plusieurs spécialisations de master 2, vous serez d’ailleurs encouragés à choisir votre M2 avant d’entrer en master. Cette sélection avancée modifie la construction du parcours de l’étudiant : le projet doit être construit dès la fin de la licence et pensé sur deux ans. L’étudiant doit aussi postuler à plusieurs masters au cas où il ne serait pas reçu, notamment pour les filières très demandées comme droit, psychologie ou STAPS.

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Quel incidence sur la pédagogie ?

Du côté de la pédagogie, le parcours est également repensé. "Cette réforme a donné de l’unité et de la cohérence au diplôme. Quand on est passé au système LMD, certains masters ont construit des formations intégrées en deux ans, mais d’autres se sont contentés de changer d’appellation. Avec cette réforme, on met fin au modèle 'un an + un an', il y a obligation de penser le master comme un seul diplôme. Nous avons par exemple revu les méthodes d’enseignement et la répartition des stages", explique Khaled Bouabdallah. Un changement qui induirait un meilleur accompagnement des équipes pédagogiques.

Mieux accueillir et former

Un avis partagé par Greg Décamps, doyen de la faculté de psychologie de Bordeaux. "On envisage très souvent cette sélection sous le prisme de l’exclusion. Mais l’autre versant, c’est que cela a une incidence sur la pédagogie. Cette capacité d’accueil limitée permet de bien accueillir et de bien former les étudiants. La formation est totalement revue, avec une petite promo que l’on accompagne de façon personnalisée sur deux ans", affirme le doyen.
En 2019, l’université de Bordeaux a reçu 2.500 candidatures pour 150 places en master de psycho. Ce qui ne signifie pas forcément que les non-admis n’ont pas pu poursuivre leurs études, puisque les étudiants postulent à plusieurs formations.

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Un droit à la poursuite d’études

Un droit à la poursuite d'études en master est par ailleurs prévu dans la réforme de la sélection. Si vous n'êtes admis dans aucun master, vous pouvez déclencher une procédure auprès du rectorat de la région dans laquelle vous avez obtenu votre licence. En fonction des places vacantes, il devrait vous soumettre trois propositions de poursuite d’études en master en lien avec votre projet. Un dispositif qui reste cependant à améliorer, puisque plus de 700 étudiants qui avaient saisi le recteur sont restés sans proposition en 2018.

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