1. MBA : un accélérateur de carrière
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MBA : un accélérateur de carrière

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Pour le directeur du MBA de HEC Paris, “le candidat idéal a entre deux et dix ans d'expérience professionnelle”. // © Phovoir
Pour le directeur du MBA de HEC Paris, “le candidat idéal a entre deux et dix ans d'expérience professionnelle”. // © Phovoir

Diplôme connu dans le monde entier, le MBA (Master of Business Administration) permet de mener à bien un changement de carrière radical. À condition de bien choisir sa formation.

Si le MBA (Master of Business Administration) était historiquement le choix naturel pour des candidats visant un poste à responsabilités dans le conseil et la finance ou un poste de direction générale dans l'industrie, il devient aujourd'hui aussi “le choix privilégié pour des candidats qui ciblent des postes de direction dans d'autres secteurs, à l'international, ou bien pour ceux qui souhaitent développer des compétences en management en vue de créer une entreprise”, selon Andrea Masini, directeur du MBA de HEC Paris

En trois décennies, le MBA s'est imposé comme le sésame des réussites professionnelles. Il apporte un changement ou une accélération de carrière et permet d'élargir son champ de compétences. Ainsi, des médecins acquièrent la formation généraliste en gestion et management qui leur ouvre l'accès à l'industrie pharmaceutique. Des consultants sont également intéressés par ce diplôme car il peut leur permettre de devenir “partners”, le plus haut grade dans les cabinets de conseil.

Prudence toutefois : derrière le terme “MBA” se cachent des réalités bien différentes. L'expression “MBA spécialisé”, que l'on croise beaucoup en France, a peu de sens, par exemple. Le vrai MBA donne la possibilité de sortir de sa spécialisation d'origine, pour atteindre des postes de management général.

Une formation plus profitable après quelques années d'expérience

“Un candidat n'a guère intérêt à entrer dans un MBA directement à la sortie d'un programme grande école ou d'un master puisque le contenu de la formation fait écho à des situations de la vie professionnelle”, souligne Virginie Fougea, directrice des admissions à l'INSEAD. “Le candidat idéal a entre deux et dix ans d'expérience professionnelle et un âge moyen de 29 ans, complète le directeur du MBA de HEC Paris. Chaque participant apporte des éléments uniques au reste de sa classe.”

Le programme MBA classique, d'une durée de un à deux ans, comporte des cours magistraux en économie et finance, appelés “fondamentaux”, et dispensés par les professeurs de l'école, qui font souvent appel à des intervenants extérieurs afin d'offrir une approche se voulant plus actuelle du monde des affaires. À ces enseignements théoriques s'ajoutent des “électifs”, plus professionnels, donnés par des dirigeants, des consultants et des praticiens.

Les participants eux-mêmes apportent la matière des enseignements. Le potentiel de chaque candidat dans ce domaine se révèle décisif pour son admission en MBA. “Nous comptons beaucoup sur le partage, l'enrichissement mutuel, et pour cela nous misons sur la diversité lorsque nous recrutons une promotion”, souligne la directrice des admissions à ­l'INSEAD. On croise ainsi des profils extrêmement variés : ingénieurs, architectes, militaires, sportifs de haut niveau… venus du monde entier. “Les candidats ont tous une motivation pour une carrière internationale. Ils ont souvent grandi ou ont déjà travaillé dans un cadre multiculturel.”

Un investissement important

Plus il est connu et prestigieux, plus un MBA est cher. Les programmes de notoriété mondiale coûtent en moyenne 50.000 €. Un prix qui s'explique par le salaire des professeurs et des intervenants de réputation internationale, mais aussi par les équipements, les technologies, les éventuels voyages d'études à l'étranger…

Les entreprises, très promptes, au cours des précédentes décennies, à offrir des MBA à leurs jeunes cadres les plus prometteurs, ont peu à peu cessé de financer ces formations de luxe, face à l'infidélité de leurs poulains. Certaines écoles, même prestigieuses, ont aujourd'hui un recrutement au-dessous de leur objectif, faute de financement suffisant.

Le postulant se voit donc presque toujours contraint de payer seul sa formation. Et ­l'addition augmente vite. Car, aux frais de scolarité du MBA, viennent s'ajouter d'autres dépenses : hébergement sur le campus, déplacements, manque à gagner d'un salaire qu'on ne touche pas pendant un ou deux ans… Pour rester attractifs, les MBA proposent une batterie d'aides au financement, allant de véritables bourses aux frais de scolarité réduits ou à des taux sur les prêts bancaires soigneusement négociés.

Ceux qui souhaitent à la fois continuer une carrière dans laquelle ils sont bien engagés et conserver leur salaire pendant le temps de la formation optent pour une formule à temps partiel (part-time MBA). Plusieurs rythmes sont proposés en ­fonction des écoles. “À HEC Paris, le part-time est organisé en modules intensifs d'une semaine qui ont lieu à fréquence régulière pendant vingt-quatre mois. Il est donc parfaitement adapté à des participants qui souhaitent continuer à travailler”, argue Andrea Masini.

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Des formations très différentes et de qualité inégale

Mais alors que le MBA est un standard mondial de formation, connu et compris partout, il est mis à toutes les sauces en France. On trouve parfois des formations d'une durée de six mois, ultraspécialisées, accessibles après un bac+2, qui sont carrément fantaisistes.

Face à des dénominations très protégées (le diplôme national de master, réservé aux universités ; le Mastère Spécialisé, marque déposée par la Conférence des grandes écoles…) et en l'absence d'une réglementation pour l'encadrer, le terme “MBA” sert souvent à “habiller” des formations qui n'entrent pas dans les référentiels les plus exigeants.

Or, étant donné le prix moyen d'un MBA, il est préférable de ne pas se tromper. Comme pour tout produit de qualité, le prix reflète le niveau de service et les résultats d'une formation. “À la sortie du programme, nos diplômés parviennent en principe à doubler leur salaire pré-MBA”, indique le représentant de HEC. Selon le magazine “Forbes”, le retour sur investissement d'un MBA à l'INSEAD est effectif environ deux ans après l'obtention du diplôme.

Il convient donc de s'interroger sur la pertinence d'opter pour un MBA bon marché qui promet des miracles mais dont la rentabilité serait inexistante. Les bons MBA ne lésinent pas sur les moyens pour accompagner leurs inscrits vers une nouvelle vie professionnelle, en soignant leurs relations avec les recruteurs. Certains MBA sont même devenus des références pour un secteur donné (finance, conseil, industrie pharmaceutique…). Les postulants peuvent prendre des renseignements sur les entreprises partenaires du MBA ayant embauché des diplômés des promotions précédentes, informations que l'on trouve sans peine sur les sites des business schools sérieuses et dans la presse spécialisée : “Financial Times”, “Forbes”, “Wall Street Journal”, “Businessweek”, “Time”, “Newsweek”…

Label, classement : des gages de qualité

Les candidats hésitants, enfin, peuvent être rassurés par le choix d'un MBA labellisé par l'AMBA (Association of MBAs). Cette accréditation n'est accordée qu'après un audit très consciencieux. Les écoles doivent procéder à une analyse autocritique de leurs forces et de leurs faiblesses. Tout est passé au crible : admissions, objectifs, corps professoral, connaissance du marché, internationalisation, recrutement, employabilité. En France, 17 établissements ont obtenu ce label britannique qui fait référence.

Le classement du “Financial Times” est une autre garantie de la qualité des formations. Le quotidien britannique publie, tout au long de l'année, des classements pour chaque catégorie de programmes (full-time MBA, part-time MBA…). Seules quelques institutions françaises parviennent à s'inscrire dans les 100 meilleurs mondiaux, dont l'INSEAD qui a décroché la première place en 2017.

Mais pour se faire sa propre idée, rien ne vaut les contacts avec les anciens. “C'est une démarche importante pour réussir à se projeter dans l'école, comprendre le réseau et identifier les opportunités”, observe Virginie Fougea. Un réseau qui permet de se procurer des recommandations, de recruter ses associés ou, le temps venu, de trouver des investisseurs.

MBA, le mode d'emploi

• Pour qui ?
Les titulaires d'un diplôme de niveau bac+4 ou bac+5, avec au moins trois ans d'expérience (full-time MBA).
Les cadres disposant d'une dizaine d'années d'expérience (Executive MBA et part-time MBA).

• Quelle durée ?
De dix mois (Europe) à vingt-quatre mois (États-Unis).

• Quelle procédure d'admission ?
Formulaire en ligne de présélection.
Dossier.
Lettres de recommandation.
Tests d'aptitude au management (GMAT, TAGE MAGE...).
Tests d'anglais (TOEFL, TOEIC, IELTS...).
Entretiens (généralement en anglais).

• Quel prix ?
En France, de 15.000 à 70.000 €.

Sommaire du dossier
Les meilleurs MBA du monde selon le “Financial Times”