Comment Sutharsan, 24 ans, a décroché un contrat en apprentissage pour sa licence pro dans un supermarché, à Hardricourt (78)

Par Sandrine Chesnel, publié le 21 May 2007
3 min

Principal obstacle à franchir quand on décide de faire ses études en alternance : convaincre un employeur de vous embaucher. Voici comment quatre étudiants aux profils et aux secteurs d’activité très différents y sont parvenus.

À 14 ans, Sutharsan, sa mère et ses deux sœurs ont quitté le Sri Lanka pour la France. Sutharsan, qui à son arrivée ne parlait que l’anglais, a choisi la voie professionnelle dès la troisième, mais a été orienté sans vraiment le vouloir en maintenance. "Après mon BEP (brevet d’études professionnelles) et mon bac pro maintenance, préparés en alternance, j’avais envie d’autre chose : les conditions de travail, le bruit, la saleté, les horaires, ne me convenaient pas. J’ai choisi de m’orienter vers la vente, en préparant un BTS technico-commercial, option automobile, toujours en alternance."

Pour parfaire son profil, Sutharsan décide, son BTS en poche, de préparer une licence pro. Le jeune athlète, qui pratique le cross-country au niveau national, jette son dévolu sur la licence pro produits frais : "Parce que quand on sait s’occuper de ce genre de rayon, on peut gérer tous les autres."
 
En mai 2010, Sutharsan dépose donc son dossier de candidature à l’AFIPE, association gérant à Poissy (78) un centre de formation d’apprentis en vente et commerce. Aussitôt, il est convoqué pour rencontrer un recruteur du Groupe Casino avec lequel l’école travaille régulièrement. Il prépare l’entretien comme une compétition : "J’ai cherché des infos sur l’entreprise et son P-DG sur Internet, j’ai lu beaucoup de choses sur les métiers et la politique de recrutement du groupe, je voulais montrer que j’étais le meilleur !" Quand le recruteur lui pose des questions sur les marques du groupe, il n’est donc pas pris au dépourvu : "J’ai bien vu que la chargée de recrutement avait apprécié que je me sois renseigné avant. J’en ai profité pour lui expliquer que la politique d’évolution en interne de l’entreprise me convenait, parce que je ne souhaitais pas rester au bas de l’échelle toute ma vie." Quelques jours plus tard, Sutharsan est convoqué pour un dernier entretien dans le supermarché Casino d’Hardricourt où il travaille depuis la rentrée.


L’avis du recruteur : Antoine Gallo, chargé de recrutement hypermarchés et supermarchés Groupe Casino
"Chez Casino, l’alternance permet de faire du prérecrutement : nous souhaitons pouvoir garder nos jeunes à l’issue de leur formation. En entretien, Sutharsan a su m’expliquer son envie d’évoluer à des postes variés au sein de notre groupe. Il s’est montré très motivé, calme et posé, tout en mettant en avant son envie de réussir. Même s’il n’avait pas beaucoup d’expérience dans la grande distribution, il avait une idée des attentes de notre secteur, car il a prononcé quelques phrases ou mots clés que j’ai retenus comme “polyvalence”, “productivité”, “volonté de faire vivre le rayon”."