Apprentissage : bond de 180.000 apprentis dans le supérieur depuis cinq ans

Par Etienne Gless, publié le 08 Septembre 2022
5 min

INFOGRAPHIE. En deux ans les effectifs d'apprentis dans l'enseignement supérieur ont bondi de 80%, relève une note du SIES. Désormais, la majorité absolue des apprentis préparent un diplôme post-bac. Découvrez en chiffres combien l'apprentissage a muté en cinq ans.

Ceux qui pensent encore que l'apprentissage est une voie de garage pour mauvais élèves doivent revoir leurs idées reçues ! Les données publiées fin août par le SIES, le service statistique du ministère de l'Enseignement supérieur, chiffrent l'ampleur du changement.

L'apprentissage devient une voie classique de formation. Ainsi, plus de 700.000 jeunes ont signé un contrat l'an passé contre 300.000 seulement trois ans plus tôt. Et le niveau monte : 62% des apprentis préparent un diplôme de l'enseignement supérieur soit 323.000 étudiants en apprentissage en 2020.

Les formations suivies par les étudiants en apprentissage

Un étudiant sur trois en apprentissage prépare un BTS

Avec plus d'un apprenti du supérieur sur trois inscrit en section de technicien supérieur, le BTS est la filière de formation dominante. Ce sont, en tout, 110.000 étudiants qui préparent chaque année leur BTS par la voie de l'apprentissage, soit 29% des élèves de BTS.

Cette part atteint même 55% en licence professionnelle, la voie la plus naturelle de poursuite d'études après un BTS. A noter qu'en IUT, si la possibilité d'effectuer ses études en apprentissage existe dès la première année, seulement 8% des étudiants l'utilisent.

Par ailleurs, Parcoursup a vu bondir le nombre de ses formations par apprentissage : en 2022, plus de 6.000 formations de BTS par la voie de l'alternance étaient ainsi proposées sur la plateforme nationale.

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En école de commerce : un essor de +74% des apprentis sur deux ans

La voie de l'apprentissage fait par ailleurs des émules dans les écoles de commerce avec une hausse de 74% des apprentis en deux ans : ces établissements représentent 14% des apprentis de l’enseignement supérieur en 2020 contre 6% en 2018 soit une hausse de huit points sur deux ans.

La réforme de 2018 facilitant l'ouverture de centres de formations (CFA) et les généreuses aides à l'embauche de jeunes en contrats d'apprentissage ou de professionnalisation, quel que soit le niveau de diplôme préparé, ont sans doute joué un rôle de booster. Mais l'engouement des jeunes et des entreprises pour cette modalité de formation a également joué.

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Plus d'apprentis en master qu'en écoles d'ingénieurs

En écoles d'ingénieurs aussi, les effectifs en apprentissage progressent lentement (+6% sur un an). Alors qu'en licence professionnelle (+48%) et en master (+31%), le nombre d'apprentis augmente fortement depuis 2020. Ainsi, la part de jeunes qui préparent un titre ingénieur parmi ceux de l’enseignement supérieur est passée de 14% en 2018 à 8% en 2020.

Les écoles d'ingénieurs se sont converties à l'apprentissage dès 1989 quand le dispositif a été ouvert à l'enseignement supérieur par la réforme Séguin. Trente ans plus tard, plus de 25.000 élèves ingénieurs se forment en alternance chaque année.

A l'université, au niveau master, l'apprentissage a décollé plus tardivement, à partir de 2005, mais l'essor y est aussi important depuis dix ans. Si seulement 5% des étudiants préparaient leur master en apprentissage en 2020–2021, cela représente tout de même plus de 28.000 étudiants.

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Certifications professionnelles : les formations moins académiques prolifèrent

BTS, IUT, licences pros, masters, écoles de commerce, écoles d'ingénieurs… Près de 80% des étudiants effectuent leur apprentissage dans ces six grandes filières de formations classiques.

Néanmoins le nombre d'apprentis dans des formations moins académiques a triplé en deux ans passant de 26.000 en 2018 à 75.000 en 2020. Plus de 20% des apprentis du supérieur préparent désormais de nouvelles formations telles que des certifications professionnelles du ministère du Travail, des chambres des métiers ou de la santé.

"Ce pourrait être un effet d’une part de la loi de 2018, qui simplifie la création de nouveaux CFA par les entreprises et permet de proposer de nouvelles formations en apprentissage et d'autre part des aides à l'embauche mises en place depuis juillet 2020", estiment Aurélien Brouillaud et Guirane Ndao, les auteurs de la note du SIES.

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