Baromètre l'Etudiant : inquiets pour l'avenir mais confiants dans leurs choix, trois jeunes confirment les tendances

Par Stéphanie Ouezman, publié le 10 Mars 2021
7 min

Comme 74% des 2.000 jeunes de 15 à 20 ans interrogés par BVA à l’occasion de la 2e édition du baromètre de confiance de l’Etudiant, Emma, Roxane et Nizar sont sûrs d’avoir fait les bons choix d’orientation, en accord avec leurs goûts et leurs aspirations professionnelles, mais n’en demeurent pas moins inquiets concernant leur avenir comme 86% des répondants.

"J’ai bien réfléchi, mon projet est fixe, je n’ai pas d’inquiétude", avance Emma, 17 ans, en terminale au lycée Condorcet de Saint-Maur-des-Fossés (94). "Je ne suis pas inquiète, confie Roxane, 19 ans, rentrée, elle, en 1re année de licence de droit à la Sorbonne en septembre dernier. Malgré le contexte, on a quand même des cours de qualité." Nizar, 20 ans, termine son BTS Management commercial opérationnel au lycée Arago, à Paris. Il poursuivra en école de commerce ou en licence professionnelle, pour finir par décrocher un master ingénieurs d’affaires, une orientation qu’il a bien réfléchie.

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Le goût personnel comme moteur des choix d'orientation

Pour le jeune homme, qui s’est réorienté après une première année à l’université, le BTS MCO s’est trouvé être "la suite logique de [son] bac STMG en mercatique". Il fait partie des 26% de jeunes qui indiquent avoir choisi leur orientation par goût personnel pour une filière ou un métier. Et même s’il avoue des craintes pour trouver une alternance à la rentrée prochaine, il est serein sur la cohérence de son parcours.

Même chose pour Roxane, que la rigueur de cette filière et la perspective de "servir à quelque chose" ont naturellement conduite à opter pour le droit, une discipline qui "correspond à [son] caractère". Au cours de ses recherches, comme 8% des jeunes sondés seulement, elle s’est attardée sur le critère géographique, cherchant à éviter les longs trajets pour rejoindre son université.

C’est aussi d’abord en se fiant à ses goûts qu’Emma a réalisé ses choix de spécialités, comme 32% des lycéens ayant répondu au baromètre. Du moins pour l’HGGSP et les SES. Pour les mathématiques, qu’elle a abandonnées en terminale mais compensées par l’option maths complémentaire, c’est l’intuition que cela lui laisserait "un maximum de portes ouvertes". Comme elle, ils sont 43% d’élèves à avoir songé à leur poursuite d’études au moment des choix de spécialités.

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L'accès à l'information : la clé pour choisir son parcours

Une approche payante pour Emma : en formulant cette année ses vœux sur Parcoursup pour des écoles de commerce, des prépas ECG, des Sciences po et des BUT (ex-DUT) info-com, elle a constaté que les maths étaient conseillées par la majorité de ces formations. Même si elle estime avoir été bien accompagnée par ses professeurs et son entourage, la future bachelière regrette de n’avoir pas été suffisamment informée des conséquences des choix de spécialités. "Il y a eu beaucoup d’erreurs d’orientation du fait d’un manque d’information. Ce n’est pas mon cas, mais je connais beaucoup de personnes piégées par leurs choix."

Nizar, pour sa part, estime n’avoir manqué de rien pour choisir sereinement son orientation : "Je n’ai pas attendu que les informations viennent à moi, je suis allé les chercher en allant dans les écoles, sur les groupes facebook, twitter… on est une génération réseaux sociaux !" Ils sont effectivement la deuxième source principale d’information, citée par 43% des répondants au baromètre juste après la consultation de sites spécialisés (51%) et avant le recours aux conseils de la famille (42%) et des professeurs (29%).

C’est justement avec l’aide de son professeur principal que Roxane a identifié les formations en droit les plus adaptées à son niveau académique. Ensuite, elle s’est fiée à la notoriété des établissements proposés pour faire ses vœux sur Parcoursup… en y passant du temps. "On a des tutos et des réunions pour comprendre le fonctionnement de la plateforme, mais c’est assez technique et si on oublie une étape, cela a des conséquences sur notre inscription. Comme d’autres amis, j’ai passé des heures sur Parcoursup certains soirs pour être certaine de n’avoir rien oublié !"

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Passer à côté de la vie étudiante : une crainte majeure

Après avoir décroché son bac dans un contexte de crise sanitaire en 2020, Roxane est parvenue à valider son premier semestre à La Sorbonne et ne partage pas l’inquiétude de 54% des jeunes craignant une perte de valeur de leur diplôme.

En revanche, sans réelle possibilité de vie étudiante depuis la rentrée dernière, la distance finit par lui peser. "On ne peut pas rester seuls et ne faire que travailler. On a besoin d’échanger avec nos profs, nos camarades. Les relations sociales, c’est la base des études supérieures". Le sujet inquiète 36% des jeunes sondés qui pensent qu’ils ne pourront pas profiter de la vie étudiante. Par contre, 25% ne se prononcent pas. "J’espère avoir un train de vie étudiant normal, que ça revienne à la normale. Rester toute la journée chez soi me fait peur", confie Emma, qui débutera ses études supérieures à la rentrée prochaine.

Moins inquiet, Nizar a pu continuer d'aller tous les jours au lycée pour suivre son BTS. Grâce à ses camarades, il a même une solution de remplacement à son stage annulé pour cause de Covid et reste déterminé à décrocher un contrat en alternance pour intégrer la licence pro de ses rêves. Stressé, certes, mais bien accompagné !

*Ce deuxième volet du baromètre L'Etudiant-BVA-Orange sur la confiance dans l’avenir a été réalisé entre le 9 et le 22 février 2021 auprès d'un échantillon représentatif de 2.000 jeunes entre la seconde et le bac+2.

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