BTS ou DUT informatique : quelle stratégie pour accéder à une licence pro ?

Par Christèle Boisseau-Potier, publié le 21 Mai 2007
7 min

Voici les questions, et surtout les réponses, les plus fréquemment posées sur les BTS et les DUT. Inscriptions, admission, programmes, débouchés... Vous aurez toutes les clés pour choisir. Dossier extrait du guide de Christèle Boisseau-Potier, paru aux éditions l'Etudiant.

Alors même que la crise continue de toucher tous les secteurs, il en est un qui sort du lot et tire son épingle du jeu, celui de l’informatique. Le Syntec Informatique – chambre professionnelle des SSII (société de services en ingénierie informatique) et des éditeurs de logiciels, sorte de porte-parole de la profession – prévoit plus de 55.000 recrutements par an dans les prochaines années, dont 15.000 jeunes diplômés

Face à cette demande, il existe des cursus qui vous permettent d’aller aussi loin que vous le souhaitez dans le secteur. C’est le cas de 2 BTS et 2 DUT principaux qui forment à l’informatique.

Le BTS informatique et réseaux pour l’industrie et les services techniques


Le BTS informatique et réseaux pour l’industrie et les services techniques se prépare dans 105 établissements. Avec un taux de réussite en formation initiale de 77 % et de 79 % en alternance, il est très convoité. Ce sont généralement les étudiants dotés d’un profil scientifique (bac STI ou bac S) qui intègrent ce BTS.

Avec un tronc commun de français, d’anglais, de mathématiques et de physique appliquée, les étudiants qui préparent ce BTS se voient dispenser également de l’informatique industrielle, de l’économie et de la gestion des entreprises. Ce diplôme peut mener, entre autres, à la gestion et à la mise en œuvre des réseaux, mais aussi à la gestion d’entreprise et à la communication.

Le BTS informatique de gestion


Le BTS informatique de gestion, accessible en alternance, s’adresse, lui, en priorité aux bacs STG, STI, bac S et bac ES. Sa particularité réside dans le choix de 2 options : développeur d’applications et administrateur de réseaux locaux d’entreprise. Là encore, le taux de réussite mérite d’être souligné : 72 % pour l’option développeur d’applications, 71 % en alternance ; et 81 % pour l’option administrateur de réseaux locaux d’entreprise, 83 % en alternance.

La 1ère année est un tronc commun aux 2 options où vous suivez des enseignements généraux comme l’économie, le droit, l’anglais, l’expression française et les mathématiques. Des matières plus spécialisées viennent compléter votre cursus : développement d’applications informatiques et génie logiciel, architecture matérielle des systèmes informatiques, gestion d’entreprise et organisation des systèmes d’information. Un stage obligatoire de 4 à 6 semaines s’ajoute en fin de parcours.

À quels métiers forme ce BTS ? Si vous suivez l’option développeur d’applications, vous serez chargé des programmes des entreprises, très friandes de professionnels en informatique. Si vous optez pour l’option administrateur de réseaux locaux d’entreprise, vous vous dirigerez davantage vers la maintenance, l’installation et le dépannage des machines en entreprise. Ainsi pourrez-vous devenir technicien supérieur dans les activités de services, les professions industrielles et commerciales : administrateur de réseaux, gestionnaire de parc informatique, analyste-programmeur, chef de projet informatique…

Le DUT informatique


Le DUT informatique est dispensé dans 51 établissements (44 en formation initiale et 9 en alternance). Le taux de réussite avoisine 57 %. Les bacheliers entrant dans cette formation sont issus à 80 % du bac S et à 19 % du bac STI.

Le programme du DUT spécialité informatique est pluridisciplinaire. Avec plus de 300h de sciences (mathématiques, électricité, hydraulique, mécanique des structures, transfert de chaleur et de masse, thermodynamique et machines thermiques) en 1ère année, vous vous plongerez dans la technologie (connaissance du matériau, dessin langage graphique, topographie, dessin assisté par ordinateur, méthodes et planification…), les sciences et techniques ainsi que dans la communication, les langues et des cours d’expression.

En 2e année, vous entrerez plus encore dans le vif du sujet avec les mêmes matières, plus développées, où l’on vous demandera de l’investissement, de la motivation et de l’enthousiasme. On attend de vous une réelle capacité d’adaptation sur le terrain et une bonne culture générale.

Le DUT GEII


Le DUT GEII (génie électronique et informatique industrielle), quant à lui, peut se préparer dans 72 établissements (50 en formation initiale, 22 en alternance). Plus de la moitié des bacheliers qui intègrent cette formation proviennent du bac , les autres sont titulaires du bac S.

Avec une formation scientifique et de culture générale (physique, anglais, mathématiques, culture, communication…), une formation de génie électrique (fondements, électronique, électrotechnique de puissance…), vous étudierez également en première année l’informatique des systèmes industriels (informatique industrielle, synthèse logique, automatismes industriels et réseaux, électronique numérique…).

En 2e année, la formation continue de plus belle, le génie électrique et l’informatique des systèmes industriels aussi, mais accompagnée cette fois d’une formation professionnelle (connaissance de l’entreprise, automatismes industriels réseaux, projets tutorés…). La scolarité se termine par un stage d’une durée de 10 semaines.

Ce DUT acquis, vous pourrez exercer vos talents dans l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication, dans l’aéronautique et l’espace, la santé, les transports. C’est-à-dire revêtir la panoplie de l’automaticien, de l’électrotechnicien, du chef de projet, du chargé de maintenance, du responsable informatique, du technico-commercial, de l’ingénieur en génie électrique, du technicien en matériel médical… Autant de secteurs qui vous accueilleront les bras ouverts, ou presque.

Licence pro : des partenariats étroits avec les entreprises


Vous êtes environ la moitié des étudiants à vouloir arrêter vos études après l’obtention de votre BTS ou DUT et à entrer sur le marché de l’emploi, tandis que les autres préfèrent poursuivre, en licence professionnelle notamment. La licence professionnelle est née avec la mise en place du LMD (licence-maîtrise-doctorat), pour répondre à la demande des entreprises. Plus de 1.500 licences pro existaient à la rentrée 2008.

La licence pro intéresse tous les secteurs : bâtiment, hôtellerie-tourisme, production agricole et industrielle, activités culturelles et artistiques, santé… Elle se prépare en un an (découpée en 2 semestres), de façon à ce que vous obteniez un diplôme de niveau bac+3 monnayable sur le marché de l’emploi.

L’objectif de l’Éducation nationale avec ce diplôme est, clairement, d’harmoniser les cursus français avec l’ensemble des diplômes européens. De façon à ce qu’il soit plus facile, entre autres, de travailler à l’international et de faire jouer les équivalences. L’objectif premier de la licence professionnelle reste l’insertion professionnelle. Après les enseignements théoriques et les ateliers pratiques, le stage de 12 à 16 semaines et son projet tutoré closent cette formation.

Et après la licence pro ?


Vous pouvez évidemment continuer après la licence professionnelle, certaines grandes entreprises le préconisent d’ailleurs. Mais attention, chaque admission se fait au cas par cas, vous ne rentrez pas de plein droit en master avec votre licence. Car à l’entrée en master, qui a notamment pour vocation de préparer en 2 ans de futurs professionnels de terrain, une sélection s’opère.

La licence professionnelle d’informatique conduit directement à un master en informatique et, pourquoi pas pour les meilleurs d’entre vous, à un master MIAGE (méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises). Ce dernier, avouons-le, est le chouchou des recruteurs. Car, avec sa formule en apprentissage, vous bénéficiez d’une solide culture scientifique en plus d’une double compétence en informatique et en gestion des entreprises.

Sachez que, dans l’organisation LMD, l’informatique est devenue une mention à part entière des licences en sciences et technologies. Ce domaine attirant de moins en moins d’étudiants, vous pouvez être certain de faire partie de petites promotions et, du coup, de pouvoir bénéficier d’un tutorat digne de ce nom ; c’est-à-dire avec un tuteur rien que pour vous qui vous suivra tout au long de votre parcours universitaire.

Bien choisir son BTS ou son DUTPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Bien choisir son BTS ou son DUT", par Christèle Boisseau-Potier.

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