1. Ces diplômes qui mènent à l’emploi

Ces diplômes qui mènent à l’emploi

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Passer d’un diplôme de l’enseignement supérieur à un emploi, sans détour par la case chômage, et avec un salaire et des responsabilités à la hauteur de ses ambitions, c’est possible... De bac + 2 à bac + 5, ce dossier vous présente plus de 200 diplômes qui vous garantissent un emploi... ou presque.De nombreux masters situés sur des niches de spécialités ou de compétences assurent une excellente insertion. Revue de détail.

À première vue, les étudiants diplômés de l’université à bac + 5, toutes filières et tous niveaux confondus, ont des taux d’emploi plus faibles que les diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce (lire "Les grandes écoles toujours au top"). Mais à première vue seulement… Car, loin des clichés sur la "fac sans issue", l’université sait tenir ses promesses d’une insertion professionnelle réussie pour un très grand nombre de masters. Encore faut-il les débusquer... Dans le foisonnement des 2 500 masters professionnels et 1 800 masters recherche, nous avons déniché plusieurs dizaines de spécialités qui cartonnent auprès des employeurs. Une première liste de masters nous a été fournie par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance). Elle est extraite du portail du ministère de l’Éducation nationale (voir le tableau "89 masters qui affichent un taux d'emploi maximal"). En complément, nous avons interrogé une quinzaine d’observatoires universitaires de l’insertion pour vous proposer notre propre sélection, forcément partielle (voir "D’autres masters professionnalisés qui cartonnent").

En phase avec le marché…

Premier constat, au regard du marché de l’emploi, la spécialité d’un master est évidemment déterminante pour assurer une plus ou moins bonne insertion. Sans surprise, les diplômés des masters de sciences appliquées (hormis les sciences de la vie), de finance et de management sortent largement du lot. "Le dynamisme du secteur de l’informatique, des télécommunications et des nouvelles technologies profite pleinement aux diplômés des masters", note par exemple Yannick Le Long, responsable de l’Observatoire de l’université de Rouen. Même constat dans les domaines du droit, du contrôle de gestion, de la gestion de patrimoine, ou encore du management des organisations.
"Nos étudiants ne sont certes pas à l’abri d’un retournement de conjoncture, comme nous le constatons pour le marketing ou bien les ressources humaines, précise Nadine Girard, responsable de la communication de l’IAE (institut d’administration des entreprises) Lyon 3, mais pas plus que les diplômés des écoles de commerce les plus réputées".

… et les milieux professionnels

Si nombre de masters n’ont pas à rougir de la qualité de leur insertion, c’est, comme le précise Matthieu Grunfeld, directeur de l’Observatoire de Marne-la-Vallée, parce qu’ils "ne sont pas ouverts dans n’importe quelles conditions". "Chaque diplôme dispose d’un conseil de perfectionnement, avec une participation forte des professionnels du secteur concerné", précise ce responsable, qui interroge 3 500 à 4 000 diplômés par an dont les taux d’emploi à dix-huit mois varient entre 90 et… 100 % ! Ces liens tissés avec les milieux professionnels permettent d’élaborer des formations très spécialisées, à l’exemple des masters en arts et sciences de l’enregistrement, ou en économie de l’environnement, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’agriculture ou encore en sociologie appliquée au développement local. Autant de niches qui répondent à des besoins.  

Petits effectifs, grande insertion

À l’instar de ce qui se fait dans une école de commerce ou d’ingénieurs, les stages obligatoires facilitent grandement l’insertion des étudiants. Et les masters en version apprentissage n’ont pas de problème de débouchés. Même si quelques limites existent… "Si, dans le contexte actuel, les masters en informatique n’avaient qu’un seul mois de stage, ils trouveraient tout aussi facilement, note Yannick Le Long, alors que les masters en biologie, qui ont trois à quatre mois de stage, rencontrent toujours des difficultés étant donné l’état du marché".
Autre initiative inspirée des formations en écoles, l’encadrement des étudiants de master dans leur recherche d’emploi s’avère décisif. "Dès que l’on met les moyens pour s’occuper des étudiants, on s’aperçoit que la qualité de l’insertion est au rendez-vous", note Nathalie Jacob. Cette responsable de l’Observatoire de Lille 1 a pu mesurer, par exemple, que la création d’un poste dédié à l’aide aux diplômés du master aménagement ville et projet a permis de doper leur insertion. Ces soutiens sont d’autant plus efficaces qu’ils concernent des effectifs très réduits, de cinq à trente étudiants.
À ce titre, plus un master est sélectif, plus il garantit des débouchés. "Prenez les masters en psychologie, souligne Yannick Le Long. Les postes ne sont pas nombreux, mais l’accès au master est très limité. Résultat : ceux qui sont effectivement diplômés parviennent à s’insérer dans de relativement bonnes conditions sur un marché de l’emploi réputé difficile".

Des facs chouchous des recruteurs

Enfin, les recruteurs sont nombreux à afficher leur préférence pour certaines universités. Nombre d’entre elles l’ont compris, à l’exemple de Grenoble 1, Lyon 1, Rennes 1, Marne-la-Vallée, Paris 1, Paris 4-CELSA, Paris 9-Dauphine ou Valenciennes… Les titulaires d’un master se « vendent » avec le label de leur fac d’origine. Côté réputation, les IAE ont su s’imposer. "Nos filières ont une excellente réputation, note Nadine Girard, de l’IAE Lyon 3, les entreprises viennent y faire des embauches transversales, en ressources humaines, en audit… ".


Emmanuel Vaillant
Sommaire du dossier
89 masters qui affichent un taux d'emploi maximal D’autres masters professionnalisés qui cartonnent Question à Matthieu Grunfeld Les atouts des licences professionnelles Des formations courtes et efficaces Question à Romain Petiot Les grandes écoles toujours au top Question à Thierry Mageux Emplois garantis pour écoles spécialisées Question à Anne Stéfanini