Mécénat : si vous êtes un collégien doué

Par Sophie de Tarlé, publié le 13 Juillet 2011
4 min

Fondations Odon Vallet, Culture & Diversité, ­Francis-Bouygues, Euris, François-Tartier… Ces 5 institutions non gouvernementales permettent chaque année à plusieurs centaines d’élèves de suivre des études supérieures sans avoir de problème d’argent. Mais attention : il faut le plus souvent être bon élève et déposer son dossier dès la classe de terminale.

L’institut Télémaque

D’où vient l’argent ?

L’institut Télémaque a été créé en 1994 à l’initiative de Patrick Gagnaire, délégué général de l’association Solidarcité au sein de PPR, et de Serge Weinberg, président de Sanofi-Aventis. Créé en partenariat avec le Ministère de l’éducation nationale, 13 autres entreprises (Axa, Total, SFR, Schneider Electric…) ont rejoint la liste des mécènes.

Qui peut faire une demande ?

Des jeunes issus des 80 établissements partenaires, situés dans 3 régions (70 % en Ile-de-France, 20 % en Rhônes-Alpes, 10 % en Nord-Pas-de-Calais). Issus de milieux modestes, leurs parents sont pour la plupart ouvriers, employés ou sans emploi et souvent de cultures différentes. Ils résident, en majorité, dans des zones urbaines sensibles. Ils sont, au moment de leur sélection, en classe de 5e ou 4e ; ou apprentis en CAP.
 

Comment la fondation peut-elle vous aider ?

L’institut attribue au jeune un tuteur salarié d’une des entreprises partenaires. Celui-ci rencontre une première fois son filleul, sa famille ainsi que son conseiller pédagogique (en général un professeur du collège). Ensuite, le tuteur organise une sortie par mois (visite, théâtre, musée…) avec le jeune. Son rôle est de l'aider à prendre confiance en lui afin qu'il vise l’excellence, de lui donner un éclairage concret sur le monde de l’entreprise, et de contribuer à lui donner une ouverture culturelle. De plus, le jeune recevra une bourse de 1500 € par an, qui permettra de financer des activités culturelles, des voyages linguistiques, des cours…

Nombre d’étudiants aidés par an : 200

Comment s’y prendre ?

Le collégien doit en faire la demande à son principal qui transmettra le dossier à l’Institut. Il passera ensuite un entretien de motivation avant d’être sélectionné définitivement.


Contact : www.institut-telemaque.org 
 

Témoignage : Dikshana, élève en prépa scientique au lycée Jacques Decour à Paris : "Avec mon tuteur, nous échangions beaucoup par mail"
François Barbiche a fait sa scolarité dans le XVIème arrondissement de Paris, loin de l’univers de Dikshana, qui vit avec ses parents d’origine sri-lankaise à Villiers-le-Bel (Val d’Oise). Aujourd'hui responsable commercial chez Total, il est devenu le tuteur de Dikshana, alors que la fillette n’était qu’au collège. "Durant ces années, nous sommes allés à la Comédie française, visiter des châteaux, et avons beaucoup discuté", raconte François Barbiche, enthousiaste.
Dikshana a aussi beaucoup profité de cette rencontre. "Nous échangions beaucoup par mail , je lui demandais souvent conseil", dit-elle avec le sourire. Après sa troisième, une lettre de recommandation de l’Institut Télémaque assortie d’un excellent dossier scolaire permet à l’adolescente d’intégrer le lycée Henri IV à Paris. Une intégration qui ne se fait pas sans mal. "Si dans mon collège j’avais 18 de moyenne, à Henri IV, mes note ont plongé à 11, j’étais écrasée par le niveau, et mes parents étaient inquiets".
Autre difficulté, elle passe plus de deux heures par jour dans le RER. Et même si les profs d’Henri IV l’aident entre les cours, la jeune fille intègre la première S sur le fil du rasoir. Heureusement, ses efforts n'ont pas été vains, et Dikshana vient de déccrocher un bac S avec mention bien. En septembre, elle intègrera la prépa scientifique du lycée Jacques-Decour à Paris. Un parcours qui lui permettra d'intégrer dans deux ans une école d'ingénieur. Et ses parents seront enfin rassurés. 

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