1. Du lycée à la prépa, quels sont les grands changements ?

Du lycée à la prépa, quels sont les grands changements ?

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Par beaucoup d’aspects, la classe prépa s’inscrit vraiment dans la continuité de la terminale. Vous serez très encadrés dans votre travail, devrez accepter une cadence intense de travail de travail et ne pas vouloir vous spécialiser trop tôt dans une matière. Nos conseils, extraits du guide Bien choisir sa classe prépa, de Marie Bonnaud et Philippe Mandry, aux éditions l’Etudiant.

Si la prépa réussit surtout aux élèves qui aiment être bien encadrés dans leur travail et qui s'épanouissent dans une ambiance de classe, il ne faut pas non plus se tromper : le rythme de travail et les exercices demandés y sont autrement plus exigeants qu'en terminale.
Même si le choc est souvent moins grand pour des élèves qui ont fait toute leur scolarité dans un lycée qui accueille des CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles) : les professeurs parlent de la prépa dès la seconde, ce qui de fait y prépare.


Une ambiance lycée... dans le supérieur

Avec une trentaine d'heures de cours par semaine, auxquelles sil faut ajouter des heures de colles (examens oraux) et des plages réservées aux devoirs surveillés, l'emploi du temps d'un élève de prépa est très rempli. Peu de place, donc, au temps libre et aux heures creuses ! Les profs veillent à superviser très strictement le travail.

fleche-rouge Des promos de taille moyenne

En règle générale, les classes prépas comptent entre 25 et 50 élèves. Le nombre de préparationnaires est d'abord fonction de la réputation de la formation : les lycées les plus prestigieux étant bien entendu "submergés" par les bons dossiers, ils ont tendance à recruter beaucoup.
Mais la taille des promos est aussi directement liée au projet pédagogique de l'établissement. Les prépas dites "de proximité" qui se sont implantées ces dernières années dans les villes de taille moyenne parient avant tout sur de petits effectifs pour faire progresser le maximum d'élèves.

fleche-rouge Un travail strictement contrôlé

"Les classes prépas sont faites pour les élèves qui ont besoin d'être encadrés", assure le proviseur d'un grand lycée de province qui propose des classes préparatoires littéraires. Pour ce faire, l'ambiance continue à être celle d'une classe, avec des évaluations régulières et des conseils de classe tous les trimestres.


24 heures sur 24

"En prépa, l'étau se resserre sur l'élève. Surtout que chez nous ils sont internes, alors ils sont 24 heures sur 24 dedans !", reconnaît Gaëlle Périot-Bled qui enseigne le français en maths sup PT (physique-technologie) dans un établissement de la banlieue parisienne. "D'une manière générale, nous suivons de façon très précise leur évolution et organisons notamment deux rendez-vous avec les parents pendant l'année. Ce fort encadrement ne convient pas forcément aux élèves autodidactes. Par exemple, l'année dernière, j'avais un très bon élève mais il avait du mal à se plier aux contraintes de la vie en prépa, il manquait régulièrement un devoir surveillé, loupait un cours... C'était pour lui, je pense, un moyen de souffler un peu. Finalement, il a eu une bonne école, mais il aurait certainement pu avoir beaucoup mieux."

fleche-rouge Une question de caractère

Pour ceux qui rêvent d'autonomie et de temps libre, la prépa n'est peut-être pas le cursus le plus indiqué, mieux vaut préférer alors un parcours à l'université. Mais pour ceux qui ont besoin d'être encouragés pour réussir, le cadre de la classe prépa peut se révéler rassurant et tout à fait adapté.

fleche-rouge Des profs très présents

La spécificité des profs de prépa est qu'ils sont affectés à une classe. Dans la très grande majorité des cas, ils se montrent donc très impliqués, et ce, autant dans la préparation des cours que dans le suivi individuel des élèves. "Nous sommes très proches des élèves, nous leur parlons beaucoup, leur donnons nos e-mails. Il règne dans ces classes un esprit très familial. Et pour réussir en prépa, il faut aussi se sentir à l'aise dans ce type de relation nouée avec les profs", poursuit Gaëlle Périot-Bled.

fleche-rouge Esprit de corps

De son côté, l'équipe enseignante est aussi très soudée : "Avec les autres profs, on se croise beaucoup, on discute des élèves à la pause, ça ressemble fortement à l'ambiance du lycée. C'est vrai que ça change de la fac où chacun fait son cours et repart. En prépa, au contraire, il y a un vrai esprit d'équipe", complète Gaël Benabou, professeur de mathématiques.
Pour lui, cet esprit de groupe se traduit aussi par une attention particulière portée aux élèves qui se trouvent en difficulté : chaque cas est discuté pendant les conseils de classe, bien sûr, mais aussi de façon plus informelle, lors de réunions d'équipe. Le plus important étant pour les enseignants d'éviter au maximum les décrochages et de prévenir les gros coups de déprime.


Le programme reste très large

Les classes prépas sont organisées autour d'une matière phare : les mathématiques (12 heures en maths sup, option maths ou 9 heures en prépa éco, option sciences, par exemple), les sciences physiques (8 heures en maths sup, option physique) ou encore le français (5 heures en hypokhâgne lettres).
Mais à chaque fois, ces enseignements sont complétés par des cours dans d'autres disciplines, permettant d'enrichir votre culture générale. En prépa littéraire par exemple, les cours de littérature sont complétés par des cours de philosophie, d'histoire, mais aussi de géographie ou de langues.

Pour réussir dans ces classes, il importe donc d'avoir un profil assez équilibré et d'être à l'aise dans différentes matières.


Du travail... et encore du travail !

De l'avis unanime des professeurs, la vraie différence entre le lycée et la classe prépa tient dans la somme de travail exigée. "Il y a vraiment une marche de plus à franchir, assure cet enseignant qui intervient en classe préparatoire littéraire. L'élève doit comprendre que lorsqu'il a fini l'exercice demandé, il ne doit pas s'arrêter mais au contraire, essayer d'en faire toujours un peu plus." Vaste programme qui en dit long sur les attentes de ces classes : la formation repose avant tout sur le travail personnel.

fleche-rouge Acquérir des méthodes de travail

À chaque discipline ses méthodes de travail spécifiques à acquérir et ses exercices adaptés. Dans le domaine des sciences humaines et de la littérature, il faudra vous astreindre à beaucoup lire, avec un crayon à la main pour annoter et faire des fiches de lecture efficaces.

fleche-rouge Rigueur de la démonstration

Dans le domaine scientifique, vous serez amené à faire des raisonnements de plus en plus rigoureux : "C'est souvent un vrai choc pour les lycéens de TS de découvrir quelles sont réellement nos exigences en prépa scientifique, reconnaît Jean-Robert Seigne, professeur de sciences physiques en MP au lycée Clemenceau, à Nantes. Il faut qu'ils apprennent surtout à mieux maîtriser l'outil mathématiques pour que leurs démonstrations soient plus approfondies."


Apprendre à travailler pour vous

"Le plus important en prépa, c'est de comprendre qu'il faut avant tout travailler pour soi, explique Gaël Benabou, professeur de mathématiques en PT au lycée Marie-Curie de Nogent-sur-Oise. Très concrètement, cela veut dire, par exemple, que si, au lycée, l'élève peut cacher qu'il n'arrive pas à faire un exercice, en prépa, une telle attitude est contre-productive parce qu'au final, c'est lui qui sera perdant."

fleche-rouge Passer des examens au concours

Car la grande différence entre le lycée et la prépa est que, dans le premier cas, vous passez des examens – le bac étant le plus emblématique d'entre tous – alors que dans le second, c'est un concours qui est au bout du cursus.

"En terminale, l'élève doit souvent, dans les devoirs sur table, se contenter de refaire les exercices vus en cours. En prépa, la perspective change : l'élève doit apprendre à trouver une solution à un exercice qu'il n'a encore jamais fait", résume Jean-Noël Dargnies, directeur du lycée privé Sainte-Geneviève. Ce qui effectivement constitue un autre défi à relever !

fleche-rouge Développer une réflexion personnelle

"Le bon élève est celui qui comprend ce qu'on attend de lui et surtout celui qui se distingue par son engagement personnel dans ses dissertations. Il faut oser prendre position et défendre ses arguments", assure Jean-Marie Boucly, proviseur du lycée Ampère à Lyon qui propose des classes prépas économiques.

C'est l'une des clés de la réussite en classe prépa : se détacher un peu du cours et développer une réflexion personnelle. Pour ce faire, il faut multiplier les sources d'apprentissage et s'ouvrir au monde, notamment à travers la lecture quotidienne des journaux.
 

Bien choisir sa classe prépaPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Bien choisir sa classe prépa", par Marie Bonnaud et Philippe Mandry.



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