1. Esprit de compétition ou esprit d’équipe : quelle est l’ambiance en prépa ?

Esprit de compétition ou esprit d’équipe : quelle est l’ambiance en prépa ?

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Vous vous apprêtez à intégrer une classe préparatoire et appréhendez la compétition : isolera-t-elle les élèves ? Pourrez-vous nouer des liens ? Nos conseils, extraits du guide Bien choisir sa classe prépa, de Marie Bonnaud et Philippe Mandry, aux éditions l’Etudiant.

Les classes prépas sont par définition des classes de niveau. Logique qui se retrouve à la fin des deux ans, lors du classement au concours.
Mais si l'esprit de compétition est plus ou moins marqué suivant la prépa et son degré de sélectivité, partout les équipes enseignantes encouragent le travail en petits groupes. C'est une façon de nouer des liens solides avec d'autres élèves et de ne pas se retrouver trop isolé. Mais c'est aussi et surtout une façon de progresser.


Élèves de prépa, solidaires dans l'épreuve

Les professeurs préfèrent plutôt parler de "saine émulation" que de "concurrence acharnée". "La compétition, c'est en médecine ! Elle n'existe pas en CPGE... Chacun sait le niveau de l'autre et ses chances réelles de réussir tel ou tel concours. Les élèves ne se voient pas comme des concurrents», assure ce coordinateur de classes préparatoires littéraires dans un grand lycée de province.

Même dans les établissements les plus sélectifs, tout le monde s'accorde à souligner l'esprit de solidarité qui règne dans les rangs des préparationnaires. Réalité ou intox ?

fleche-rouge Tous dans la même galère

La réalité se trouve souvent au milieu : certes la compétition existe bel et bien, mais tous les élèves partagent un même état, celui d'avoir été recrutés dans une classe où la somme de travail réclamée est très importante et les exigences des professeurs très élevées.
Chacun sait pourquoi il est là, ou presque : "Ils partagent le sentiment d'être tous dans la même galère. La perspective de décrocher une école au bout du parcours permet d'envisager un peu plus sereinement cette période de travail intense. Nos élèves ont accès à un forum où des anciens témoignent de leur nouvelle vie au sein de telle ou telle école d'ingénieurs.

C'est important pour eux de pouvoir se projeter dans le futur. Surtout quand le rythme de travail devient très intensif !", assure cette professeur de lettres qui intervient dans une maths sup de province. "Dans l'ensemble, il règne dans ces classes un esprit de compétition mêlée de camaraderie", résume-t-elle.


Au bout du parcours, la classe étoile...

Mais il n'empêche, la première année reste sélective. Ce qui encourage certains enseignants à entretenir la compétition entre les élèves en rendant, par exemple, le paquet de copies dans l'ordre des notes ou en proférant en public des remarques humiliantes en direction des élèves les plus faibles.
Quelles que soient la méthode et l'ambiance qui règnent dans la prépa, les élèves sont toujours évalués en fonction des autres...
Ce qui peut parfois être très déstabilisant, surtout pour un ancien très bon élève de terminale.

fleche-rouge Classe de niveau

Très vite, dès la première année, les élèves sont classés et cet ordre est plus ou moins accepté par tous (élèves et professeurs).
Dans les prépas scientifiques, la classe est grosso modo séparée en trois groupes : ceux qui pourront poursuivre en classe étoile (et qui ont une chance d'intégrer les écoles les plus sélectives), ceux qui se contenteront des concours plus accessibles, et enfin ceux qui seront obligés de se réorienter vers l'université, en fin de première année.

"Chaque année, je constate que l'ambiance de classe est bonne. Elle est faite de beaucoup de solidarité entre les élèves même si, en Sup, certains ont tendance à se positionner vers la classe étoile de Spé dès le début de l'année, lorsque cela se passe bien en maths et en physique. La réussite aux concours est davantage liée à une progression individuelle qu'à un classement en tête de classe", explique Jean-Robert Seigne, professeur de physique en MP (maths-physique) au lycée Clemenceau à Nantes, un établissement de province très sélectif.

fleche-rouge Des places pour tout le monde ?

"Quand on a été le meilleur de sa classe depuis le CP, c'est difficile de se retrouver dans le dernier tiers. Et pourtant, dans le cadre d'un concours, le dernier a autant de chances d'intégrer que le premier... Simplement, ce ne sera pas forcément le même type d'école", assure ce proviseur d'un lycée qui propose des classes prépas scientifiques.
Car la règle se confirme dans ces filières : "Il y a de la place pour tous les élèves de prépas scientifiques ! Beaucoup de nos élèves, par exemple, entrent au concours des Arts et Métiers qui n'est pas trop sélectif", explique Gaël Benabou, professeur de mathématiques dans une prépa PT (physique-technologie) dans un lycée de la banlieue parisienne.

Dans les prépas littéraires, les débouchés sont moins évidents, même s'ils se sont ouverts ces dernières années, avec notamment des places à prendre dans des écoles de management, des IEP de province ou au CELSA (école de journalisme et de communication).
À l'exception notable de quelques prépas parisiennes qui trient leurs élèves sur le volet et visent des taux d'intégration record dans les grandes écoles, la pression est souvent moins forte dans les prépas de province. Dans beaucoup d'établissements, seuls les quelques éléments jugés "intégrables" bénéficient d'un entraînement intensif, les autres se positionnent très vite sur des objectifs plus "abordables" (écoles ou université) et sont moins contraints à la réussite.


Les vertus du travail en groupe

Le travail en groupe est important non seulement pour travailler mieux et de façon plus efficace, mais aussi pour éviter de se retrouver seul à déprimer devant l'ampleur de la tâche : "Pour arriver à bien s'intégrer, il faut se lier avec d'autres élèves et partager les mêmes questions, voire les mêmes angoisses ! Notre crainte, c'est l'élève isolé tout seul dans sa chambre en ville", assure cet enseignant qui intervient en prépa depuis plus de vingt-cinq ans.

fleche-rouge Les différences de niveau peuvent être fructueuses

Les professeurs encouragent souvent les élèves de prépas scientifiques à travailler en binôme. L'avantage tient au fait que chacun des élèves ne comprenant généralement pas les mêmes parties de l'exercice, la mise en commun des lacunes et des acquis leur permet souvent d'avancer collectivement.
"Même pour celui qui est plus faible, c'est un bon exercice d'essayer de faire comprendre aux autres. En prépa comme ailleurs, il n'y a pas d'exercice plus formateur que d'expliquer aux autres", assure ce professeur de maths.

Dans certains établissements, comme au lycée privé Sainte-Geneviève (Versailles) qui affiche de très bons résultats aux concours les plus sélectifs, la mise en place de groupes de niveau est même obligatoire : "Nous encourageons nos élèves à organiser de petits groupes constitués d'un élève situé en tête, d'un autre au milieu et enfin d'un dernier en queue de classe. L'objectif est de forger un esprit collectif et d'encourager les échanges", explique Jean-Noël Dargnies, le directeur.

Dans les matières littéraires, il est aussi conseillé de travailler en petits groupes de trois ou quatre, notamment pour les matières qui demandent d'acquérir beaucoup de connaissances comme l'histoire.
Pour que le travail en commun soit vraiment fructueux, il est conseillé, outre l'échange de fiches thématiques (sur un événement, un livre, etc.), la mise en place de débats. Ces discussions peuvent porter sur les cours ou un point du programme, mais aussi sur des lectures personnelles, des films... Il faut profiter de toutes les occasions pour apprendre à débattre, à argumenter et à défendre un point de vue.

fleche-rouge Intégrer les professeurs dans la boucle !

D'une manière générale, même dans les prépas les plus sélectives, les enseignants sont très souvent soucieux de la réussite de leurs élèves. Il faut en profiter et ne pas hésiter à leur demander des conseils pour mieux travailler.

Dans de nombreuses classes prépas, les équipes enseignantes ont même mis en place un site Internet collaboratif. À l'image de ce qui se passe dans les classes du lycée Henri-IV : "Le site que nous avons mis en place s'est révélé être un outil très utile pour les élèves qui y postent des fiches, des comptes rendus de lectures..., mais aussi pour les profs qui mettent en ligne des conseils de méthode et de lecture", explique Marie-Anne Charbonnier. Ce professeur estime d'ailleurs que, souvent, "le travail collectif a l'avantage de dédramatiser le travail qui est demandé".



Bien choisir sa classe prépaPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Bien choisir sa classe prépa", par Marie Bonnaud et Philippe Mandry.



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