1. Admission en hypokhâgne : les clés de la candidature réussie de Sébastien
Témoignage

Admission en hypokhâgne : les clés de la candidature réussie de Sébastien

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Sébastien avait placé Louis-le-Grand en premier vœu, mais il a accepté la proposition du lycée Chaptal. // © Lycée Louis-le-Grand
Sébastien avait placé Louis-le-Grand en premier vœu, mais il a accepté la proposition du lycée Chaptal. // © Lycée Louis-le-Grand

En posant sa candidature en prépa littéraire au lycée Chaptal, à Paris, Sébastien, qui préparait alors le bac L, voulait d’abord voir ce qu’il valait vraiment. Retour sur ce qui a joué en sa faveur dans son dossier.

Sébastien, 18 ans, a mis du temps à se décider à postuler en CPGE, "mais plus par manque de recherches que par hésitation. Je me suis rapidement rendu compte que je ne me voyais pas ailleurs." Il a été admis en prépa lettres supérieures au lycée Chaptal, à Paris, après avoir décroché la mention bien au bac série L, spécialité mathématiques, au lycée Saint-Aspais, à Melun (77).

Ce qui l'a séduit dans ce type de formation ? "La richesse de l'enseignement proposé et la difficulté, car j'avais envie de me tester et voir ce que je valais vraiment", explique le jeune homme.

LA CANDIDATURE DE SÉBASTIEN

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L'ANALYSE DE SON DOSSIER

La prépa lettres supérieures au lycée Chaptal

Moins de 6,5 % d'admis

Environ 800 candidatures parviennent chaque année au lycée via Admission-postbac.fr, pour l'entrée en prépa littéraire. Le lycée Chaptal compte une seule classe d'hypokhâgne, et deux classes de khâgne. Ce sont donc 50 candidats qui seront admis en première année, soit un taux d'admission de 6,25 %. "Il y a toujours un peu de déperdition", souligne Isabelle Mimouni, enseignante en lettres depuis 2003 dans l'établissement. Au final, la classe compte 45 élèves cette année.

Depuis que la procédure a été informatisée, le processus de sélection est plus rapide. "Cela simplifie quand même les choses, on a accès aux dossiers informatiques des candidats via APB", observe Isabelle Mimouni, membre de la commission de huit professeurs qui examine les candidatures.

Une réunion préalable permet de préciser les critères sur lesquels les enseignants vont sélectionner ou écarter un dossier. "Nous regardons notamment la série du baccalauréat, si l'élève a suivi des options qui montrent qu'il a un certain potentiel – latin ou autre –, et surtout, nous sommes attentifs à toutes les appréciations." Notez qu'il n'est pas pénalisant de n'avoir jamais fait de latin : "On peut commencer grand débutant en prépa."

"Toutes les appréciations négatives sont en général rédhibitoires"

Certains établissements se contentent de classer les candidats en fonction de leur moyenne générale. Pas au lycée Chaptal : les professeurs scrutent les annotations des professeurs sur les bulletins de 1re et de terminale. C'est d'ailleurs un critère essentiel : "Les remarques sur l'absentéisme, le bavardage... toutes les appréciations négatives, en fait, sont en général rédhibitoires", affirme l'enseignante en lettres.

Sur les 50 candidats retenus par la commission en mai 2014, 100 % ont décroché une mention au bac : 25 la mention "très bien", 20 la mention "bien", et 5 "assez bien". Côté séries, les littéraires sont – sans surprise – largement représentés avec 30 élèves, les autres étant issus de S ou de ES en proportions équivalentes.

Le commentaire de Sébastien

"Je n'avais pas des notes extraordinaires"

"J'ai fait mes choix de lycées en me basant sur les classements des classes prépas, notamment le palmarès de l'Etudiant, et par rapport à la localisation dans Paris, car j'habite toujours à Melun (77) et je n'avais pas envie de rentrer à 22 heures tous les soirs", justifie Sébastien. Sur APB, il a sélectionné 4 classes préparatoires, mais aussi 2 licences dans son académie de Créteil, l'une en lettres, l'autre en philosophie, "pour avoir un point de chute si jamais je n'étais pas pris en CPGE".

Pour l'ordre de ses vœux en CPGE, le jeune homme a suivi les résultats des prépas aux concours aux grandes écoles. "J'ai classé en tête Louis-le-Grand et Henri-IV ; j'avais beaucoup moins de chances d'être pris, mais je me suis dit que sur un malentendu... ! s'esclaffe-t-il. Puis j'ai mis Chaptal et Fénelon." Viser haut n'empêche pas d'être pragmatique : "En faisant mes choix, je suis resté lucide par rapport à mon niveau, je savais bien que j'avais plus de chances d'être pris à Chaptal qu'à Louis-le-Grand ou Henri-IV, sans dénigrer Chaptal, qui est une très bonne prépa, mais un peu moins cotée donc moins demandée que les deux autres."

Même s'il habite à Melun, Sébastien n'a pas dédoublé ses vœux de CPGE en cochant l'option internat : "Je voulais conserver un lien avec chez moi." Un choix à double tranchant : s'il évite ainsi la coupure avec le giron familial dont beaucoup d'élèves souffrent en venant étudier à Paris, il accumule la fatigue avec ses deux heures et demie quotidiennes passées dans les transports en commun.

Dès la première phase d'admission d'APB, Sébastien a eu une proposition du lycée Chaptal, qu'il a immédiatement acceptée. "Le proviseur de mon lycée était assez confiant sur mes choix, c'est d'ailleurs ce qu'il avait mis sur mon bulletin en appréciation générale. Mes professeurs allaient dans ce sens-là aussi." Pourtant, il n'était pas parmi les meilleurs de son lycée. "Je n'avais pas de notes extraordinaires, mais de très bonnes appréciations. Je pense que ce qui intéresse les CPGE, ce ne sont pas les élèves qui étaient à leur maximum au lycée, mais les élèves qui ont du potentiel et encore des choses à donner."

L'avis du jury

"Même s'il n'était pas excellent en 1re et terminale, il n'avait de lacunes dans aucune discipline"

"Sébastien a eu d'excellentes notes aux épreuves anticipées du bac : 18 à l'écrit en français-littérature et 16 à l'oral, 15 en sciences et 15 aux TPE (travaux personnels encadrés), une note à laquelle on est attentif", relève Isabelle Mimouni. L'esprit de groupe, l'investissement de l'élève dans la classe sont fortement appréciés, comme le confirme Sébastien : "Il y a beaucoup d'entraide à Chaptal, on a une page Facebook où on peut demander à récupérer des cours qu'on a ratés. Chacun sait qu'en prépa, on ne pourra pas réussir tout seul, il y a forcément un jour où on sera absent, où on n'aura pas compris..."

Ces qualités sont nécessaires, mais il faut aussi assurer un minimum côté notes. "En 1re et terminale, Sébastien n'a pas des moyennes extraordinaires dans toutes les matières, mais il n'a pas non plus de lacunes dans une discipline" analyse le professeur.

Pour entrer en CPGE, mieux vaut être moyen-bon mais régulier partout, plutôt qu'excellent dans certaines matières et très mauvais dans d'autres : "Les admis aux prépas littéraires ont vraiment des profils de sciences humaines, il faut être assidu dans toutes ces matières. Pour les bac S, on regarde les notes de maths-physique : on ne prendra pas un élève qui a des résultats catastrophiques dans ces matières."

Autre critère de sélection très important : l'avis du proviseur. "Quand il est réservé ou mitigé, le dossier est immédiatement écarté, reconnaît Isabelle Mimouni. Dans les bulletins de Sébastien, le chef d'établissement a souligné ses ‘capacités certaines pour réussir les filières postbac de son choix’ : cela joue évidemment en sa faveur."

Sébastien n'a pas rédigé de lettre de motivation. "À Chaptal, on n'en demande pas, parce que dans la majorité des cas, elles sont tellement malhabiles, aussi bien dans la formulation que dans ce que les élèves évoquent dans la lettre, que cela les dessert." Seules les situations particulières justifient l'envoi d'une lettre de motivation : "Par exemple, nous avons une élève qui a suivi sa scolarité aux États-Unis, elle a tout intérêt à expliquer son parcours." Autre cas : les candidats qui postulent à bac+1 par APB : "Nous prenons toujours quelques élèves qui ont un profil un peu atypique. Là aussi, il faut joindre une lettre de motivation pour clarifier son parcours." Dans tous les autres cas, le dossier parle de lui-même.

Une journée en prépa littéraire à Chaptal
Envie de savoir ce qui vous attend si vous intégrez une prépa littéraire à Chaptal ? Deux anciens élèves du lycée (sortis en 2012 et 2013) ont réalisé un film pour donner envie aux jeunes de suivre leurs traces. Le résumé en cinq minutes de leur (presque) vraie vie en prépa.

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Admission en classe prépa : 6 candidatures passées au crible

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Réussir sa candidature pour entrer en filière sélective", par Séverine Maestri.

 

Pour aller plus loin : 5 clichés sur la prépa : on y croit ou pas ? / Palmarès : le classement 2019 des prépas / Premiers mois en prépa : comment résister à la pression / À quoi doit-on s'attendre en prépa ? / Comment choisir la prépa qui me convient ?

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