Prépas de proximité : un bon tremplin à domicile

Par Jessica Gourdon, publié le 12 Janvier 2012
4 min

Des prépas adaptées à chaque profil et menant aux mêmes écoles que les CPGE plus “classiques”, cela existe. Découvrez à travers les témoignages d’élèves et d’enseignants ces prépas pas comme les autres – de proximité, en partenariat avec la fac, pour les bacs techno, les bacs pro… – où la pression est moins forte et la réussite au rendez-vous.

Il n’y a pas que les grands lycées… Les “petites” prépas ont aussi leurs atouts. Reportage dans la prépa littéraire de Saint-Quentin, en Picardie.

Du début à la fin, aucun élève n’aura prononcé un seul mot en français. Au menu de ce cours d’anglais du jeudi, destiné aux hypokhâgneux du lycée Henri-Martin de Saint-Quentin (02), lecture et commentaire de nouvelles fantastiques écrites par les élèves, à la manière de “Dracula” ou de “Jack l’Éventreur”.

Chacun donne son avis sur les textes des uns et des autres, et la professeure a même prévu des cadeaux – des places de théâtre – pour les meilleurs textes, catégories “narration”, “création d’atmosphère” ou “meilleur suspens”. Les élèves sont applaudis par leurs camarades. L’ambiance est studieuse et conviviale, loin de la pression des prépas parisiennes.

Prépa littéraire - lycée Henri-Martin de Saint-QUentin (02)
Cours d'anglais au lycée Henri-Martin de Saint-Quentin. Ambiance studieuse mais conviviale dans cette prépa littéraire qui compte moins de 30 élèves en hypokhâgne.

Même programme mais pression moindre


“Je croyais que la prépa, ce n’était que pour les têtes de classe. Je m’attendais à quelque chose d’horrible. En fait, il suffit juste de s’organiser”, témoigne Laure qui tournait à 12 de moyenne en terminale ES. En plus des 30 heures de cours par semaine, Arnaud estime travailler 3 ou 4 heures chaque soir. “Mais le week-end, je me repose. Je m’y remets doucement le dimanche soir”, explique-t-il. Il a même eu le temps, cette année, dans le cadre de son option cinéma, de réaliser un moyen-métrage et de monter une pièce de théâtre.

“La différence entre les prépas des grands lycées et la nôtre, c’est que nous prenons un peu plus notre temps et que la pression sur le concours est moins forte”, explique Guy-Roger Meitinger, proviseur du lycée, qui s’empresse d’ajouter : “Petite prépa ne signifie pas prépa au rabais. Nos professeurs sont aussi qualifiés que ceux des meilleures prépas et le programme est le même.”

Des conditions de travail royales


Les prépas de proximité présentent un autre atout : elles offrent d’excellentes conditions de travail. Au lycée Henri-Martin, on compte moins de 30 élèves en hypokhâgne, de quoi faire pâlir d’envie les étudiants de fac tassés dans leur amphi. Dans certains cours optionnels, comme en cinéma, les élèves ont classe à 8, et l’année dernière en musique, le professeur ne faisait cours qu’à un seul élève !

“On est très proches des profs et c’est un climat détendu”, assure Louison. D’autant plus que les notes ne sont pas aussi dévastatrices que dans les lycées parisiens. “Je m’adapte au niveau de la classe, et je n’hésite pas à mettre 14 aux meilleures copies”, indique Pascal Caglar, professeur de lettres. Après leur passage, les élèves sont nombreux à rester en contact avec leurs anciens professeurs, qui les conseillent sur leurs lectures ou relisent leur mémoire d’études.

Autre avantage : Henri-Martin propose un internat. De quoi limiter largement le coût des études, notamment pour ceux qui viennent de la région parisienne, et éviter de perdre du temps dans les transports.

Reste que tous ces atouts ne suffisent pas et que ces classes restent peu connues. Chaque année, la prépa Henri-Martin dénombre une dizaine de places vacantes. Peut-être parce que, depuis sa création, en 1995, elle n’a jamais réussi à faire entrer un étudiant dans une ENS (école normale supérieure).

Adapté à tous les projets


La plupart des élèves ne sont toutefois pas là pour ça. “Je n’ai jamais ciblé l’ENS. La prépa, c’est une manière de développer ma culture générale et de me donner deux ans pour savoir ce que j’ai envie de faire”, estime Zoé, en deuxième année.

Journalisme, aménagement du territoire, histoire de l’art, cinéma, traduction…, les élèves mûrissent leur projet. Si quelques-uns veulent intégrer un IEP (institut d’études politiques), la plupart poursuivent à la fac, par le jeu des équivalences. Avec des bases solides qui les placent d’emblée parmi les meilleurs étudiants. Sophie, passée par la prépa Henri-Martin et à présent en master lettres à Lille 3, confirme : “Ma licence, je l’ai eue les mains dans les poches.”

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