1. En prépa, dois-je m’attendre obligatoirement à une chute des notes ?

En prépa, dois-je m’attendre obligatoirement à une chute des notes ?

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Vous allez intégrer une classe préparatoire : si vos notes risquent d’être inférieures à celles auxquelles vous étiez habitués, relativisez… et soyez attentifs aux remarques des enseignants. Nos conseils, extraits du guide Bien choisir sa classe prépa, de Marie Bonnaud et Philippe Mandry, aux éditions l’Etudiant.


C'est la hantise de tous les bons élèves : voir brutalement chuter leurs bons résultats de terminale et être obligés d'encaisser les remarques désagréables de professeurs ironisant sur la faiblesse de leur niveau...
Ce sombre tableau a quelque chose de vrai : l'entrée en prépa se traduit effectivement très souvent par une baisse des notes.

Mais il ne faut pas dramatiser pour autant : il s'agit surtout d'apprendre à décrypter ce que veulent dire ces résultats. Quant aux professeurs, ils ont évolué : si certains anciens pouvaient se montrer brutaux, la nouvelle génération est, en règle générale, beaucoup plus attentive aux élèves (et à leur moral).

Une mauvaise note n'est rien en soi
 

Un 4 sur 20 en français ou en maths est toujours très difficile à encaisser la première fois, comme la suivante. Surtout quand en terminale, la moyenne tournait autour de 15 ! Mais pas de panique, vous serez tous logés à la même enseigne. Il faut d'abord et avant tout apprendre à RE-LA-TI-VI-SER.

fleche-rouge Une note parmi d'autres

Alors qu'au lycée, vous êtes habitués à recevoir peu de notes – trois ou quatre au maximum par semestre – en prépa, vous allez être continuellement évalués. "Tous les mercredis, il y a un devoir surveillé de quatre heures dans une discipline différente, sans compter les devoirs à la maison qui sont très réguliers. Il faut reconnaître qu'en prépa, les élèves sont extrêmement sollicités", reconnaît cette professeur de lettres qui enseigne dans une prépa scientifique.
Une mauvaise note doit donc être interprétée en rapport avec l'ensemble des évaluations qui se succèdent toute l'année.

fleche-rouge Votre position par rapport à de la classe

Si la chute des notes est inévitable, il faut néanmoins très vite prendre assez de recul pour pouvoir l'interpréter au mieux. Retenez bien qu'en prépa, une mauvaise note en soi ne veut rien dire. Ce qui importe avant tout, c'est votre position dans l'ensemble de la classe. "Il faut se préparer à cette nouvelle façon d'être noté et se mettre dans l'esprit du concours. La note reflète un classement à un moment donné", explique cet enseignant. Autrement dit, la note n'a qu'une valeur interne à la classe : elle fixe votre niveau par rapport à celui de vos camarades.

fleche-rouge Un seul objectif : le concours

"Quand l'élève reçoit un 4 sur 20 en devoir surveillé, il doit se dire : "j'ai réalisé peu de chose par rapport à ce qui était demandé. Mon objectif est d'en réaliser un peu plus la prochaine fois". Même si c'est difficile, il doit comprendre que la note n'est qu'un constat. Ce qui importe, c'est la progression», explique Jean-Robert Seigne, professeur de physique en classe préparatoire.

Si les notes sont faibles au début, cela peut être pris, paradoxalement, comme un signe positif : il existe une marge de progression ! "Au départ, les notes sont faibles, car l'élève n'a pas d'expérience. Tout notre travail va être de l'aider à s'améliorer, en lui donnant des méthodes de travail et en lui apportant du contenu", complète cet enseignant qui intervient, lui, en classe préparatoire littéraire.

Au concours, objectif final de la prépa, seul comptera, de toute façon, le rang d'arrivée. "Le plus important quand on entre en CPGE (Classe préparatoire aux grandes écoles), c'est d'être motivé. Il faut s'accrocher et faire attention à ne pas être trop velléitaire. Il faut réussir à passer au-dessus des mauvaises notes du début", conclut Jean-Noël Dargnies, directeur du lycée privé Sainte-Geneviève.


Comment interpréter les remarques des enseignants ?

Les anciens élèves de prépa aiment souvent évoquer sur le ton du souvenir mi-amer, mi-amusé, tel prof qui avait l'habitude de rendre les copies en proférant des remarques personnelles humiliantes ou tel autre qui prenait un malin plaisir à piéger les élèves les plus faibles. Ces pratiques ont existé et existent certainement toujours. Mais il ne faut pas pour autant assombrir le tableau.

Les enseignants d'aujourd'hui sont généralement beaucoup plus attentifs que leurs prédécesseurs aux élèves et à leurs éventuelles baisses de moral. La plupart d'entre eux sont d'autant plus à l'écoute qu'ils ne sont responsables et titulaires que d'une classe. Ils ont donc vraiment le temps de s'impliquer.

fleche-rouge De la compréhension plus que de l'humiliation

"Les équipes enseignantes se sont rajeunies. Ce n'est plus l'apprentissage à coups de trique et d'humiliations. De toute façon, l'humiliation, ça sert simplement à trier les plus forts psychologiquement... mais pas forcément les élèves les plus brillants. Au contraire, dans notre établissement, nous nous estimons exigeants tout en conservant une attitude très compréhensive. Nous nous considérons comme des répétiteurs : nous donnons aux élèves des méthodes de travail et les entraînons jusqu'à ce qu'ils maîtrisent l'essentiel. Même si cette méthode ne convient pas forcément à tout le monde, elle est très efficace pour apprendre", témoigne Mathieu Meyrignac, enseignant en classes préparatoires au lycée Carnot, à Dijon.

fleche-rouge Suivi trimestriel des résultats

Dans certains établissements, comme au lycée Ampère de Lyon, qui propose des classes prépas économiques, les équipes enseignantes ont même mis en place un suivi trimestriel (sur le modèle de ce qui existe dans le secondaire) pour remarquer plus facilement les éventuels décrochages : "Faire le point tous les trois mois plutôt que tous les six mois, comme à l'université par exemple, cela nous permet d'être plus attentifs et de voir l'évolution des résultats", explique Jean-Marie Boucly, proviseur du lycée.

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À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Bien choisir sa classe prépa", par Marie Bonnaud et Philippe Mandry.

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