1. Mohamed, en DIMA : "Cela ne sert à rien que je joue maintenant et que je galère après"

Mohamed, en DIMA : "Cela ne sert à rien que je joue maintenant et que je galère après"

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Vos résultats scolaires au collège ne sont pas suffisants pour poursuivre des études dans la voie générale ? Vous avez déjà un projet professionnel ? Vous souhaitez en construire un après la 4e ? Une alternative à la classe de 3e ordinaire de collège s’offre à vous : la 3e prépa pro (ex-3e DP6).

Mohamed, 17 ans, préapprenti en DIMA au CFA des métiers de la gastronomie à Paris 19e, a mis ses pas dans ceux d’Abdesselem, 3e meilleur apprenti de France.

























Après la 3e, Mohamed devait aller en CAP, "mais on m’a mis en DIMA et c’est une chance, parce que j’ai une année de plus pour découvrir le monde de l’entreprise", explique le préapprenti. Arrivé d’Algérie à l'âge de 13 ans, Mohamed entre en 5e. Il s’imagine alors pilote ou mécanicien dans l’aéronautique, mais ses résultats ne suivent pas. Son père lui conseille alors de s’intéresser à la pâtisserie. Un conseil qui fait mouche. En fin de 5e, Mohamed effectue un stage en boulangerie-pâtisserie près de chez lui. "Mon père connaissait le boucher, qui connaissait le boulanger", résume-t-il.


Le rôle important du père


En 4e, c’est la chute. Sa moyenne générale passe sous la barre des 10. "Je ne travaillais pas et je faisais un peu le bazar, comme tout le monde. Je me laissais entraîner", estime le jeune homme. L’année suivante, en 3e, Mohamed se réveille, grâce à son père, une fois encore. "Il m’a appris beaucoup de choses et surtout qu’il fallait regarder le futur. Cela ne sert à rien que je joue maintenant et que je galère après." En fin d’année, le garçon trouve un autre stage en boulangerie-pâtisserie et décide de devenir pâtissier.

Le 3e meilleur apprenti de France : un modèle


"Il faut avoir un but. Ne pas en avoir, c’est comme être dans la voiture sans savoir où aller", juge Mohamed. Aujourd’hui, le jeune homme affiche clairement son objectif. Il est bien déterminé à marcher dans les pas d’Abdesellem, qui vient de décrocher la place de 3e meilleur apprenti de France et est aujourd’hui en mention complémentaire pâtisserie, après être aussi passé par le préapprentissage. "C’est mon modèle. Comme moi, il est arrivé d’Algérie à 13 ans, compare Mohamed. Et je me dis que je ne vois pas pourquoi lui y arriverait et pas moi."

Pas si simple de trouver un patron pour Mohamed


Mohamed travaille désormais une semaine sur 2 dans le 6e arrondissement de Paris, "chez un patron parfait, qui m’apprend ce qu’il faut faire, sans crier, et aime partager son métier". Le jeune homme avait commencé à chercher un patron cinq mois avant sa rentrée au CFA. Une démarche complexe. "Je me souviens d’une dame, au téléphone, qui m’avait donné rendez-vous pour un entretien le samedi, avant de savoir comment je m’appelais. Quand je lui ai dit, elle m’a répondu de venir plutôt le lundi. Ce jour-là, le rideau de la pâtisserie était baissé", raconte Mohamed.

Futur golden boy de la pâtisserie


Depuis ce jour, devenir l’un des meilleurs sonne un peu comme une revanche pour le préapprenti. Avec son niveau 3e, Mohamed est le meilleur élève. Lorsqu’il s’ennuie un peu en classe, il se rêve en golden boy de la pâtisserie, gérant un important business, comme son autre modèle, Christophe Michalak, champion du monde de pâtisserie. D’ici là, le préapprenti prévoit de décrocher son CAP, puis d’enchaîner avec une mention complémentaire en pâtisserie. "Et si vous revenez dans 3 ans, assure-t-il vous me trouverez parmi les meilleurs apprentis de France."



Sommaire du dossier
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