Christelle, 25 ans, élève conservateur à l'ENSSIB

Par Propos recueillis par Céline Manceau, publié le 25 Juin 2012
4 min

Leur objectif : travailler dans la fonction publique comme conservateur, magistrat, ou encore inspecteur des impôts. Des métiers qui imposent de réussir des concours, puis de se former, sous le statut d’élèves fonctionnaires, dans des écoles tels que Normale Sup, les IRA, l’INP, l’ENM… Sept lauréats racontent leur parcours et livrent les clés pour suivre ces études rémunérées avec emploi garanti à la sortie.

“Si j’ai pu réussir le concours de l’ENSSIB,
c’est grâce à l’IUT et à la prépa”

Au cours d’une visite à la BNF (Bibliothèque nationale de France), Christelle a le déclic : elle veut devenir conservateur. Elle se réoriente alors pour préparer le concours qui lui permettra de rentrer à l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques.
 


Son parcours

“Je suis originaire de La Réunion où j’ai passé un bac L et décroché une licence de lettres modernes. Je me suis ensuite inscrite à la Sorbonne afin d’obtenir une maîtrise de littérature comparée et, au cours d’une visite organisée à la BNF [Bibliothèque nationale de France], je me suis découvert une passion pour le patrimoine. J’ai donc voulu devenir conservateur.

J’ai décroché, en un an, un DUT [diplôme universitaire de technologie] métiers du livre, spécialité bibliothèque, médiathèque, patrimoine à Bordeaux [33]. Puis, l’année suivante, je me suis inscrite dans un CFCB [centre de formation aux carrières des bibliothèques] pour préparer le concours. Je n’ai pas été admise au concours de la fonction publique d’État. En revanche, j’ai réussi celui de la fonction publique territoriale. En janvier dernier, j’ai commencé ma formation à l’ENSSIB [École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques], à Villeurbanne [69].”
 
Christelle, élève conervateur à l'ENSSIB - 2012
Pour décrocher le concours de conservateur selon Christelle, “il faut absolument travailler sa culture générale et ne pas négliger les langues”.
 


Le concours

“C’est énormément de stress et de tension. Surtout les oraux, au nombre de 3 dans une même journée, devant un jury de 8 personnes. La connaissance du métier est essentielle pour réussir. Pas question de dire qu’on veut faire ce métier parce qu’on aime lire. Un autre piège du concours consiste à ne pas définir un conservateur avant tout comme un gestionnaire.

Si j’ai pu m’en sortir, c’est grâce à l’IUT [institut universitaire de technologie], qui m’a donné une culture professionnelle, et à la prépa, où j’ai appris à rédiger, en rendant une note de synthèse et une dissertation par semaine.”
 


Sa formation

“Nous sommes 69 dans la promo, issus d’horizons très divers. Les cours à l’ENSSIB portent sur le fonctionnement des bibliothèques. Je me rends aussi, de temps à autre, à l’INET [Institut national des études territoriales], à Strasbourg [67], pour des enseignements en gestion, en management… La formation théorique va durer un an. Elle sera suivie d’un ou de plusieurs stages d’une durée totale de 6 mois. Je serai diplômée de l’ENSSIB en juin 2013. J’ai également fait le choix de suivre, en parallèle, un master politique des bibliothèques et de la documentation.

En tant que fonctionnaire territoriale, je devrai ensuite contacter les collectivités territoriales pour trouver un poste. Dans l’idéal, j’aimerais travailler en Île-de-France, pour encadrer un service ou en tant que directrice adjointe, puis diriger, dans quelques années, une bibliothèque municipale ou départementale.”
Sa rémunération nette pendant la formation : 1.580 € par mois.


Son conseil

“Il faut absolument travailler sa culture générale pour devenir conservateur. Et ne pas négliger les langues vivantes ou mortes. L’année de préparation du concours, toutes les connaissances déjà acquises ne seront plus à réviser. Suivre des stages dans des bibliothèques est essentiel aussi pour démystifier les idées reçues : voir ce qu’il se passe derrière la porte quand les bibliothèques sont fermées au public et découvrir les métiers des fonctionnaires de toutes catégories. Enfin, les qualités requises pour faire ce métier sont l’ouverture d’esprit, la rigueur, l’organisation, le tact et la diplomatie.”
 

 

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