Thibaut 23 ans, élève normalien à l’ENS Ulm

Par Propos recueillis par Céline Manceau, publié le 25 Juin 2012
4 min

Leur objectif : travailler dans la fonction publique comme conservateur, magistrat, ou encore inspecteur des impôts. Des métiers qui imposent de réussir des concours, puis de se former, sous le statut d’élèves fonctionnaires, dans des écoles tels que Normale Sup, les IRA, l’INP, l’ENM… Sept lauréats racontent leur parcours et livrent les clés pour suivre ces études rémunérées avec emploi garanti à la sortie.

“Il faut relativiser tout ce qu’on peut entendre sur la prépa et le concours d’entrée à l’ENS”

Entrer dans une grande école de la fonction publique sans renoncer à intégrer une Business School réputée, c’est le pari réussi par Thibaut, admis après sa prépa à la fois à l’ENS de la rue d’Ulm et à l’ESSEC. Son but : trouver un emploi conciliant recherche appliquée et management.

 
Thibaut, élève à l'ENS Ulm - 2012


Son parcours

Après mon bac L, à Marcq-en-Barœul [59], je suis parti en prépa A/L option lettres classiques au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Deux ans plus tard, j’ai réussi à la fois le concours de l’ENS [École normale supérieure] de la rue d’Ulm et celui de l’ESSEC [École supérieure des sciences économiques et commerciales] à Cergy-Pontoise [95].

J’aimais beaucoup le latin et le grec, ainsi que la philo, j’ai donc gelé pendant un an mon admission à l’ESSEC pour intégrer Normale sup, en L3 de philo. Par le biais des cours d’ouverture, j’ai découvert les sciences cognitives. De là est née l’envie de me consacrer à ce domaine. Comme j’avais décidé au final de ne pas passer les concours de l’enseignement, j’ai voulu m’ouvrir au monde de l’entreprise et connaître la vie associative des étudiants d’une école de commerce. J’ai sollicité et obtenu auprès de Normale sup et de l’ESSEC la possibilité de suivre les 2 cursus. Une première ! Aujourd’hui, ces deux établissements viennent de signer un accord de double diplôme.”
 


Le concours

“Je me suis concentré pendant la prépa sur les disciplines qui me plaisaient le plus et où j’obtenais les meilleurs résultats : le latin et le grec. Il me semblait moins aléatoire d’avoir une bonne note avec une version qu’avec une dissertation de philo. Le concours comporte de toute façon une part de chance. Si les écrits sont accessibles à tous ceux qui ont bien travaillé, à l’oral, cela peut dépendre du sujet tiré au sort. On peut être brillant et, hélas, échouer.” (Voir aussi notre palmarès des prépas première sup A/L pour viser ENS Ulm.)
 


Sa formation

“À Normale sup, on choisit ses cours parmi un tas d’enseignements à la carte. C’est très intéressant intellectuellement, et stimulant après 2 années de prépa où on ne se pose pas trop de questions sur ce qu’on a envie d’apprendre et de faire plus tard. Certains élèves décident de n’avoir que 15 heures de cours par semaine, d’autres plus de 40 ! Un tuteur nous conseille et nous suit, mais on gère son temps comme on veut. On a d’ailleurs la possibilité de prendre 2 années de césure sur les quatre ans d’études.

Après ma première année à l’ENS, je suis parti un an à l’ESSEC, où le rythme est plus intense. À la rentrée 2011, je suis retourné à Normale sup, en master 1 de sciences cognitives, tout en restant très présent sur le campus de l’ESSEC puisque j’ai été élu président du Foy’s (foyer des élèves). L’an prochain, j’étudierai de nouveau à l’ESSEC pour un semestre de cours suivi de 6 mois de stage. En 2015, je serai diplômé des 2 écoles, avec 2 masters en poche. J’aimerais alors trouver un emploi conciliant recherche appliquée et management.”
Sa rémunération nette pendant la formation : 1.300 € par mois.


Son conseil

Si on veut intégrer une ENS, il faut relativiser tout ce qu’on peut entendre sur la prépa et le concours d’entrée dans cette école. À Louis-le-Grand, je me suis totalement épanoui. L’ambiance était à l’entraide et à la concurrence, saine. J’ai aussi pu apprécier la vie étudiante dans le quartier Latin, avec ses cinémas, ses théâtres, les soirées entre amis. Pourtant, quand j’étais en terminale, mes professeurs me déconseillaient d’y aller, pensant que les élèves étaient tous des surdoués, constamment plongés dans leurs livres.”


 

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