Enseignant stagiaire : "Tout le monde marche d’un même pas"

Par Oriane Raffin, publié le 12 Mars 2021
5 min

ÉPISODE 3. Sam, professeur d’histoire-géographie stagiaire dans l’académie de Grenoble (38), a fait sa première rentrée en septembre. Depuis le début de l’année, il a réussi à prendre ses marques, même si le contexte sanitaire reste pesant...

Ca y est, le cap de la mi-année est franchi. Sam, enseignant-stagiaire en collège, que l’Etudiant suit pendant cette période exigeante pour les jeunes professeurs, se sent de plus en plus à l’aise dans sa pratique. "J’ai passé les visites formatrices réalisées par nos tuteurs ou nos inspecteurs. Tout s’est bien passé, cela enlève un poids !", confie le jeune homme de 28 ans.

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Organisation et adaptation en progression !

"On prend confiance en soi". Au fil des mois, il a gagné en organisation et a moins besoin que ses cours soient cadrés dans les moindres détails. "Je rentre plus dans la co-construction avec les élèves, je fonctionne davantage au feeling : c’est intéressant !" Chez ses élèves, il a noté une réelle progression également – parallèle à la sienne. Les habitudes de travail mutuel se sont ancrées chez chacun.

Même dans le cadre de sa formation à l’Inspé, sa posture a évolué : "On est dans la confirmation de notre pratique, les rapports changent. Pour nos formateurs, nous sommes des collègues !", se félicite le jeune enseignant. Pourtant, Covid oblige, ses formations à lui sont toujours à distance.

Une pandémie qui impacte au quotidien son collège : "Les projets que nous menons sont limités à l’échelle de l’établissement. Avec le Covid, on ne peut rien faire de plus…" déplore-t-il. Le protocole sanitaire exigeant et plus globalement les incertitudes sur un éventuel reconfinement sont "pesants" pour le jeune homme. "Un coup on pense qu’on va confiner… un coup non… Et à titre personnel, c’est complexe. Difficile à vivre que de n’avoir que le boulot et la maison", explique-t-il.

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Protocole sanitaire : "les élèves jouent bien le jeu"

Dans son établissement, les élèves sont à 100% en présentiel, avec des salles réservées à chaque classe, des tables attitrées, une circulation stricte, des procédures précises comme une désinfection des mains régulière… Sam aère sa salle deux fois par heure.

"L’établissement n’a pas trop été touché car tout est strict et les élèves jouent bien le jeu. C’est lourd pour tout le monde, mais on sent que tout le monde marche d’un même pas. Il faut le faire, alors on le fait." Du côté des élèves, la fatigue est davantage palpable, malgré leur forte capacité d’adaptation. "On ressent plus d’agitation, plus tôt dans l’année."

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Le distantiel toujours à l'esprit

L’éventualité de mettre en place des cours à distance reste présente dans les esprits. "J’avais commencé à monter mes structures de cours pour être prêt à faire du distanciel au besoin, explique Sam, mais j’ai arrêté de prévoir. En revanche je sais qu’il ne me suffirait que d’une semaine pour me mettre à jour".

Face à cette possibilité, il reste serein : "La base du métier c’est l’adaptation ! On ne peut pas laisser les élèves déscolarisés." Et finalement, avec une prépa au concours l’année passée en semi-distanciel et une formation à l’Inspé à 100% en distanciel, il dispose déjà d’un regard sur ce type d’enseignement. "Je vis le côté passif de l’apprentissage, donc j’ai déjà des idées pour dynamiser les séquences, avec des thématiques sympa. Et je pourrais m’appuyer sur l’expérience de mes collègues".

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Le mémoire et l'oral de titularisation à préparer

Malgré ces incertitudes, l’année scolaire suit son cours, avec les premières réflexions sur l’orientation pour les élèves de quatrième. S’il n’est pas professeur principal, donc pas responsable directement de ce sujet, Sam l’aborde quand même avec des petits jeux de rôles autour de métiers, en lien avec ses cours. Lui, de son côté, doit encore terminer son mémoire et attend de savoir quand aura lieu son oral de titularisation. Il sait en revanche déjà qu’il devra quitter l’académie de Grenoble l’an prochain : il n’a obtenu que son deuxième vœu : celle de Lyon.

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