Fonction publique : les annonces de Macron pour favoriser la diversité

Par Éléonore de Vaumas, publié le 12 Février 2021
6 min

Lors d’un déplacement à l’IRA (Institut régional d’administration) de Nantes, le 11 février 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé l’ouverture d’ici la rentrée 2021 de deux nouvelles prépas Talents dans chaque région, et la mise en place d’un concours dédié pour favoriser la diversité sociale dans la fonction publique.

Seulement 1% des élèves avait un père ouvrier à l’ENA (École nationale de l’administration) en 2019, alors qu’en 2006 ils étaient 6%. Manque de soutien moral et financier, méconnaissance des dispositifs d’accompagnement, autocensure… les freins pour accéder à une formation de l’encadrement supérieur de l’Etat sont encore nombreux.

L’enjeu ? Permettre à tous les "talents quel que soit l’endroit où ils résident et leur milieu social" de se lancer dans une carrière de la haute fonction publique. Un souhait que le président de la République, Emmanuel Macron, a exprimé jeudi 11 février 2021 lors d’un déplacement à l’IRA (Institut régional de l’administration) de Nantes.

"Je suis convaincu que décloisonner la société, c’est un moyen d’innover. Et pour cela, il faut commencer très tôt à accompagner, mais aussi lever toutes les autocensures et les freins financiers qui conduisent les jeunes à renoncer à une vocation pour le service public", a-t-il dit à l’issue d’un échange avec les élèves nantais de la CPI (classe préparatoire intégrée), avant d’annoncer une série de mesures.

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1.700 places en prépas Talents à la rentrée 2021

Dès la rentrée 2021, les CPI, rebaptisées prépas Talents, accueilleront 1.000 élèves supplémentaires, soit 1.700 jeunes au total. Qui pourra y prétendre ? Des étudiants boursiers de l’enseignement supérieur, désireux de présenter les concours donnant accès aux postes d’encadrement de la fonction publique. Les candidats seront sélectionnés sous conditions de ressources et de mérite, sur la base d’un dossier et d’un entretien tenant compte de leur parcours et de leur motivation.

Ces classes préparatoires seront présentes sur l’ensemble du territoire, intégrées soit à des écoles de service public, soit à des IEP (instituts d’études politiques) ou à des CPAG (Centre de préparation à l’administration générale) ou encore des IPAG (Institut de préparation à l’administration générale), au nombre de deux par région. La liste des nouvelles prépas Talents du service public sera publiée au mois d’avril 2021 par le ministère de la Transformation et de la Fonction publique.

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Une préparation axée sur la pratique

Au programme de ces prépas : des enseignements professionnalisants (mises en situation, méthodologie des épreuves, cas pratiques, etc.) et des enseignements académiques (droit, économie, finances publiques, langue, etc.). Chaque étudiant bénéficiera également d’un tutorat renforcé animé par un réseau de fonctionnaires en poste ou stagiaires des écoles du service public. "Avoir un accompagnement personnalisé avec un référent, se sentir écouté, encadré, ça fait vraiment la différence", témoigne Charlotte Leroy, 26 ans, élève de la CPI de l’IRA, présente lors du déplacement du président français.

Chaque étudiant inscrit en prépa Talents pourra bénéficier d’une bourse d’un montant de 4.000 euros, soit le double de l’actuelle allocation pour la diversité dans la fonction publique. Il pourra également prétendre à un soutien pour le logement ou la restauration. Un soutien qui a permis à Lilian Cailleau, 23 ans, de se concentrer sur ces études : "Je suis petit-fils d’agriculteur et j’ai eu la chance de toucher des aides pendant ma prépa à l’IRA. Sans cela, j’aurais dû faire une croix sur une carrière dans la haute fonction publique", reconnaît celui qui va rejoindre le MEFR (ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance) le 1er mars prochain.

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10 à 15 % places supplémentaires au concours

À l’issue de cette prépa, les élèves pourront bénéficier d’une nouvelle voie d’accès à six concours de la fonction publique : l’ENA (École nationale d’administration), administrateur territorial à l’Inet (Institut national des études territoriales), directeur d’hôpital et D3S (directeur des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux) à l’EHESP (École des hautes études en santé publique), commissaire de police à l’ENSP (École nationale supérieure de la police) et directeur des services pénitentiaires à l’ENAP (École nationale de l’administration pénitentiaire).

Le nombre de places réservées à ce nouveau concours s’élève à 10 à 15% en plus du contingent des lauréats aux concours externes (ouverts aux candidats diplômés de l’enseignement supérieur), soit six places pour le concours de l’ENA ou cinq places pour le concours de commissaire de police par exemple. Les candidats passeront les mêmes épreuves et seront évalués par le même jury que ceux des concours externes. De quoi permettre à de nouvelles vocations de se lancer !

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