Première rentrée de prof : "Les premières semaines, j’étais rincé après chaque heure de cours !"

Par Oriane Raffin, publié le 30 Octobre 2020
5 min

ÉPISODE 2. Sam, 28 ans, est un tout jeune professeur d’histoire-géographie qui a fait sa première rentrée à Grenoble (38) en septembre. Retour sur ses premières impressions d'une rentrée marquée par la crise sanitaire et la mort d'un collègue enseignant à Conflans-Sainte-Honorine (78), Samuel Paty, assassiné à la sortie de son collège à la veille des vacances de la Toussaint.

"Pour l’instant, ça se passe très bien, mais c’est très, très fatiguant". Alors qu’il débutait ses premières vacances de la Toussaint, Sam, enseignant en histoire et géographie dans un collège de l’académie de Grenoble (38), a fait le point pour l'Etudiant sur ses 6 premières semaines de prof.

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Une rentrée fatigante mais une vie de classe agréable

"Les trois premières semaines, j’étais rincé à chaque heure de cours, j’avais l’impression d’avoir fait un marathon !" s’amuse-t-il. Présence dans l’établissement de 8h à 17h, préparation des cours, implication au conseil d’administration du collège, cours suivis à l’Inspé, 15 heures de route par semaine pour les trajets… le jeune professeur énumère sa rentrée chargée. Même s’il avait anticipé en préparant une partie de ses cours en amont. "C’est de la bonne fatigue, physique. Mais quand je rentrais, je m’endormais à 21h30 d’épuisement !"

Heureusement, rapidement, il a pris le pli : "Là, ça devient une routine, confie le jeune homme. J’arrive à calibrer mes cours, je suis davantage dans le plaisant et je tisse des relations avec les élèves". De ce point de vue là, il se sent à l’aise. "J’ai tendance à être bienveillant. On a posé des règles en commun, qu’on a discutées ensemble pour qu’ils comprennent leur pertinence", explique Sam, qui trouve ses élèves plutôt faciles à vivre.

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Reprendre les habitudes scolaires après le confinement

Il a cependant fallu faire un point sur le niveau post-confinement. Et quelques adaptations. "Les collègues de l’an dernier ont fait un très bon travail. Tous les chapitres ont été traités. Un seul élève, qui arrive de région parisienne, n’avait pas fini le programme".

La difficulté réside davantage dans la reprise d’habitudes scolaires : "On sent notamment qu’il est difficile de se remettre à écrire, à rester concentrés", note Sam, qui a, en conséquence, mis l’accent sur ces compétences. Il n’hésite pas à adapter son enseignement ou à réaliser de la différenciation pédagogique, c’est à dire proposer des parcours différents aux élèves, en fonction de leur niveau d’autonomie.

Enrichir sa pratique et préparer de nouveaux projets

Sam, de son côté, continue à s’appuyer sur ses deux tuteurs, enseignants dans l’établissement, ainsi que sur les enseignants de l’Inspé, pour bâtir sa pratique. "On a eu des cours de conduite de classe, on est très épaulés par nos pairs. C’est vraiment du concret." Un encadrement indispensable. "C’est super rassurant et vraiment bienveillant. Je peux montrer mes séquences de cours à mes tuteurs, ils prennent du temps, me conseillent", explique-t-il.

Et le jeune prof s’inspire aussi du travail de ses collègues, en assistant à des cours d’autres enseignants. De sa matière ou non. Il a par exemple suivi un cours d’anglais niveau 6e.

Pour la suite de l’année, outre son mémoire pour l’Inspé, Sam réfléchit à des projets pluridisciplinaires, avec la CPE de son établissement et les enseignants de musique et d’arts plastiques, entre autres. Notamment une semaine de l’égalité hommes/femmes. Et pourquoi pas inscrire ses élèves à un concours de cartographie ? D’ici là, prochaine nouveauté pour lui : la première réunion parents-profs, dès la rentrée. "Je ne suis pas inquiet, mais pas super serein non plus…", confie-t-il.

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