Conçu avec des étudiants, le plan "France 2030" souhaite investir dans les "talents"

Par Amélie Petitdemange, publié le 13 Octobre 2021
5 min

Le plan d’investissement "France 2030", annoncé par Emmanuel Macron ce mardi 12 octobre 2021, a été rédigé en concertation avec des étudiants. Il vise à développer la compétitivité industrielle du pays tout en limitant les émissions de carbone. Ce plan prévoit aussi un investissement de 2,5 milliards d'euros dans "des formations de pointe".

Le président de la République, Emmanuel Macron, a présenté ce mardi 12 octobre 2021 le plan "France 2030". Cet investissement de 30 milliards d’euros sur cinq ans vise à développer la compétitivité industrielle de la France.

Les dix objectifs du plan d’investissement, détaillés à l’Élysée par le chef de l'État, sont le fruit d’une concertation avec des étudiants et des professionnels des domaines concernés (aéronautique, écologie…).

Manon, en master 2 Agroalimentaire à l’école d’ingénieurs Agrocampus Ouest, a participé à cette concertation. Elle est la première à prendre la parole lors de la présentation du plan de relance, devant le président de la République et un parterre de ministres.

Soutenir les jeunes agriculteurs

"L’État doit être présent pour soutenir les innovations des jeunes agriculteurs", scande la jeune femme. Pour elle, il est aussi essentiel de former les collégiens, lycéens et étudiants aux enjeux environnementaux.

Manon a été sélectionnée pour participer à cette présentation, avec trois autres étudiants ingénieurs d’Agrocampus et un étudiant en BTS dans un lycée agricole, lors d’un débat mené le 4 octobre. À l’occasion de ce débat, une vingtaine d’étudiants ont échangé sur leur vision de l’agriculture en 2030. "Nous avons réfléchi à l’avenir de l’agroalimentaire, aux fermes du futur… et le compte rendu de ce débat a été transmis au ministère de l’Agriculture", raconte-t-elle. Selon elle, des points cruciaux pour les étudiants sont pris en compte dans le plan "France 2030" : manger mieux et plus local, robotiser l’agriculture, ou encore limiter les émissions carbone.

"Nous avons été écoutés, c’est important que les étudiants donnent leur point de vue. J’aimerais qu’on réalise plus de débats de ce genre avec les ministères associés à nos écoles", souligne Manon qui apprécie aussi l’investissement prévu dans l'enseignement supérieur. "Il ne faut pas nous laisser de côté, nous sommes la génération qui va travailler dans quelques années."

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Sous-investissement dans l’enseignement

Mais, face à un accroissement constant du nombre d’étudiants, l’investissement ne suit pas ces dernières années. Si le budget est légèrement en hausse, il ne compense pas l'augmentation significative du nombre d'étudiants dans le supérieur. Résultat : la dépense par étudiant est en baisse de 7% depuis 2017, selon des données compilées par l'économiste Lucas Chancel.

Emmanuel Macron reconnaît en effet un "sous-investissement" dans l’enseignement. Il affirme désormais sa volonté "d’investir dans la création de nouvelles filières et l'apprentissage pour moins dépenser dans l'assurance-chômage et la réparation des destins".

Un investissement de 2,5 milliards d'euros pour "les talents"

Le plan "France 2030" prévoit par conséquent "un investissement massif de 2,5 milliards pour nos talents", a annoncé Emmanuel Macron et ce afin d'"accélérer la formation sur des nouvelles filières" et "accélérer la formation dans des secteurs de pointe". En lien avec les universités, les écoles et les organismes de recherche, le président veut se doter "d’une stratégie à dix ans de prévision des besoins, de définition de nouvelles filières et de concentration des moyens sur ces filières".

Pour le chef de l’État, cet investissement dans l'enseignement supérieur est "une composante clé pour tenir les dix objectifs" du plan "France 2030".

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