Contre le FN, ils ont fait le déplacement : "Il va y avoir du mouvement dans les universités !"

Par Catherine de Coppet, publié le 24 Avril 2017
4 min

Lundi 24 avril 2017, plusieurs organisations, dont des syndicats étudiants et lycéens, ont appelé à se rassembler dans plusieurs villes de France pour "faire barrage au Front national", au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle. Reportage place de la République, à Paris.

Il y a ceux qui sont venus par hasard, ceux qui ont vu l'appel sur les réseaux sociaux, ceux qui militent. Parmi les quelque 200 personnes présentes ce lundi 24 avril 2017, place de la République, à Paris, on recense une bonne moitié de jeunes. Et ils ne mâchent pas leurs mots... "C'est le ras-le-cul, la colère, la peur et l'envie de faire quelque chose plutôt que d'assister depuis chez soi à ce qui se passe", explique Arezki, 21 ans, venue avec Ziyed, 23 ans.
Quelques mètres plus loin, Annaëlle, 17 ans, étudiante en arts, est venue par hasard : "Quand j'ai vu qu'il y avait un rassemblement anti-FN, je suis restée. J'aurais voulu aller voter pour éviter que Marine Le Pen soit au second tour. Pour moi, le FN, c'est le rejet !"
Malgré ce constat partagé, l'ambiance et la foule ne sont pas au rendez-vous. Au micro, les représentants des organisations ayant appelé au rassemblement se succèdent, parmi lesquelles des syndicats lycéens (la FIDL, l'UNL) et étudiants (l'UNEF, la FAGE) ou encore SOS Racisme. Les discours sont brefs, et peinent à susciter un fort enthousiasme chez les personnes présentes. Ce n'est pas la résignation, mais la phrase "on s'y attendait", qui revient dans les discussions, donne le ton.

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Mobilisation sur le terrain annoncée

"La FAGE tient à souligner que le Front national n'est pas dans le spectre des partis républicains, et portent des valeurs contraires aux nôtres. On peut être indigné, mais il ne faut pas se résigner, d'où notre appel à faire barrage au second tour, explique Jimmy Losfeld, président de la première organisation étudiante de France. Il y a peu de monde ce soir, mais la FAGE se mobilise actuellement dans ses fédérations, sur le terrain. Il va y avoir du mouvement dans les universités !" "Le FN n'est pas le premier parti chez les jeunes, c'est rassurant. Néanmoins, les résultats d'hier font peur", indique Maxime, membre du bureau de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France. Ce soir, ce sont les prémices des mobilisations à venir, dimanche et le 1er mai."
Dans toutes les bouches, c'est la banalisation des idées et du vote Front national qui est dénoncé. "Ces résultats sont affolants, on doit rappeler que ce parti est anti-républicain, xénophobe, homophobe et sexiste, qu'il prône la haine", lance Clara Jaboulay, présidente de l'UNL (Union nationale lycéenne), venue d'Aix-en-Provence. Beaucoup de lycéens ne votent pas, c'est une frustration ! Mais beaucoup n'ont pas envie de vivre dans un pays dirigé par ce parti sectaire !"

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"Les jeunes Français ne votent pas tous FN"

Même son de cloche chez ce groupe de quatre étudiants, déçus face à la faible mobilisation, mais qui ne regrettent pas d'avoir fait le déplacement. "On voulait montrer que c'est grave que ce parti soit au second tour, que les jeunes Français ne votent pas tous Front national ! On est super triste du résultat, mais pas dégoûté du vote", explique Anna, 23 ans. "On a l'impression que la population n'a plus conscience de la dangerosité des idées du FN or, pour nous, elles sont synonymes de catastrophe", renchérit Clémence, 21 ans.
Déçus du quinquennat Hollande, ils sont aussi "déçus à fond" de l'attitude de Jean-Luc Mélenchon, qui n'a pas appelé à voter contre la candidate frontiste. Un sentiment partagé aussi par Louise et Pauline, 16 et 15 ans, venues soutenir le rassemblement. "C'était hyper décevant ! Le Pen exploite la peur des gens, il faut empêcher qu'elle passe !"

Pour Clara Jaboulay, de l'UNL, la situation n'est pourtant pas si simple : "Beaucoup de jeunes ont manifesté l'année dernière contre la loi travail et la loi Macron. C'est compréhensible que certains n'aient pas envie de voter "contre" en mettant leurs convictions au placard... Mais le Front national, s'il est élu, ne répondra pas aux aspirations des déçus de la politique. C'est un leurre !" Arezki, elle, n'ira pas voter le 7 mai. "Pour moi, on ne pourra rien changer par les urnes, c'est dans la rue que tout doit se jouer." L'enjeu de cet entre-deux-tours, pour ces militants, sera de ce faire entendre.

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