1. Des étudiants kidnappent le cofondateur du Gorafi

Des étudiants kidnappent le cofondateur du Gorafi

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Sébastien Liebus, cofondateur du Gorafi, a été retenu le 6 novembre 2014 par les étudiants de Sup'Internet. Dans un amphi surchauffé, il a subi une heure trente d'interrogatoire, durant lequel les jeunes l'ont mitraillé de questions sur son site d'actualité parodique. Un passage aux aveux sur sa sucess story… dans une bonne humeur complice.

Sébastien Liebus, cofondateur du Gorafi, devant les étudiants de Sup'Internet. // © Delphine Dauvergne

Sébastien Liebus avoue aux étudiants de Sup'Internet que le Gorafi reçoit environ 4 millions de visites par mois. // © Delphine Dauvergne.

"Quand j’ai commencé à écrire le Gorafi, c’était pour me faire rire moi, je ne m’attendais pas à ce que 500.000 personnes cliquent derrière !", se souvient Sébastien Liebus, cofondateur du site d’information parodique. Modeste, il réalise à peine son succès. Pour la première fois, cet auteur a accepté, le 6 novembre 2014, de sortir de l'ombre pour se confier à 150 étudiants de l'École supérieure des métiers de l'Internet, lors d'une master class [une sucess story racontée par un intervenant extérieur, NDLR].

Les questions fusent sans interruption dans l’amphithéâtre, bondé. En tee-shirt, jeans, baskets, Sébastien Liebus répond décontracté, avec beaucoup de gestuelle. Pourquoi tant de secret autour des auteurs du Gorafi ? "Quand les gens lisent le Gorafi, ils s’en foutent que ce soit de tel auteur. On ne veut pas que la popularité du rédacteur devienne plus importante que l’article. De plus les articles sont parfois écrits à plusieurs", répond le cofondateur.

Des conseils pour les futurs entrepreneurs

"J’avais l’impression qu’il y avait une cinquantaine de personnes derrière le Gorafi, mais en réalité, il n’y en a qu’une dizaine et ils n’ont même pas de locaux !", s’étonne Wendy, 23 ans. En dernière année de web design, avec un projet de fin d’études qui peut donner lieu à la création d’une start-up, elle a pris bonne note du conseil de Sébastien : “se lancer tout de suite quand on a une idée”.

Pour Lucas, 22 ans, en première année de Bachelor business, c’est “l’expérience de la création de la société, avec les démarches à effectuer, déposer un brevet, s’entourer d’un avocat…” qui ont rendu cet échange avec Sébastien utile.

Dans une humeur bon enfant, l’auteur affirme : “On essaie de ne rien s’interdire, la satire est une arme”. Et d’évoquer un article avec seulement écrit "Nadine Morano", pour dénoncer la surmédiatisation de l'ancienne ministre. “Cet article a été très très dur à écrire, je me souviens, c’était chaud !”, plaisante-t-il.

L’un de leurs meilleurs articles restera “Fort Boyard : un candidat oublié dans la cellule d’une épreuve retrouvé sept ans plus tard”, qui a réussi à comptabiliser deux millions de visites en une seule journée. La moitié de ce que le site reçoit par mois, en grande partie grâce aux partages sur les réseaux sociaux.

“Je me prédestine à devenir community manager… et j’ai appris qu’ils n’en avaient pas encore dans leur équipe…”, ambitionne Paul avec le sourire. En dernière année de la section web marketing, il concède que "tout savoir sur le Gorafi lui enlève un peu de sa magie". Un mythe viral dévoilé, mais avec pour but d’inspirer les étudiants. "Techniquement, l’imagination n’a pas de limites", incite Sébastien Liebus.