Antoine, futur conservateur du patrimoine : "J'organise mes vacances en fonction des musées"

Par Séverine Mermilliod, publié le 19 Septembre 2021
4 min

Vivre au milieu des œuvres d'art, c'est le rêve d'Antoine, 23 ans, qui se destine à être conservateur de musée. Pour les journées du patrimoine, cet étudiant à l’École du Louvre, à Paris, livre quelques conseils pour accéder à ce métier très sélectif.

"L'histoire de l'art m'a toujours passionné", résume Antoine, 23 ans, qui étudie à l’École du Louvre depuis quatre ans dans le but de devenir conservateur du patrimoine. Après un bac Sciences de l'ingénieur, il se tourne vers la fac d'histoire.

En deuxième année, il entend pour la première fois parler de l’École du Louvre : "Avoir cours dans les musées était très tentant et tous les professionnels que je rencontrais en sortaient", se souvient-il. Cette école publique réputée forme aux métiers du patrimoine (conservation, restauration), de la médiation (guide-conférencier) ou du marché de l'art. Elle est accessible sur concours après le bac et jusqu'au cycle doctoral.

Les musées, essentiels à la formation

"Dès le départ, je savais que je voulais être conservateur", confie l'étudiant, qui avait déjà travaillé deux étés comme guide dans un château. "La formation est très enrichissante car on a une vision globale de l'histoire de l'art. Quand je suis entré, j'adorais par-dessus tout la Renaissance italienne. Aujourd'hui, je suis plus art hollandais du XVIIe, que je connaissais très peu avant."

Outre les cours de tronc commun et de spécialité, les étudiants ont des enseignements devant les œuvres dans des musées, "ce qui forge le regard", estime le jeune homme. Un atout pour passer le concours de conservateur, très sélectif, organisé par l'Institut national du patrimoine (INP) pour le compte de l’État. Il est possible de le passer dès bac+3, après une licence d'histoire de l'art ou d'archéologie par exemple. L'INP, l’École du Louvre, le Centre national des arts et métiers et quelques universités parisiennes proposent des classes prépas dédiées.

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Antoine, grand passionné de l'histoire de l'art, vit au rythme des musées et leurs expositions.
Antoine, grand passionné de l'histoire de l'art, vit au rythme des musées et leurs expositions. // © Photo fournie par le témoin

Les aspirants conservateurs doivent "faire toutes les expos possibles dans un maximum de musées, lire énormément, être curieux", conseille-t-il. "J'organise mes vacances en fonction des musées. Le concours est tellement dur qu'il faut vraiment vivre l'histoire de l'art."

Les stages ont aussi toute leur importance. "Le mieux est d'avoir fait un stage dans un grand musée, un musée territorial, et en monument historique", précise Antoine. Lui-même a eu la chance de faire un stage pour l'exposition Léonard de Vinci au Louvre. "J'assistais pour la préparation de l'exposition (rédaction du catalogue, cartels explicatifs) et j'accompagnais le conservateur dans ses missions, pour les accrochages, ou si une œuvre était en restauration…"

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Un concours pour peu d'élus

Par la suite stagiaire au Centre des monuments nationaux, le féru d’art découvre aussi la gestion administrative, les budgets et les chantiers pour voir comment avancent des travaux. "Mon rêve absolu, c'est le Louvre, au département des peintures", ambitionne l'étudiant.

Seuls quelques postes de conservateurs sont accessibles à l'issue du concours de l'INP. S'il fait partie des heureux élus, Antoine sera alors élève-conservateur, pendant deux années de formation rémunérée.

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