Covid-19 : comment les écoles d'art s'organisent

Par Séverine Maestri, publié le 23 Septembre 2020
3 min

Dans la perspective d’un maintien des distanciations sociales, comment s'organisent les formations pour l’année à venir ?

L'enseignement à distance pose la question de la transmission des savoir-être et des savoir-faire, si importants dans le domaine artistique. Comment envisager un cours de modélisme à distance, imaginer un cours de dessin avec modèle en visio, ou un cours de danse qui ne soit pas en présentiel ?

Un retour à l'école sous des conditions scrictes

Toutes les formations s’accordent sur la poursuite des cours hybrides déjà mis en place pendant le confinement : une partie de la classe est sur site et l’autre partie connectée, permettant ainsi d’assurer 90% des cours. À la Villa Arson à Nice (06), le directeur, Sylvain Lizon, affirme : "Les ateliers de production étant petits, des protocoles ont été écrits avec les enseignants et les responsables d’ateliers. Par exemple : pas plus de deux élèves dans un petit atelier avec une faible aération et avec des masques. Un atelier de 80 m2 bien ventilé pourra compter jusqu’à 10 étudiants, toujours avec des masques".

Pierre-Marie-Quéré, directeur administratif et financier du Pôle national supérieur de danse (PNSD) de Cannes-Mougins (06), a continué sur les mêmes règles mises en place après le déconfinement : "Nous avons limité le nombre de danseurs présents à un danseur pour dix mètres et faisons un gros travail de désinfection des barres, des pianos et des sols entre chaque groupe. Des sens de circulation ont été instaurés dans les couloirs et des rotations organisées dans les vestiaires."

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Se préparer à tous les scénarios

Les formations tentent d’envisager une année "des plus normales possibles", sans confinement, mais se préparent néanmoins à tous les cas de figure. Sylvain Lizon de la Villa Arson estime : "En restant dans les conditions de juillet 2020, ce sera faisable, mais il ne faudrait pas que nous soyons reconfinés ou que la distance imposée entre chaque élève passe à 4 ou 5 mètres". À Esmod, Christine Walter Bonini imagine faire des défilés numériques.

L'espoir d'un cercle vertueux qui privilégie au maximum le présentiel

Si les conditions exceptionnelles du confinement ont rendu les élèves plus autonomes et créatifs, tous souhaitent, comme le confie Sabine Garrigues, directrice académique des Gobelins, qu’on ne les dépossède pas trop de leur formation : "Ce qu’on retient à la maison n’est pas identique à l’appropriation d’un enseignement à l’école. Ce qui est nécessaire, c'est un accompagnement à l'enseignement à distance pour tous : équipes et élèves".

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