Le DMA (diplôme des métiers d’art) : absorbé par le DNMADE, un cursus en voie de disparition

Par Clémentine Rigot, publié le 29 Août 2022
4 min

Préparé en deux ans, le diplôme des métiers d’art, se fait de plus en plus rare. Si la grande majorité des écoles ont fait le choix de le remplacer par le DNMADE, qui a progressivement absorbé les anciennes MANAA et les BTS, d’autres établissements résistent encore.

Pour trouver l’un des derniers DMA (diplôme des métiers d'art) de France, il faut se rendre dans les Vosges, au lycée Jean-Baptiste Vuillaume, qui propose, au sein de son école nationale de lutherie, l’un des ultimes cursus existants. Parcoursup confirme : il ne reste aujourd’hui que trois diplômes de ce type pour former aux métiers d’art et d’artisanat d’art, les deux autres étant des parcours en art de l’habitat, l’un à la SEPR Lyon et l’autre en lycée polyvalent à Surgères.

Le DMA pour "perpétuer un savoir-faire ancien"

Alors à qui s’adresse cette formation qui se raréfie ? A ceux qui veulent "perpétuer un savoir-faire ancien", explique Valérie Beausert Leick, proviseure du lycée Jean-Baptiste Vuillaume. L’établissement propose un CAP puis un DMA lutherie, dans de petites promotions, de quoi accompagner au mieux les jeunes et dédier à chacun un maximum de temps. "Nous avons fait de la résistance pour maintenir la spécificité. Nous voulions perpétuer l’excellence, le geste en lutherie", se souvient la proviseure.

Chaque année, une douzaine d’élèves repartent, leur DMA en poche, s’insérer sur le marché du travail, en France ou à l’étranger, dans des ateliers. "Les employeurs n'embauchent pas sur de l'abstraction, mais cherchent des élèves en capacité de créer, de construire, de réparer des instruments", affirme la directrice. L’admission se fait sur dossier de candidature, via Parcoursup ou directement avec l’école, selon l’établissement. Les formations attendent des élèves une certaine culture artistique et une curiosité.

Pour accéder au DMA lutherie la pratique musicale est ainsi obligatoire. Le cursus mélange enseignements théoriques et ateliers pratiques, pour professionnaliser au mieux les élèves. A Jean-Baptiste Vuillaume, les élèves assistent à des cours en ateliers, de la pratique d’un instrument du quatuor, de l’éducation musicale, mais aussi de l’anglais, de la physique appliquée, de l’art appliqué et de l’économie. Un programme varié qui assure "l’appréciation de la dextérité, du geste, mais aussi de la gestion du temps" et des autres contraintes du métier.

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En dehors du DMA, cap sur les DNMADE ou les DNA

Et pour les jeunes bacheliers qui ne seraient pas tentés par les dernières spécialités disponibles en DMA, pas de panique ! Nombre de formations sont reprises par le DNMADE (diplôme national des métiers d'art et du design), lancé en 2018 et proposé par une multitude d’établissements. C’est le cas des parcours relevant des arts appliqués, comme le graphisme, l’illustration ou encore l’animation.

Pour les passionnés de beaux-arts, on recommandera plutôt une orientation vers le DNA (diplôme national d’art), plus créatif et expérimental, où chacun peut trouver son medium, qu’il s’agisse du bois, du métal, du tissu, de la terre, de la photographie, de la vidéo…

Si ces alternatives existent, Valérie Beausert Leick regrette pourtant l’effritement de l’offre de formation. "Nous avons en France une reconnaissance internationale d’un grand nombre de savoir-faire anciens qui nécessitent une formation spécifique, concrète pour être perpétués. C’est un enjeu culturel et patrimonial", analyse-t-elle. Charge aux futurs étudiants de relever le défi et de perpétrer les techniques d’excellence artistique.

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